Il y a 40 ans, Woodstock - Une fin de semaine pour changer le monde
Photo : Agence Reuters
Eric Thayer reuters
Une femme a conservé son billet d’entrée pour la Woodstock Music and Art Fair de 1969.
Ça ne devait être que trois jours de paix et de musique, du 15 au 17 août 1969. Mais Woodstock est devenu une bulle où la jeunesse américaine a pu se permettre de noyer dans la boue les diktats de la société conservatrice. Pas étonnant que le mythe qui s'est construit autour de ce festival continue de fasciner, 40 ans plus tard.
Country Joe McDonald ne devait pas monter sur scène avant dimanche après-midi avec son groupe, Country Joe and the Fish. Mais il est arrivé sur le site de Woodstock vendredi, première journée du festival. Au moins 200 000 personnes y étaient déjà et les gens continuaient d'affluer par dizaines de milliers, à pied, le long des routes transformées en interminables stationnements.
«Ç'a été un énorme choc», se souvient celui qui était pourtant rompu aux concerts et aux festivals. «Mais je me sentais complètement chez moi, poursuit-il, joint en Californie par Le Devoir. C'était un espace de liberté incroyable. Surtout qu'en 1969, faire partie de la contre-culture n'était pas très confortable. Plusieurs personnes vous détestaient et voulaient juste vous frapper ou vous arrêter parce que vous étiez un rocker ou un hippie. Alors, c'était vraiment rafraîchissant d'être dans un environnement totalement libre où on ne risquait pas d'être méprisés parce que nous appartenions à la contre-culture.»
Et comment était la vue, de la scène? «Si la grosseur de la foule est une mesure du succès, disons que ç'a été un immense succès», lance à la blague Country Joe. Lui-même était pourtant «très calme» derrière le micro lorsqu'il a dû jouer en solo, et à l'improviste, quelques heures après son arrivée. Les organisateurs ont tout de même dû le pousser à y aller, histoire de tuer le temps jusqu'à ce qu'ils trouvent le moyen d'amener par hélicoptère les groupes prévus à l'horaire.
«Je ne devais pas jouer en solo. Mais ils n'avaient personne à mettre sur scène, alors ils m'ont dit d'y aller. Ils m'ont trouvé une guitare et une courroie.» Son interprétation de la chanson I Feel like I'm Fixin to Die Rag est finalement devenue un des moments forts du documentaire oscarisé Woodstock: Three Days of Peace and Music et un hymne contre la guerre: «So it's one, two, three, what are we fighting for? Don't ask me, I don't give a damn! Next stop is Vietnam», lança-t-il à une foule qui s'étendait à perte de vue et qui lui répondit en choeur. Ils seraient bientôt près de 500 000.
Richie Havens, qui avait inauguré la scène peu de temps avant Country Joe, garde pour sa part le souvenir d'une véritable «communion» avec le public. «Vous pouviez voir tous ces gens, assis, qui se lèvent quand quelqu'un arrive au micro. Je sentais que c'était quelque chose de vraiment exceptionnel, affirme le musicien folk au Devoir. C'était quelque chose que ma génération avait toujours voulu faire. Ils voulaient raconter leur histoire et sentir qu'ils existaient. Je me suis dit: ils ne peuvent plus nous cacher désormais.»
Lui-même ne voulait toutefois pas passer en premier. Non seulement a-t-il dû briser la glace, mais il a aussi été «invité» à étirer son spectacle de six rappels parce que les autres musiciens n'étaient pas prêts. À bout de répertoire, il s'est lancé dans une improvisation éventuellement intitulée Freedom. Un moment de spontanéité toujours associé à Woodstock et qu'il joue encore en spectacle. «Tout dans ma vie est attaché à ce train-là», dit-il. Il n'est pas le seul. Tout le festival est parsemé d'exemples musicaux impromptus qui ont fait une carrière.
Accouchement pénible
Le chemin parcouru dans les 10 mois qui ont précédé l'arrivée de 500 000 personnes sur les terres d'une ferme laitière de Bethel, dans l'État de New York, avait toutefois été plus tortueux que ne le suggérait l'aspect bucolique et spontané des trois journées du festival. Les quatre principaux organisateurs, tous dans la mi-vingtaine, souhaitaient au départ mettre sur pied un événement culturel non dévoué à une cause politique particulière. Le simple fait que Woodstock se tienne et que tout se déroule pour le mieux devait constituer le véritable message politique, explique l'un d'eux, Michael Lang, dans le livre The Road to Woodstock. Et on espérait bien dégager des profits.
Or l'idée de voir des milliers de jeunes débarquer dans une petite communauté rurale n'était pas sans inquiéter les bonnes gens. Les organisateurs, qui avaient trouvé un site à Wallkill, à 50 kilomètres au sud de Woodstock, ont dû y renoncer à moins d'un mois de l'événement. La pression de citoyens préoccupés par d'éventuels problèmes de santé, de sécurité, mais aussi d'atteinte à la morale, avait eu raison de leur permis.
Le site de Bethel a donc été déniché à la dernière minute. Une histoire que raconte le film Taking Woodstock, d'Ang Lee. C'est d'ailleurs ce retard qui a fait en sorte qu'on n'a pas pu compléter à temps la clôture qui devait ceinturer le site. Les guichets pour contrôler les billets n'ont pas non plus été installés. Et le mercredi précédant le début du festival, des milliers de personnes campaient déjà devant la scène encore en construction.
En fait, on croyait qu'un maximum de 100 000 personnes viendraient. On a finalement vendu près de 200 000 billets et 500 000 festivaliers sont venus. Le vendredi 15 août, ils étaient trop nombreux et les organisateurs ont abdiqué en déclarant que The Woodstock Music & Art Fair serait gratuit.
Beau bordel
Michel David, chroniqueur politique au Devoir, est arrivé sur le site au cours de cette première soirée, après deux à trois heures de marche, embouteillage oblige. «Avec mes amis, on s'était dit qu'on achèterait nos billets sur place. Mais rendus là, c'était clair que c'était le bordel total, mais un bordel bon enfant. Mon premier souvenir, c'est la pluie et la boue. Mais c'était magique de voir tous ces gens-là. C'était noir de monde. Et il y avait une espèce d'autodiscipline absolument remarquable, comme si les gens se disaient qu'il ne fallait pas briser ce moment-là.» Surtout que pour plusieurs, marginalisés dans leurs propres communautés en raison de leur apparence ou de leur attitude, le fait de constater l'ampleur qu'avait prise le mouvement de la contre-culture était complètement nouveau.
À peu près tous les témoignages — et ils sont légion dans les médias, pour ce 40e anniversaire — insistent sur l'esprit pacifique qui régnait malgré l'immense foule, la boue, le manque de nourriture et les installations sanitaires déficientes. Le tout sans véritable force de sécurité. «Je regardais près de la scène et deux gars ont commencé à se battre; la foule essayait de les séparer, en vain, raconte Country Joe. Quelqu'un leur a apporté du vin et ils ont arrêté de se cogner dessus pour finalement se serrer dans leurs bras, avant de s'asseoir un à côté de l'autre. Je me suis dit: "Ce festival, c'est exactement ça." Tout le monde avançait ensemble et faisait un effort pour coopérer et avoir du plaisir.»
Le seul acte de violence dont il a été témoin est attribuable au guitariste du groupe britannique The Who, Pete Townshend. Celui-ci a frappé le réalisateur du documentaire sur le festival, Michael Wadleigh, mais aussi le militant politique Abbie Hoffman, parce que ceux-ci se trouvaient sur scène près du groupe. Townshend avait d'ailleurs une piètre opinion des jeunes qui étaient à Woodstock: «une bande d'hypocrites qui se réclament d'une révolution cosmique juste parce qu'ils se retrouvent dans un champ, qu'ils brisent des clôtures, qu'ils prennent de l'acide et qui essaient ensuite de se sauver sans payer les groupes».
Mais dans l'ensemble, «même les gens de la place ont été contaminés par le "feeling" général, souligne Michel David, qui avait 18 ans à l'époque. On a dormi dans une sorte de grange et je m'étais couché sur le toit d'une vieille voiture. Quand je me suis réveillé le lendemain, le toit était cabossé. Mais le propriétaire est entré et il nous a donné du jus d'orange avec un grand sourire. Il semblait trouver ça totalement flyé». D'autres résidants du secteur ont mis la main à la pâte pour nourrir les jeunes affamés coincés dans cette «zone sinistrée». Des jeunes envers qui les forces policières et la Garde nationale — venue en renforts avec ses hélicoptères — n'auront que de bons mots.
Le prétexte de la musique
La musique, elle, faisait partie du décor. «Le sentiment de participer à quelque chose de totalement inattendu et surréaliste prenait le dessus», explique Michel David. «Depuis, j'ai écouté les disques et j'ai vu le film, mais à ce moment-là, ce n'était pas la musique qui était l'élément marquant. C'était le prétexte, parce qu'on se rendait compte que c'était plus gros que tout ce qu'on avait vu avant. Personne ne pensait que c'était un festival pop ordinaire.»
Ce n'est d'ailleurs pas l'alignement de 32 groupes ou artistes — devenus dans certains cas des figures mythiques — qui a fait que Woodstock suscite toujours un intérêt, 40 ans plus tard. En dehors de l'intérêt économique, devrait-on préciser en cette haute saison des rééditions tous azimuts. «Le temps ne compte pas, insiste Country Joe, même si c'est incroyable que ce soit toujours vivant après 40 ans et que ça touche de nouvelles générations. C'était une bonne histoire et le documentaire l'a fait connaître à tellement de gens. Cette histoire, vous pouvez l'imaginer comme un roman ou tout autre oeuvre de fiction. C'est de la musique, un film et une aventure. C'est plus grand que la vie elle-même. C'est immense.»
Qui plus est, le festival de Bethel s'est tenu dans le contexte sociopolitique en pleine ébullition de la fin des années 60, rappelle le musicien. «Il ne faut pas oublier qu'on était en pleine guerre du Vietnam, en pleine guerre froide et qu'il y avait l'administration Nixon à Washington. En même temps, Jimi Hendrix et Janis Joplin véhiculaient des valeurs révolutionnaires parce qu'ils parlaient d'amour et de fraternité. Le climat n'est plus le même aujourd'hui, mais ces sujets-là sont toujours révolutionnaires.»
Country Joe McDonald ne devait pas monter sur scène avant dimanche après-midi avec son groupe, Country Joe and the Fish. Mais il est arrivé sur le site de Woodstock vendredi, première journée du festival. Au moins 200 000 personnes y étaient déjà et les gens continuaient d'affluer par dizaines de milliers, à pied, le long des routes transformées en interminables stationnements.
«Ç'a été un énorme choc», se souvient celui qui était pourtant rompu aux concerts et aux festivals. «Mais je me sentais complètement chez moi, poursuit-il, joint en Californie par Le Devoir. C'était un espace de liberté incroyable. Surtout qu'en 1969, faire partie de la contre-culture n'était pas très confortable. Plusieurs personnes vous détestaient et voulaient juste vous frapper ou vous arrêter parce que vous étiez un rocker ou un hippie. Alors, c'était vraiment rafraîchissant d'être dans un environnement totalement libre où on ne risquait pas d'être méprisés parce que nous appartenions à la contre-culture.»
Et comment était la vue, de la scène? «Si la grosseur de la foule est une mesure du succès, disons que ç'a été un immense succès», lance à la blague Country Joe. Lui-même était pourtant «très calme» derrière le micro lorsqu'il a dû jouer en solo, et à l'improviste, quelques heures après son arrivée. Les organisateurs ont tout de même dû le pousser à y aller, histoire de tuer le temps jusqu'à ce qu'ils trouvent le moyen d'amener par hélicoptère les groupes prévus à l'horaire.
«Je ne devais pas jouer en solo. Mais ils n'avaient personne à mettre sur scène, alors ils m'ont dit d'y aller. Ils m'ont trouvé une guitare et une courroie.» Son interprétation de la chanson I Feel like I'm Fixin to Die Rag est finalement devenue un des moments forts du documentaire oscarisé Woodstock: Three Days of Peace and Music et un hymne contre la guerre: «So it's one, two, three, what are we fighting for? Don't ask me, I don't give a damn! Next stop is Vietnam», lança-t-il à une foule qui s'étendait à perte de vue et qui lui répondit en choeur. Ils seraient bientôt près de 500 000.
Richie Havens, qui avait inauguré la scène peu de temps avant Country Joe, garde pour sa part le souvenir d'une véritable «communion» avec le public. «Vous pouviez voir tous ces gens, assis, qui se lèvent quand quelqu'un arrive au micro. Je sentais que c'était quelque chose de vraiment exceptionnel, affirme le musicien folk au Devoir. C'était quelque chose que ma génération avait toujours voulu faire. Ils voulaient raconter leur histoire et sentir qu'ils existaient. Je me suis dit: ils ne peuvent plus nous cacher désormais.»
Lui-même ne voulait toutefois pas passer en premier. Non seulement a-t-il dû briser la glace, mais il a aussi été «invité» à étirer son spectacle de six rappels parce que les autres musiciens n'étaient pas prêts. À bout de répertoire, il s'est lancé dans une improvisation éventuellement intitulée Freedom. Un moment de spontanéité toujours associé à Woodstock et qu'il joue encore en spectacle. «Tout dans ma vie est attaché à ce train-là», dit-il. Il n'est pas le seul. Tout le festival est parsemé d'exemples musicaux impromptus qui ont fait une carrière.
Accouchement pénible
Le chemin parcouru dans les 10 mois qui ont précédé l'arrivée de 500 000 personnes sur les terres d'une ferme laitière de Bethel, dans l'État de New York, avait toutefois été plus tortueux que ne le suggérait l'aspect bucolique et spontané des trois journées du festival. Les quatre principaux organisateurs, tous dans la mi-vingtaine, souhaitaient au départ mettre sur pied un événement culturel non dévoué à une cause politique particulière. Le simple fait que Woodstock se tienne et que tout se déroule pour le mieux devait constituer le véritable message politique, explique l'un d'eux, Michael Lang, dans le livre The Road to Woodstock. Et on espérait bien dégager des profits.
Or l'idée de voir des milliers de jeunes débarquer dans une petite communauté rurale n'était pas sans inquiéter les bonnes gens. Les organisateurs, qui avaient trouvé un site à Wallkill, à 50 kilomètres au sud de Woodstock, ont dû y renoncer à moins d'un mois de l'événement. La pression de citoyens préoccupés par d'éventuels problèmes de santé, de sécurité, mais aussi d'atteinte à la morale, avait eu raison de leur permis.
Le site de Bethel a donc été déniché à la dernière minute. Une histoire que raconte le film Taking Woodstock, d'Ang Lee. C'est d'ailleurs ce retard qui a fait en sorte qu'on n'a pas pu compléter à temps la clôture qui devait ceinturer le site. Les guichets pour contrôler les billets n'ont pas non plus été installés. Et le mercredi précédant le début du festival, des milliers de personnes campaient déjà devant la scène encore en construction.
En fait, on croyait qu'un maximum de 100 000 personnes viendraient. On a finalement vendu près de 200 000 billets et 500 000 festivaliers sont venus. Le vendredi 15 août, ils étaient trop nombreux et les organisateurs ont abdiqué en déclarant que The Woodstock Music & Art Fair serait gratuit.
Beau bordel
Michel David, chroniqueur politique au Devoir, est arrivé sur le site au cours de cette première soirée, après deux à trois heures de marche, embouteillage oblige. «Avec mes amis, on s'était dit qu'on achèterait nos billets sur place. Mais rendus là, c'était clair que c'était le bordel total, mais un bordel bon enfant. Mon premier souvenir, c'est la pluie et la boue. Mais c'était magique de voir tous ces gens-là. C'était noir de monde. Et il y avait une espèce d'autodiscipline absolument remarquable, comme si les gens se disaient qu'il ne fallait pas briser ce moment-là.» Surtout que pour plusieurs, marginalisés dans leurs propres communautés en raison de leur apparence ou de leur attitude, le fait de constater l'ampleur qu'avait prise le mouvement de la contre-culture était complètement nouveau.
À peu près tous les témoignages — et ils sont légion dans les médias, pour ce 40e anniversaire — insistent sur l'esprit pacifique qui régnait malgré l'immense foule, la boue, le manque de nourriture et les installations sanitaires déficientes. Le tout sans véritable force de sécurité. «Je regardais près de la scène et deux gars ont commencé à se battre; la foule essayait de les séparer, en vain, raconte Country Joe. Quelqu'un leur a apporté du vin et ils ont arrêté de se cogner dessus pour finalement se serrer dans leurs bras, avant de s'asseoir un à côté de l'autre. Je me suis dit: "Ce festival, c'est exactement ça." Tout le monde avançait ensemble et faisait un effort pour coopérer et avoir du plaisir.»
Le seul acte de violence dont il a été témoin est attribuable au guitariste du groupe britannique The Who, Pete Townshend. Celui-ci a frappé le réalisateur du documentaire sur le festival, Michael Wadleigh, mais aussi le militant politique Abbie Hoffman, parce que ceux-ci se trouvaient sur scène près du groupe. Townshend avait d'ailleurs une piètre opinion des jeunes qui étaient à Woodstock: «une bande d'hypocrites qui se réclament d'une révolution cosmique juste parce qu'ils se retrouvent dans un champ, qu'ils brisent des clôtures, qu'ils prennent de l'acide et qui essaient ensuite de se sauver sans payer les groupes».
Mais dans l'ensemble, «même les gens de la place ont été contaminés par le "feeling" général, souligne Michel David, qui avait 18 ans à l'époque. On a dormi dans une sorte de grange et je m'étais couché sur le toit d'une vieille voiture. Quand je me suis réveillé le lendemain, le toit était cabossé. Mais le propriétaire est entré et il nous a donné du jus d'orange avec un grand sourire. Il semblait trouver ça totalement flyé». D'autres résidants du secteur ont mis la main à la pâte pour nourrir les jeunes affamés coincés dans cette «zone sinistrée». Des jeunes envers qui les forces policières et la Garde nationale — venue en renforts avec ses hélicoptères — n'auront que de bons mots.
Le prétexte de la musique
La musique, elle, faisait partie du décor. «Le sentiment de participer à quelque chose de totalement inattendu et surréaliste prenait le dessus», explique Michel David. «Depuis, j'ai écouté les disques et j'ai vu le film, mais à ce moment-là, ce n'était pas la musique qui était l'élément marquant. C'était le prétexte, parce qu'on se rendait compte que c'était plus gros que tout ce qu'on avait vu avant. Personne ne pensait que c'était un festival pop ordinaire.»
Ce n'est d'ailleurs pas l'alignement de 32 groupes ou artistes — devenus dans certains cas des figures mythiques — qui a fait que Woodstock suscite toujours un intérêt, 40 ans plus tard. En dehors de l'intérêt économique, devrait-on préciser en cette haute saison des rééditions tous azimuts. «Le temps ne compte pas, insiste Country Joe, même si c'est incroyable que ce soit toujours vivant après 40 ans et que ça touche de nouvelles générations. C'était une bonne histoire et le documentaire l'a fait connaître à tellement de gens. Cette histoire, vous pouvez l'imaginer comme un roman ou tout autre oeuvre de fiction. C'est de la musique, un film et une aventure. C'est plus grand que la vie elle-même. C'est immense.»
Qui plus est, le festival de Bethel s'est tenu dans le contexte sociopolitique en pleine ébullition de la fin des années 60, rappelle le musicien. «Il ne faut pas oublier qu'on était en pleine guerre du Vietnam, en pleine guerre froide et qu'il y avait l'administration Nixon à Washington. En même temps, Jimi Hendrix et Janis Joplin véhiculaient des valeurs révolutionnaires parce qu'ils parlaient d'amour et de fraternité. Le climat n'est plus le même aujourd'hui, mais ces sujets-là sont toujours révolutionnaires.»
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