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21es FrancoFolies de Montréal - La constellation Colocs

Philippe Papineau   1 août 2009  Musique
Dédé Fortin
Dédé Fortin
Chaque soir, jusqu'à dimanche prochain, les FrancoFolies feront vibrer Montréal avec de grands concerts extérieurs. Jorane et Khaled seront sur scène ce week-end, puis le festival suivra le rythme des concerts de Tiken Jah Fakoly, Marie-Chantale Toupin et Marjo, Mes Aïeux, Stefie Shock et Dubmatique. Lundi soir sera toutefois LE grand soir pour de nombreux festivaliers, qui verront remonter sur scène Les Colocs, dans un spectacle qui sera le point d'orgue d'une année signée Dédé.

Après le film et la découverte de la chanson inédite La Comète, voici le spectacle. La mythique formation Les Colocs, qui aura marqué au fer rouge le Québec des années 1990, fera danser la foule des FrancoFolies lundi soir, lors du spectacle Poussières d'étoiles.

Les Colocs? Si si, eux-mêmes. Il y aura évidemment le guitariste Mike Sawatzky, initiateur et chef d'orchestre de cette soirée, et le bassiste André Vanderbiest, alias Vander, deux des piliers de la formation. Mais tous les musiciens et la plupart des invités qui monteront sur la scène de la Place des festivals font partie de ce qu'on pourrait appeler la constellation Colocs.

Dressons une petite liste, pour mieux saisir. Les frères Diouf, partenaires des derniers albums, y seront, tout comme l'harmoniciste Guy Bélanger, qui a joué sur l'album Atrocétomique et qui avait remplacé Patrick Esposito di Napoli après sa mort. Les cuivres seront ceux de Benoît Piché et de Benoît Gagné, moins connus, mais qui ont également participé à l'album double des Colocs. Joel Zifkin? C'est celui qui faisait swinguer son violon sur le premier album du groupe. Quant à Michel Dufour et à Justin Allard, ils ont battu les tambours sur scène pendant la tournée de Dehors novembre.

«Ça sonne comme la vraie affaire... parce que c'est la vraie affaire!», lance le bassiste Marc Déry, qui a fait quelques concerts avec le groupe au tout début des Colocs et qui fera partie des invités de lundi avec Martin Léon, Loco Locass, Paul Piché, Sébastien Plante et Pierre Lapointe. Le grand Pierre confirme: «Ça va réellement sonner Colocs, il n'y aura rien de plaqué.»

Une nouvelle Comète

Poussières d'étoiles oscillera entre un gros party musical et un hommage à Dédé et à Patrick Esposito, a expliqué au Devoir Mike Sawatzky. «Poussières d'étoiles, c'est comme "stardust", en pensant que nos amis Pat et Dédé vont peut-être planer au-dessus de nous, qu'ils vont nous donner des bonnes "vibes" en poussières d'étoiles.»

La référence spatiale se rapporte aussi à ce qui sera probablement le moment fort de la soirée, soit la pièce La Comète, un bouleversant morceau inédit que Dédé Fortin n'avait pas eu le temps d'achever. La famille en a retrouvé les ébauches — où Dédé s'accompagnait en podorythmie —, puis Sawatzky, Vander et compagnie l'ont achevé. On pourra donc entendre la voix de l'intense chanteur lors du grand événement extérieur. Un mini-CD avec trois versions de la chanson sera par ailleurs mis en vente dès mardi, au coût de 5 $, dont 1 $ ira à la Fondation Dédé Fortin pour la prévention du suicide.

Le texte, touchant, est lourd de sens et laisse deviner assez clairement les événements tragiques du 8 mai 2000. «Mais la toune elle-même, c'est comme un gros "plaster", c'est calmant, personne va se rendre triste en écoutant ça.»

À fleur de peau?

Le guitariste Sawatzky aborde d'ailleurs avec sérénité l'idée de rejouer les Julie, Le Répondeur, La Rue principale et les autres bombes plus ou moins sombres. «Je suis entièrement prêt. Depuis la mort de Dédé, je n'ai jamais arrêté de travailler avec la succession de la famille, alors je suis vraiment habitué à parler du sujet, à écouter Les Colocs. C'est juste un plaisir de se réunir avec ces gars-là.»

Même son de cloche du côté de l'auteur-compositeur-interprète Martin Léon, qui était un ami de Dédé Fortin et qui a passé quelques jours au chalet de Saint-Étienne-de-Bolton à l'époque de l'enregistrement l'album Dehors novembre. «Pour moi, c'est pas un spectacle en tant que tel, c'est de la camaraderie, c'est une célébration, raconte avec passion l'auteur de C'est ça qui est ça. En répétition, on était au milieu d'une toune, ça drivait, c'était cool. J'ai regardé Vander, il jouait de la basse, il était relax, il m'a fait un "smile", un esti de "smile" qui vient de profond. Et en plein solo, Mike, lui, m'a fait un clin d'oeil. Ils sont contents d'être là.»

Pour Mike Sawatzky, pas question lundi soir de singer les manières de Dédé, même s'il juge important de conserver les grandes lignes des chansons. «J'ai demandé aux invités qu'ils s'approprient les chansons, même qu'on a fait des arrangements un peu différents pour Loco Locass, par exemple.» Marc Déry, lui, compte rester assez fidèle aux versions originales. «Je n'essayerai pas de les rendre autrement, je vais les chanter comme je les entends, comme un fan la chanterait.»

Poussières d'étoiles s'inscrit dans une année chargée pour Les Colocs. Grâce au film Dédé à travers les brumes, les disques sont davantage présents sur les tablettes, et sont même sur iTunes. «On voit la différence dans les ventes, mais les droits des deux premiers ne nous appartiennent pas, explique Mike Sawatsky. Mais que notre musique passe d'une génération à l'autre, ça c'est très touchant.»






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