Eleni Mandell au Club Soda - Soirée rouge baiser
Nature inquiète ou badine? Avec elle, on ne sait jamais trop. Toujours est-il qu'au moment d'annoncer l'entracte, hier au Soda, c'est bonjour l'angoisse. Tout un cinéma. «Ça me rend nerveuse, les entractes, lâche-t-elle, un brin affolée. Je me demande toujours si les gens ne seront pas tous partis quand je reviendrai. You'll be back, won't you?»
Le fait est qu'elle ne s'esquive pas longtemps. Quatorze minutes et la revoilà, dans la même minirobe rouge baiser millésimée 1966. Avec le même minois marri, semblant dire: vous m'aimez, dites, vous m'aimez? Mazette! On la chérit, Eleni, c'est notre Californienne d'adoption, elle nous revient deux fois l'an et on lui refait invariablement notre déclaration d'amour. Comment ne pas aimer ses drôles de chansons décalées (Dis-moi au revoir encore, In The Doorway), ses histoires d'amours défectueuses (Artificial Fire, He Thinks He's In Love), ses langueurs languissantes (Dreamboat, Don't Let It Happen), pour ne rien dire de sa craquante frange Bettie Page sur le front?
Comment ne pas craquer encore une fois, tant cette chanteuse a de désir et de désarroi dans la voix, tant cette musique est à la fois singulière et familière, tout aussi personnelle que savoureusement référentielle? C'est fou tout ce qu'il y a dans ces guitares aériennes (jouées avec goût et vaste culture rock'n'roll par Jeremy Drake), c'est fou l'effet que font ces rythmes surannés et ces mélodies plus romantiques que nature. On y reconnaît tout un monde de slows éperdus à la Shangri-La's et de fureur pop-punk à la Pretenders. Ici c'est du Buddy Holly sur l'acide, là du lounge désertique façon Twin Peaks: tout est possible dans le monde impossible et post-moderne d'Eleni Mandell, où l'on est en même temps dans la naïveté des années 50 et le second degré des années 90.
Et ça fonctionne parce que c'est vraiment elle, tout ça. La voix suave, les moues équivoques, la gentillesse, la timidité, le chien, le charme. À un moment, elle lance: «So where are we meeting after the show?» C'est tout Eleni: pendant un instant délicieux, on y croit.
Le fait est qu'elle ne s'esquive pas longtemps. Quatorze minutes et la revoilà, dans la même minirobe rouge baiser millésimée 1966. Avec le même minois marri, semblant dire: vous m'aimez, dites, vous m'aimez? Mazette! On la chérit, Eleni, c'est notre Californienne d'adoption, elle nous revient deux fois l'an et on lui refait invariablement notre déclaration d'amour. Comment ne pas aimer ses drôles de chansons décalées (Dis-moi au revoir encore, In The Doorway), ses histoires d'amours défectueuses (Artificial Fire, He Thinks He's In Love), ses langueurs languissantes (Dreamboat, Don't Let It Happen), pour ne rien dire de sa craquante frange Bettie Page sur le front?
Comment ne pas craquer encore une fois, tant cette chanteuse a de désir et de désarroi dans la voix, tant cette musique est à la fois singulière et familière, tout aussi personnelle que savoureusement référentielle? C'est fou tout ce qu'il y a dans ces guitares aériennes (jouées avec goût et vaste culture rock'n'roll par Jeremy Drake), c'est fou l'effet que font ces rythmes surannés et ces mélodies plus romantiques que nature. On y reconnaît tout un monde de slows éperdus à la Shangri-La's et de fureur pop-punk à la Pretenders. Ici c'est du Buddy Holly sur l'acide, là du lounge désertique façon Twin Peaks: tout est possible dans le monde impossible et post-moderne d'Eleni Mandell, où l'on est en même temps dans la naïveté des années 50 et le second degré des années 90.
Et ça fonctionne parce que c'est vraiment elle, tout ça. La voix suave, les moues équivoques, la gentillesse, la timidité, le chien, le charme. À un moment, elle lance: «So where are we meeting after the show?» C'est tout Eleni: pendant un instant délicieux, on y croit.
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