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Festival international de jazz de Montréal - Esperanza Spalding: l'effet bombe

Guillaume Bourgault-Côté   4 juillet 2009  Musique
La jeune contrebassiste et chanteuse américaine a été absolument brillante pour son premier concert en salle au FIJM.
La jeune contrebassiste et chanteuse américaine a été absolument brillante pour son premier concert en salle au FIJM.
On se souvient, lors de la défunte émission M. Showbizz, d'une chroniqueuse qui avait qualifié de «coup de coeur» un disque ayant nécessité dix écoutes avant qu'elle l'apprécie. Hé ho hein bon, comme chantait Nino: un coup de coeur, c'est quelque chose qui fait immédiatement boum dans la patate. Et c'est depuis jeudi, minuit, quelque chose comme Esperanza Spalding.

Car la jeune contrebassiste et chanteuse américaine (24 ans) a été absolument brillante pour son premier concert en salle au FIJM. Envoûtante. Pétillante. Sautillante. Expressive. Drôle. Une bonne dose de fraîcheur dans le Gesù.

Cela tient autant à la musique qu'à la présence sur scène de celle qu'on présente comme une favorite de Prince et d'Obama. Toute menue, Spalding possède néanmoins une coupe afro remarquable d'ampleur. Alors d'emblée, il y avait de l'admiration dans l'air.

Petite fiole d'énergie concentrée, sûre d'elle-même, le sourire large, Spalding n'a pas pris une minute pour s'assurer les faveurs du public — qui, disons-le, avait l'air d'être parfaitement au courant des éloges qu'on adresse au prodige depuis ses débuts.

Prodige? Le talent de Spalding tient de cette catégorie, voilà tout. Ses professeurs s'en sont aperçus au moment même où elle a posé pour la première fois ses doigts sur une contrebasse, lorsqu'elle avait 15 ans.

Cinq ans plus tard, elle enseignait au prestigieux Berklee College of Music à Boston. Et déjà elle accompagnait les meilleurs: Joe Lovano, Charlie Haden, Regina Carter, Pat Metheny. Sans oublier ses deux albums solos. Progression rapide? Mettons.

Il faut dire, pour expliquer ce succès, qu'elle est dotée d'une personnalité immédiatement attachante, très charismatique, de celle dont les publics raffolent. La communication passe instantanément. Ça aide. Mais il y a surtout ce talent musical, déjà très mature et complet, non seulement comme contrebassiste, mais aussi comme leader et chanteuse.

Spalding connaît sur ce point ses limites: elle a plus ou moins de coffre, et sa voix — très soul — est somme toute limitée dans son élasticité. Mais elle maîtrise son chant avec justesse. Naviguant entre la soul, le r&b, la pop, la chanson brésilienne, Spalding unit le tout par des arrangements qui démontrent une bonne connaissance du jazz contemporain. Et le tout est bien servi par son jeu à la contrebasse, instrument avec lequel elle fait carrément corps.

En bref: un effet bombe.

Mélissa Laveaux

Quelques heures plus tôt, la Montréalaise d'origine haïtienne Mélissa Laveaux s'est elle aussi payé une bonne performance dans la petite salle du Savoy. Aussi jeune que Spalding, Laveaux propose une musique folk-soul acoustique déclinée en trio.

Efficace à la guitare (picking fluide et rythme obtenu en étouffant les cordes), très à l'aise vocalement (sa voix peut être apparentée à celle d'Asa ou de Lauryn Hill), Laveaux possède elle aussi du charisme et de l'aisance, quoique sur un mode plus retenu. À noter: ses reprises de Needle in the Hay (Elliott Smith) et d'I Wanna Be Evil (Eartha Kitt), de même que son nom dans le calepin de ceux qu'on aimera surveiller.






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