Le FIJM célèbre ses 30 ans en grand
Photo : Pascal Ratthé
Voilà, c’est fait: après plusieurs années d’attente, la Maison du jazz est maintenant ouverte. Le grand pianiste montréalais Oliver Jones a été le premier, hier soir, à avoir l’honneur de plaquer quelques accords et d’enfiler des notes en
Le Festival international de jazz de Montréal, dit le FIJM, souffle aujourd'hui ses trente bougies. En guise de cadeau, il s'est offert une nouvelle salle qu'Oliver Jones, héritier d'Oscar Peterson, a inaugurée hier. Ce soir? Stevie Wonder, père putatif de Michael Jackson, va lancer cette trentième édition qui se terminera le 12 juillet en inaugurant, lui, la Place des festivals.
Si les dieux du ciel, les climatiques en particulier, cessent de pleurer toutes les larmes de leur corps, alors Stevie Wonder grimpera sur la scène de la Place des festivals sur le coup de 21h30. On est prêt à parier un baril de poudre et l'augmentation du Dow Jones des deux derniers mois que Wonder, la merveille de Detroit, l'auteur de Superstitious, va enfiler deux ou trois succès de son héritier, soit évidemment Michael Jackson.
Plus sobrement, à la salle Wilfrid-Pelletier, le vibraphoniste Gary Burton va donner le coup d'envoi des concerts à la Place des Arts. Pour mener à bien son aventure, il a fait appel à de vieux complices, dont le populaire Pat Metheny à la guitare, le fin Steve Swallow à la basse et Antonio Sanchez. Mais c'est vraiment demain que le FIJM va s'installer à demeure, c'est le cas de le dire, lorsque tous les lieux, à l'air libre comme à l'air comprimé, seront pris d'assaut par des dizaines d'instrumentistes jour après jour. Déclinons.
Abonné à la salle Wilfrid-Pelletier, le trompettiste Wynton Marsalis sera à la tête du Lincoln Center Jazz Orchestra, sans contredit l'un des meilleurs big bands de l'heure, même si la personnalité du chef est loin de faire l'unanimité auprès de ses confrères. Chose certaine, il faut reconnaître à Marsalis un talent incroyable pour faire écho au style établi par Duke Ellington.
Avant lui, mais à 18h au Théâtre Maisonneuve, Melody Gardot va ouvrir la série En voix. Lorsque l'on s'attarde à la programmation de cette dernière, plus précisément à sa chronologie, on est frappé par l'évolution du genre au cours des toutes dernières années. On s'explique. Aujourd'hui Gardot est la coqueluche des amateurs du «jazz vocalisé». Hier c'était Madeleine Peyroux. Avant-hier, c'était Patricia Barber. Et alors? Ces trois artistes vont se succéder au cours des prochains jours.
Entre les unes et les autres, la Montréalaise Susie Arioli qui connaît un succès grandissant en France, Molly Johnson, John Pizzarelli et deux mystères vont occuper le Maisonneuve. Les mystères? Un des groupes phares du rock progressif (sic), Van der Graff Generator sera de la partie. Le mystère n° 2: le contrebassiste Charlie Haden va poursuivre son hommage à ses parents, chanteurs de country, musiciens de blue-grass, en jouant live les pièces de son dernier album.
Dans la série Invitation, soit cette série qui permet à un artiste de faire un séjour parmi nous plus long que les autres, Erik Truffaz, le trompettiste enclin à faire l'alchimie avec les nouvelles technologies, va présenter trois spectacles à l'enseigne des voyages: Benares, Mexico et enfin Paris. Après lui, il reviendra au saxophoniste Joshua Redman de prendre le relais avec son groupe habituel avant de dialoguer avec Joe Lovano. C'est le contrebassiste Renaud Garcia-Fons, très épris de musique gitane, de sonorités andalouses, de tango évidemment argentin, qui conclura la série.
Brubeck, Miles et autres
Si le FIJM fête ses trente ans, deux disques essentiels, deux immortels, fêtent, si l'on peut dire, leurs cinquante ans. Il s'agit du Time Out de Dave Brubeck et Paul Desmond et du Kind of Blue de Miles Davis considéré comme le meilleur album jazz de tous les temps. Et alors? Dave Brubeck jouera son Time Out le 4 juillet à la salle Wilfrid Pelletier. Le batteur Jimmy Cobb, seul survivant de l'équipe qui avait fait Kind of Blue, reprendra tous les morceaux de ce dernier en compagnie notamment de l'excellent Buster Williams à la contrebasse et Jason Moran au piano. Dans la catégorie «je-joue-au-complet-un-album-signé-par-un-aîné», soulignons que le vif saxophoniste Kenny Garrett va reprendre à son compte les grands moments de Sketches of Spain de Miles Davis.
Restons avec Miles Davis. Pas moins de 15 musiciens, moitié américains, moitié indiens, vont présenter Miles from India. Ces souffleurs et joueurs de sitar et tablas vont interpréter des pièces écrites par Davis en les fondant évidemment dans des gammes ou rythmes chers à Ravi Shankar. Ce spectacle se tiendra dans la série Les Grands Concerts au Théâtre Maisonneuve.
C'est Maria Schneider, compositrice et chef d'orchestre, qui va baptiser ces Grands Concerts dès ce soir. Parmi ceux et celles qui vont se produire dans ce cadre, il faut souligner deux fois plutôt qu'une la présence de Wayne Shorter, de Branford Marsalis qui nous arrive avec un tout nouvel album sous le bras, Allen Toussaint, signataire d'une des meilleures productions de la présente année, soit The Bright Mississippi, et l'iconoclaste Ornette Coleman. À noter que c'est au Maisonneuve que Joshua Redman défendra les couleurs de son Compass.
Les nostalgiques des années 60 en général et du blues-boom british de l'époque seront ravis, s'ils ne le savent pas déjà, que Jeff Beck, guitariste des Yarbirds après Eric Clapton et avant Jimmy Page, sera à la salle Wilfrid-Pelletier le 6 juillet prochain. Soyons préventif: Beck verse davantage dans le jazz-fusion que dans Shapes of Things. À part Beck, soulignons que Joe Cocker sera dans la même salle le 9 juillet. Pour le reste, nous en reparlerons évidemment.
Si les dieux du ciel, les climatiques en particulier, cessent de pleurer toutes les larmes de leur corps, alors Stevie Wonder grimpera sur la scène de la Place des festivals sur le coup de 21h30. On est prêt à parier un baril de poudre et l'augmentation du Dow Jones des deux derniers mois que Wonder, la merveille de Detroit, l'auteur de Superstitious, va enfiler deux ou trois succès de son héritier, soit évidemment Michael Jackson.
Plus sobrement, à la salle Wilfrid-Pelletier, le vibraphoniste Gary Burton va donner le coup d'envoi des concerts à la Place des Arts. Pour mener à bien son aventure, il a fait appel à de vieux complices, dont le populaire Pat Metheny à la guitare, le fin Steve Swallow à la basse et Antonio Sanchez. Mais c'est vraiment demain que le FIJM va s'installer à demeure, c'est le cas de le dire, lorsque tous les lieux, à l'air libre comme à l'air comprimé, seront pris d'assaut par des dizaines d'instrumentistes jour après jour. Déclinons.
Abonné à la salle Wilfrid-Pelletier, le trompettiste Wynton Marsalis sera à la tête du Lincoln Center Jazz Orchestra, sans contredit l'un des meilleurs big bands de l'heure, même si la personnalité du chef est loin de faire l'unanimité auprès de ses confrères. Chose certaine, il faut reconnaître à Marsalis un talent incroyable pour faire écho au style établi par Duke Ellington.
Avant lui, mais à 18h au Théâtre Maisonneuve, Melody Gardot va ouvrir la série En voix. Lorsque l'on s'attarde à la programmation de cette dernière, plus précisément à sa chronologie, on est frappé par l'évolution du genre au cours des toutes dernières années. On s'explique. Aujourd'hui Gardot est la coqueluche des amateurs du «jazz vocalisé». Hier c'était Madeleine Peyroux. Avant-hier, c'était Patricia Barber. Et alors? Ces trois artistes vont se succéder au cours des prochains jours.
Entre les unes et les autres, la Montréalaise Susie Arioli qui connaît un succès grandissant en France, Molly Johnson, John Pizzarelli et deux mystères vont occuper le Maisonneuve. Les mystères? Un des groupes phares du rock progressif (sic), Van der Graff Generator sera de la partie. Le mystère n° 2: le contrebassiste Charlie Haden va poursuivre son hommage à ses parents, chanteurs de country, musiciens de blue-grass, en jouant live les pièces de son dernier album.
Dans la série Invitation, soit cette série qui permet à un artiste de faire un séjour parmi nous plus long que les autres, Erik Truffaz, le trompettiste enclin à faire l'alchimie avec les nouvelles technologies, va présenter trois spectacles à l'enseigne des voyages: Benares, Mexico et enfin Paris. Après lui, il reviendra au saxophoniste Joshua Redman de prendre le relais avec son groupe habituel avant de dialoguer avec Joe Lovano. C'est le contrebassiste Renaud Garcia-Fons, très épris de musique gitane, de sonorités andalouses, de tango évidemment argentin, qui conclura la série.
Brubeck, Miles et autres
Si le FIJM fête ses trente ans, deux disques essentiels, deux immortels, fêtent, si l'on peut dire, leurs cinquante ans. Il s'agit du Time Out de Dave Brubeck et Paul Desmond et du Kind of Blue de Miles Davis considéré comme le meilleur album jazz de tous les temps. Et alors? Dave Brubeck jouera son Time Out le 4 juillet à la salle Wilfrid Pelletier. Le batteur Jimmy Cobb, seul survivant de l'équipe qui avait fait Kind of Blue, reprendra tous les morceaux de ce dernier en compagnie notamment de l'excellent Buster Williams à la contrebasse et Jason Moran au piano. Dans la catégorie «je-joue-au-complet-un-album-signé-par-un-aîné», soulignons que le vif saxophoniste Kenny Garrett va reprendre à son compte les grands moments de Sketches of Spain de Miles Davis.
Restons avec Miles Davis. Pas moins de 15 musiciens, moitié américains, moitié indiens, vont présenter Miles from India. Ces souffleurs et joueurs de sitar et tablas vont interpréter des pièces écrites par Davis en les fondant évidemment dans des gammes ou rythmes chers à Ravi Shankar. Ce spectacle se tiendra dans la série Les Grands Concerts au Théâtre Maisonneuve.
C'est Maria Schneider, compositrice et chef d'orchestre, qui va baptiser ces Grands Concerts dès ce soir. Parmi ceux et celles qui vont se produire dans ce cadre, il faut souligner deux fois plutôt qu'une la présence de Wayne Shorter, de Branford Marsalis qui nous arrive avec un tout nouvel album sous le bras, Allen Toussaint, signataire d'une des meilleures productions de la présente année, soit The Bright Mississippi, et l'iconoclaste Ornette Coleman. À noter que c'est au Maisonneuve que Joshua Redman défendra les couleurs de son Compass.
Les nostalgiques des années 60 en général et du blues-boom british de l'époque seront ravis, s'ils ne le savent pas déjà, que Jeff Beck, guitariste des Yarbirds après Eric Clapton et avant Jimmy Page, sera à la salle Wilfrid-Pelletier le 6 juillet prochain. Soyons préventif: Beck verse davantage dans le jazz-fusion que dans Shapes of Things. À part Beck, soulignons que Joe Cocker sera dans la même salle le 9 juillet. Pour le reste, nous en reparlerons évidemment.
Haut de la page

