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Alain Simard défend le choix du nom de la Maison du Festival Rio Tinto Alcan

La Maison du Festival Rio Tinto Alcan et la salle L'Astral auraient-elles pu s'appeler autrement? Non, répond le FIJM. La mémoire d'Oscar Peterson sera donc honorée différemment dans ce lieu, qui pourrait être rebaptisé dans deux ans.

Certains auraient peut-être aimé pouvoir aller écouter du jazz dans l'espace Oliver-Jones de la Maison Oscar-Peterson: ils devront plutôt se diriger vers la salle L'Astral de la Maison du Festival Rio Tinto Alcan, révélait le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) cette semaine. Et foi d'Alain Simard, cette situation était inévitable.

Interrogé hier pour savoir pourquoi le FIJM avait choisi de baptiser son nouvel espace officiel du nom de commanditaires privés — au lieu, par exemple, d'en profiter pour honorer la mémoire d'un pionnier du jazz à Montréal —, M. Simard a indiqué que l'organisation n'avait simplement pas le choix.

«Pour que la place existe, il faut la financer», a dit le cofondateur du FIJM et président de Spectra. Sur les 17 millions nécessaires à la conversion de l'édifice Blumenthal, le gouvernement provincial a donné 10 millions. Le fédéral devrait annoncer sous peu une contribution de trois millions.

Le reste (environ quatre millions, plus le financement pour le coût des opérations futures) devait venir du privé, détaille Alain Simard. «On ne pouvait trouver cet argent d'une autre façon que celle-ci [en offrant la vitrine du nom]», dit-il.

Selon M. Simard, il est «complètement irréaliste» de penser que l'endroit aurait pu s'appeler autrement. C'est donc le FIJM qui a proposé à Rio Tinto de baptiser ainsi la maison du jazz. Et il n'a pas été envisagé que les choses se déroulent autrement, a dit Alain Simard. «Je ne sais pas pourquoi un commanditaire mettrait de l'argent sans que son nom soit là. C'est comme le théâtre Telus ou le Centre Bell. À moins de faire un don, on parle de marketing.»

Officiellement, la commandite de Rio Tinto avec le FIJM (d'une valeur de six millions pour la période 2007-2010) prend fin l'an prochain. Cela veut-il dire que la Maison du Festival pourrait être rebaptisée dès 2011? Techniquement, oui, répond Alain Simard. «Mais une compagnie ne donne pas son nom en pensant s'en aller deux ans plus tard», croit-il.

Pour ce qui est de l'esprit jazz qui habitera le lieu de diffusion, Alain Simard estime qu'il sera transmis par les photos qui orneront les murs et la salle d'exposition permanente. Il semble qu'une photo géante d'Oscar Peterson sera aussi visible de l'extérieur.

Marketing

Professeure de marketing aux HEC, Johanne Brunet estime que ce recours aux appellations privées est un peu inévitable dans le contexte. «Le financement est de plus en plus difficile à obtenir pour les entreprises culturelles et il faut être ingénieux pour faire part de ces commandites. Il n'y a pas tant de façons de faire que ça.»

Elle relève toutefois que certaines associations sont incongrues (le lien entre le jazz et le papier d'aluminium étant par exemple assez ténu).

«Il faut toujours essayer de voir la cohérence [de l'association], explique-t-elle. Dans ce cas, on peut penser que Rio Tinto [qui vient d'annoncer la suppression de 120 à 140 postes à son siège social de Montréal] travaille surtout son image publique. Je ne pense pas que l'entreprise va retirer un bénéfice direct de sa commandite. Son produit ne s'adresse pas aux amateurs de jazz, ça n'a rien à voir. Mais Rio Tinto veut jouer son rôle d'entreprise citoyenne et veut se faire voir.»
 
 
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  • Ribero Gilles - Abonné
    7 mai 2009 04 h 38
    Le sens des négociations
    Elle veut donc se faire voir pour ses actions citoyennes. Pourquoi alors ne pas commencer par faire preuve de discrétion, de manière à laisser la place à ce qu'elle promeut? Là on apprend que c'est le FIJM qui a fait le premier pas! Pour quelles raisons a-t-il agit de la sorte, en décidant d'offrir un si gros morceau sans discussion préalable? Qu'en dit Rio Tinto, l'intéressé lui-même? Peut-être nous manque-t-il des informations...
    L'idée aurait été bien plus judicieuse, pour contenter les deux parties, de réserver une visibilité à la société privée en affichant son nom en sous-titre, du moins explicitement, mais sous un titre qui n'aurait pas dû être jeté par dessus bord!
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  • Michel G Côté - Abonné
    7 mai 2009 09 h 41
    13/17
    La différence avec le Centre Bell et le Théâtre Telus, c'est que le projet d'immobiliation de la maison du Festival est financée en majeure partie par des fonds publics (13 millions sur 17 millions).

    Le Théâtre de Quat'sous n'a pas eu à changer de nom pour financer son projet d'immobilisation. Et tout le monde aurait dénoncé la situation s'il avait osé le faire...
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  • 93Licar - Abonnée
    7 mai 2009 12 h 25
    L'argent de Rio Tinto Alcan ou des Québécois?
    Il est assez ironique de constater qu'aujourd'hui-même le Gouvernement du Québec annonce une aide financière à Rio Tinto Alcan alors que cette entreprise joue les mécènes avec l'argent des Québécois. Rio Tinto devrait plutôt s'autofinancer en tant que « entreprise privée » et nous, les Québécois, pourrions officiellement investir dans les festivals et nous péter les bretelles en assistant à quelques spectacles dans la belle Maison du Jazz que nous aurions financée.
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  • André Loiseau - Abonné
    8 mai 2009 00 h 23
    Le festival de l'aluminium
    Le festival va très bien. On ajoute même des jours et des spectacles. L'argent est bien présent. Alors pourquoi ne pas avoir exigé que le mot "jazz" soit au moins inclu dans le nom? Vive l'aplatventrisme!
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