Industrie de la miouse
L'industrie de la musique est en crise. Du milieu des années 90 au terme du millénaire, son rythme de croissance alla cahin-caha. Depuis le début de la présente décennie, cette industrie est en dépression. Seulement l'an dernier, les ventes de compacts en Amérique du Nord ont chuté de 10 % sur l'année antérieure, qui elle-même se termina en affichant une diminution sur l'année précédente. Cette statistique mérite évidemment une précision.
Ce recul des ventes affecte avant tout ces conglomérats culturels qu'en langue économique on qualifie de nébuleuses en raison de la complexité des profils qu'ils présentent. On pense évidemment à AOL Time Warner, à Bertelsmann ou BMG, à Sony-Columbia et à Vivendi-Universal. Les autres, les entreprises de taille moyenne qui enregistrent et qui distribuent leurs produits ainsi que ceux réalisés par différentes étiquettes, se tirent d'affaire.
Plusieurs facteurs expliquent les déconvenues éprouvées par les gros. Il y a tout d'abord cette espèce de contradiction entre la division musicale et celle qui fabrique les appareils, les objets, les supports. L'exemple le plus frappant à cet égard est celui de Sony. Voilà une entreprise qui conçoit et produit des postes de télé, des consoles de jeu, des chaînes stéréo et d'autres outils technologiques où les marges de profit dégagées sont plus alléchantes que celles afférentes à la musique.
Au milieu des années 80, Sony fut pratiquement la première des grandes sociétés du secteur à mettre un terme à l'impression de musiques sur vinyle. Elle avait compris avant pratiquement tout le monde que le pactole était le suivant: rééditer sur compacts. Dans la foulée, tout le monde a suivi. Le vinyle a sombré et les ventes de compacts et des outils nécessaires pour les écouter ont augmenté en flèche.
Aujourd'hui, Sony est confronté aux effets pervers de cette stratégie qui rapporta gros jusqu'au milieu des années 90 mais qui montre présentement ses limites. En ayant abandonné tout ce qui avait trait à la recherche de nouveaux talents, en privilégiant la vente des outils, Sony cannibalise son propre créneau musical. Les budgets afférents à la mise en marché de consoles de jeu, par exemple, ont grossi sans cesse aux dépens de la musique. Conséquence? On a fermé la division jazz et réduit passablement le nombre d'enregistrements des autres divisions.
Les cas Vivendi-Universal et Time Warner ont ceci d'intéressant qu'ils sont de bonnes illustrations d'intérêts contradictoires. Leurs filiales musicales, soit dit en passant énormes, sont en concurrence constante avec leurs divisions films-télés-vidéos. Et comme ces entreprises ont abusé au maximum de la réédition d'enregistrements anciens, elles sont aux abois. Pourquoi? Faute de se mettre au diapason des goûts des gens, elles ont laissé pas mal de place à la concurrence. Qui plus est, ces compagnies, pour attirer de gros noms, ont accordé des contrats faramineux à des vedettes aujourd'hui sur le déclin.
Autre preuve éloquente du retard pris par ces conglomérats: le techno. La plupart de ces entreprises ont signé avec des artistes techno qui s'étaient taillé de sacrées réputations alors qu'ils étaient liés avec des entreprises moyennes. Problème: les ventes de techno sont en chute libre depuis le milieu de l'été dernier. Et comme ces conglomérats ont aligné des millions de dollars, ils se retrouvent aujourd'hui... gros-Jean comme devant!
Ce recul des ventes affecte avant tout ces conglomérats culturels qu'en langue économique on qualifie de nébuleuses en raison de la complexité des profils qu'ils présentent. On pense évidemment à AOL Time Warner, à Bertelsmann ou BMG, à Sony-Columbia et à Vivendi-Universal. Les autres, les entreprises de taille moyenne qui enregistrent et qui distribuent leurs produits ainsi que ceux réalisés par différentes étiquettes, se tirent d'affaire.
Plusieurs facteurs expliquent les déconvenues éprouvées par les gros. Il y a tout d'abord cette espèce de contradiction entre la division musicale et celle qui fabrique les appareils, les objets, les supports. L'exemple le plus frappant à cet égard est celui de Sony. Voilà une entreprise qui conçoit et produit des postes de télé, des consoles de jeu, des chaînes stéréo et d'autres outils technologiques où les marges de profit dégagées sont plus alléchantes que celles afférentes à la musique.
Au milieu des années 80, Sony fut pratiquement la première des grandes sociétés du secteur à mettre un terme à l'impression de musiques sur vinyle. Elle avait compris avant pratiquement tout le monde que le pactole était le suivant: rééditer sur compacts. Dans la foulée, tout le monde a suivi. Le vinyle a sombré et les ventes de compacts et des outils nécessaires pour les écouter ont augmenté en flèche.
Aujourd'hui, Sony est confronté aux effets pervers de cette stratégie qui rapporta gros jusqu'au milieu des années 90 mais qui montre présentement ses limites. En ayant abandonné tout ce qui avait trait à la recherche de nouveaux talents, en privilégiant la vente des outils, Sony cannibalise son propre créneau musical. Les budgets afférents à la mise en marché de consoles de jeu, par exemple, ont grossi sans cesse aux dépens de la musique. Conséquence? On a fermé la division jazz et réduit passablement le nombre d'enregistrements des autres divisions.
Les cas Vivendi-Universal et Time Warner ont ceci d'intéressant qu'ils sont de bonnes illustrations d'intérêts contradictoires. Leurs filiales musicales, soit dit en passant énormes, sont en concurrence constante avec leurs divisions films-télés-vidéos. Et comme ces entreprises ont abusé au maximum de la réédition d'enregistrements anciens, elles sont aux abois. Pourquoi? Faute de se mettre au diapason des goûts des gens, elles ont laissé pas mal de place à la concurrence. Qui plus est, ces compagnies, pour attirer de gros noms, ont accordé des contrats faramineux à des vedettes aujourd'hui sur le déclin.
Autre preuve éloquente du retard pris par ces conglomérats: le techno. La plupart de ces entreprises ont signé avec des artistes techno qui s'étaient taillé de sacrées réputations alors qu'ils étaient liés avec des entreprises moyennes. Problème: les ventes de techno sont en chute libre depuis le milieu de l'été dernier. Et comme ces conglomérats ont aligné des millions de dollars, ils se retrouvent aujourd'hui... gros-Jean comme devant!
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