Vitrine Électro
Jamais album ne se sera autant inscrit dans l’air du temps. Et les compositions électroniques, tantôt arabisantes, parfois acoustiques et souvent séquentielles ou orchestrales, qui l’habitent n’y sont, cette fois-ci, pour rien. Car The Fire This Time, malgré les apparences, est bien plus qu’un simple divertissement musical. C’est une charge éditoriale phénoménale contre «l’agression de l’Irak» par les États-Unis et la Grande-Bretagne, en particulier, et par le monde occidental, en général. Rien de moins!
Le programme est chargé et risque de difficilement accompagner un souper aux chandelles ou une petite bière entre amis. Mais il tombe à point avec ses rythmes binaires sur lesquels viennent se greffer narration et extraits de discours politiques ou bulletins de nouvelles échantillonnés. Le résultat? Corrosif à souhait, comme l’ont certainement rêvé les nombreux artistes anglais ou américains qui ont construit depuis trois ans ce brûlot sonore. Histoire de «lever le voile sur la guerre du Golf et sur la propagande des médias tout en révélant les effets dévastateurs des sanctions imposées à l’Irak sur les populations civiles», annonce dans le livret le collectif, photos — à la limite du supportable — à l’appui.
Dan Rather, lecteur de nouvelles à CBS, y est à l’honneur, aux côtés des diplomates du Conseil de sécurité de l’ONU, de la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, du père de George W. et d’une poignée de reporters. Le tout est dédié à la mémoire des 1,5 million de civils ou de militaires irakiens tués par les bombes, l’uranium appauvri ou le manque de nourriture depuis le début des hostilités entre les deux civilisations. À écouter comme on lit un livre.
Fabien Deglise
THE MAN WHO LIVED UNDERGROUND
Freaks
(Music For Freaks-Fusion III)
Dangereusement libre et festive, la house des Anglais de Freaks revendique un anticonformisme plutôt inhabituel. D’ailleurs, le duo composé de Luke Solomon et de Justin Harris décide de tout foutre en l’air sur The Man Who Lived Underground. Moins brouillons qu’auparavant, ces jeunes producteurs s’amusent à pervertir un genre né au milieu des années 80 à Chicago. Entre soul langoureuse et funk déviante, cette musique rend un hommage irrévérencieux aux pionniers du dancefloor. Des titres tels Hang Up Your Hang Ups ou Where Were You When The Lights Went Out rappellent qu’il est encore possible d’improviser sans perdre de vue l’aspect énergique derrière ce travail. Loin de la variété facile, Freaks déballe des rythmes aussi tordus qu’accrocheurs. On peut toutefois reprocher des intermèdes qui ajoutent peu au ton cru et hilarant de cette troisième galette. La démarche dans son ensemble confirme néanmoins une inspiration vraiment au-dessus de la moyenne. À ranger juste après le Square Dancing In A Roundhouse de Derrick Carter. Splendide.
D. C.
MELKE
Kim Hiorthoy
(Smalltown Supersound-Fusion III)
On doute au premier abord. Voilà le type d’album fourre-tout par excellence. Un artiste décide de réunir des remix, des pièces inédites, ainsi que des morceaux rares sur un même disque. Dans ce cas en particulier, il s’agit du Norvégien Kim Hiorthoy: un talentueux graphiste pour l’étiquette Rune Grammofon, récemment converti à la musique électronique. L’occasion est trop belle pour découvrir ce que l’individu cache sous ses maquettes. Beaucoup plus qu’un nouvel essai de la part de Hiorthoy, Melke met en contact avec la tribu du label Smalltown Supersound. Il présente donc, à sa manière, des noms à surveiller tels Jaga Jazzist ou Monopot. Pour revenir au principal intéressé, Hiorthoy concocte une électronica proche des fidèles de l’écurie Warp (de Seefeel aux premiers pas d’Autechre ou d’Aphex Twin). Cela ne veut pas dire que le Norvégien régresse, mais qu’il reconnaît d’emblée une certaine filiation esthétique. De plus, son approche plutôt artisanale invite à des métissages sonores fort intéressants. Sans être un incontournable dans le domaine, les amateurs d’IDM risquent de découvrir un nouveau chouchou.
D. C.
Le programme est chargé et risque de difficilement accompagner un souper aux chandelles ou une petite bière entre amis. Mais il tombe à point avec ses rythmes binaires sur lesquels viennent se greffer narration et extraits de discours politiques ou bulletins de nouvelles échantillonnés. Le résultat? Corrosif à souhait, comme l’ont certainement rêvé les nombreux artistes anglais ou américains qui ont construit depuis trois ans ce brûlot sonore. Histoire de «lever le voile sur la guerre du Golf et sur la propagande des médias tout en révélant les effets dévastateurs des sanctions imposées à l’Irak sur les populations civiles», annonce dans le livret le collectif, photos — à la limite du supportable — à l’appui.
Dan Rather, lecteur de nouvelles à CBS, y est à l’honneur, aux côtés des diplomates du Conseil de sécurité de l’ONU, de la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, du père de George W. et d’une poignée de reporters. Le tout est dédié à la mémoire des 1,5 million de civils ou de militaires irakiens tués par les bombes, l’uranium appauvri ou le manque de nourriture depuis le début des hostilités entre les deux civilisations. À écouter comme on lit un livre.
Fabien Deglise
THE MAN WHO LIVED UNDERGROUND
Freaks
(Music For Freaks-Fusion III)
Dangereusement libre et festive, la house des Anglais de Freaks revendique un anticonformisme plutôt inhabituel. D’ailleurs, le duo composé de Luke Solomon et de Justin Harris décide de tout foutre en l’air sur The Man Who Lived Underground. Moins brouillons qu’auparavant, ces jeunes producteurs s’amusent à pervertir un genre né au milieu des années 80 à Chicago. Entre soul langoureuse et funk déviante, cette musique rend un hommage irrévérencieux aux pionniers du dancefloor. Des titres tels Hang Up Your Hang Ups ou Where Were You When The Lights Went Out rappellent qu’il est encore possible d’improviser sans perdre de vue l’aspect énergique derrière ce travail. Loin de la variété facile, Freaks déballe des rythmes aussi tordus qu’accrocheurs. On peut toutefois reprocher des intermèdes qui ajoutent peu au ton cru et hilarant de cette troisième galette. La démarche dans son ensemble confirme néanmoins une inspiration vraiment au-dessus de la moyenne. À ranger juste après le Square Dancing In A Roundhouse de Derrick Carter. Splendide.
D. C.
MELKE
Kim Hiorthoy
(Smalltown Supersound-Fusion III)
On doute au premier abord. Voilà le type d’album fourre-tout par excellence. Un artiste décide de réunir des remix, des pièces inédites, ainsi que des morceaux rares sur un même disque. Dans ce cas en particulier, il s’agit du Norvégien Kim Hiorthoy: un talentueux graphiste pour l’étiquette Rune Grammofon, récemment converti à la musique électronique. L’occasion est trop belle pour découvrir ce que l’individu cache sous ses maquettes. Beaucoup plus qu’un nouvel essai de la part de Hiorthoy, Melke met en contact avec la tribu du label Smalltown Supersound. Il présente donc, à sa manière, des noms à surveiller tels Jaga Jazzist ou Monopot. Pour revenir au principal intéressé, Hiorthoy concocte une électronica proche des fidèles de l’écurie Warp (de Seefeel aux premiers pas d’Autechre ou d’Aphex Twin). Cela ne veut pas dire que le Norvégien régresse, mais qu’il reconnaît d’emblée une certaine filiation esthétique. De plus, son approche plutôt artisanale invite à des métissages sonores fort intéressants. Sans être un incontournable dans le domaine, les amateurs d’IDM risquent de découvrir un nouveau chouchou.
D. C.
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