Téléchargement de musique - Les pirates demeurent les rois
95 % des chansons téléchargées dans le monde l'an dernier l'ont été illégalement
Photo : Agence France-Presse
Le rappeur Lil Wayne, qui vient de se produire à Montréal, est le champion des ventes légales d’albums virtuels sur Internet.
Malgré des progrès notables enregistrés dans les ventes légales, l'univers du téléchargement de la musique reste largement interlope. Ainsi, quelque 95 % des chansons téléchargées l'an dernier dans le monde l'ont été illégalement. Ce qui veut dire zéro rémunération pour les créateurs.
C'est là le calcul fait par la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), qui dévoilait cette fin de semaine son Digital Music Report 2009, dans le cadre du MIDEM (Marché international de la musique) qui se déroule à Cannes. L'IFPI représente environ 1400 maisons de disques réparties dans 70 pays.
Selon les estimations de l'organisme, ce sont 40 milliards de chansons qui sont passées en 2008 du cyberespace aux oreilles des mélomanes de manière illégale.
Des impacts? En Grande-Bretagne, la firme Jupiter Research calcule que l'industrie a été privée de quelque 325 millions l'an dernier à cause de cette pratique. En France, on a observé une diminution de 8 % du nombre d'albums parus dans la première moitié de 2008, et de 30 % chez les jeunes artistes.
Le phénomène pose les bases du grand défi de l'industrie de la musique en cette ère de mutation des habitudes de consommation: arriver à «générer une valeur commerciale» à la musique qui circule plus largement que jamais.
Pour y arriver, l'IFPI envoie la balle dans le camp des fournisseurs Internet et des gouvernements. Ces derniers «commencent à comprendre l'ampleur du défi» de convertir au paiement des usagers habitués à la gratuité, indique John Kennedy, président de l'IFPI. «Ils détiennent la clé» pour régler le problème, croit l'IFPI.
Du côté des fournisseurs, l'IFPI aimerait voir davantage de pays suivre l'exemple de la France et de son projet de loi «Création et Internet». Celui-ci prévoit l'envoi de messages d'avertissement aux pirates du Web et un mécanisme de «riposte graduée». Les internautes surpris à télécharger illégalement de la musique et d'autres produits culturels verront leur abonnement à Internet suspendu pour une durée de trois à douze mois s'ils récidivent.
Le légal augmente
Cela dit, l'IFPI souligne surtout les avancées réalisées par la chanson numérique en 2008. Car il y en a, nonobstant le déclin confirmé des ventes de CD et le problème toujours pressant du piratage.
Ainsi, les ventes de musique par téléchargement (Internet ou téléphone mobile) ont progressé pour la sixième année consécutive. Elles atteignent 3,7 milliards sur les marchés couverts par l'IFPI. Il s'agit d'une augmentation de 25 % par rapport à 2007 (3 milliards à l'époque).
La musique téléchargée compte maintenant pour 20 % du chiffre d'affaires annuel de l'industrie de la musique. En 2004, le numérique ne représentait que 2 % de la tarte. L'IFPI mentionne que «l'augmentation continue des ventes numériques a contribué à ralentir le déclin global du marché de la musique».
Le téléchargement de chansons à la pièce est en hausse de 24 % (environ 1,4 milliard au total), alors que celui d'albums entiers a grimpé de 37 %. Le rappeur Lil Wayne — qui était de passage à Montréal la semaine dernière — remporte la palme du meilleur «vendeur légal» de l'année, avec 9,1 millions d'exemplaires électroniques de Lollipop.
Le poids des téléphones
«L'explosion de choix» qui s'offrent dorénavant aux amateurs souhaitant télécharger légalement leur musique est autrement citée par l'IFPI comme un «tournant majeur» emprunté par l'industrie en 2008.
Les sites spécialisés comme iTunes (le leader mondial du téléchargement légal, et maintenant le plus gros détaillant de musique aux États-Unis) et AmazonMP3 sont de plus en plus fréquentés là où ils sont accessibles, note-t-on. De moins en moins de sites semblables utilisent le système Digital Rights Management (DRM), qui limitait les moyens d'écouter une chanson téléchargée.
On applaudit également à l'initiative d'un site comme MySpace, qui a conclu des accords avec les quatre principales maisons de disques pour offrir de la musique en ligne.
Mais surtout, on mentionne le rôle joué par les compagnies de téléphones cellulaires pour favoriser l'accès à la musique.
Par exemple, Nokia — numéro un mondial des fabricants de portables — a lancé cette année en Grande-Bretagne un service (Comes With Music) où l'usager reçoit un accès illimité à un catalogue musical à l'achat d'un téléphone.
Pendant un an, les usagers peuvent ainsi télécharger gratuitement et légalement autant de chansons qu'ils le veulent, sur le support qu'ils désirent. À la fin de la période, ces chansons demeurent leur propriété. Ils peuvent ensuite augmenter leur collection en achetant des chansons à la pièce.
Ce type de nouveau service pourrait avoir un gros impact sur le marché de la musique, croit l'IFPI. Plusieurs autres compagnies de téléphone emboîtent déjà le pas. De même, des fournisseurs Internet tentent aussi d'attirer de nouveaux clients grâce à l'accès à des catalogues musicaux.
L'IFPI y voit les bases d'une nouvelle industrie: celle d'un marché musical délesté du support CD, mais pas de l'obligation pour les usagers d'acheter les oeuvres qu'ils glissent à leurs oreilles.
Au Canada, la firme Nielsen SoundScan indiquait la semaine dernière que les ventes de chansons en ligne ont grimpé de 58 % en 2008, pour s'établir à 40,7 millions d'unités. Les ventes de CD, elles, ont diminué de 14 % en un an.
C'est là le calcul fait par la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), qui dévoilait cette fin de semaine son Digital Music Report 2009, dans le cadre du MIDEM (Marché international de la musique) qui se déroule à Cannes. L'IFPI représente environ 1400 maisons de disques réparties dans 70 pays.
Selon les estimations de l'organisme, ce sont 40 milliards de chansons qui sont passées en 2008 du cyberespace aux oreilles des mélomanes de manière illégale.
Des impacts? En Grande-Bretagne, la firme Jupiter Research calcule que l'industrie a été privée de quelque 325 millions l'an dernier à cause de cette pratique. En France, on a observé une diminution de 8 % du nombre d'albums parus dans la première moitié de 2008, et de 30 % chez les jeunes artistes.
Le phénomène pose les bases du grand défi de l'industrie de la musique en cette ère de mutation des habitudes de consommation: arriver à «générer une valeur commerciale» à la musique qui circule plus largement que jamais.
Pour y arriver, l'IFPI envoie la balle dans le camp des fournisseurs Internet et des gouvernements. Ces derniers «commencent à comprendre l'ampleur du défi» de convertir au paiement des usagers habitués à la gratuité, indique John Kennedy, président de l'IFPI. «Ils détiennent la clé» pour régler le problème, croit l'IFPI.
Du côté des fournisseurs, l'IFPI aimerait voir davantage de pays suivre l'exemple de la France et de son projet de loi «Création et Internet». Celui-ci prévoit l'envoi de messages d'avertissement aux pirates du Web et un mécanisme de «riposte graduée». Les internautes surpris à télécharger illégalement de la musique et d'autres produits culturels verront leur abonnement à Internet suspendu pour une durée de trois à douze mois s'ils récidivent.
Le légal augmente
Cela dit, l'IFPI souligne surtout les avancées réalisées par la chanson numérique en 2008. Car il y en a, nonobstant le déclin confirmé des ventes de CD et le problème toujours pressant du piratage.
Ainsi, les ventes de musique par téléchargement (Internet ou téléphone mobile) ont progressé pour la sixième année consécutive. Elles atteignent 3,7 milliards sur les marchés couverts par l'IFPI. Il s'agit d'une augmentation de 25 % par rapport à 2007 (3 milliards à l'époque).
La musique téléchargée compte maintenant pour 20 % du chiffre d'affaires annuel de l'industrie de la musique. En 2004, le numérique ne représentait que 2 % de la tarte. L'IFPI mentionne que «l'augmentation continue des ventes numériques a contribué à ralentir le déclin global du marché de la musique».
Le téléchargement de chansons à la pièce est en hausse de 24 % (environ 1,4 milliard au total), alors que celui d'albums entiers a grimpé de 37 %. Le rappeur Lil Wayne — qui était de passage à Montréal la semaine dernière — remporte la palme du meilleur «vendeur légal» de l'année, avec 9,1 millions d'exemplaires électroniques de Lollipop.
Le poids des téléphones
«L'explosion de choix» qui s'offrent dorénavant aux amateurs souhaitant télécharger légalement leur musique est autrement citée par l'IFPI comme un «tournant majeur» emprunté par l'industrie en 2008.
Les sites spécialisés comme iTunes (le leader mondial du téléchargement légal, et maintenant le plus gros détaillant de musique aux États-Unis) et AmazonMP3 sont de plus en plus fréquentés là où ils sont accessibles, note-t-on. De moins en moins de sites semblables utilisent le système Digital Rights Management (DRM), qui limitait les moyens d'écouter une chanson téléchargée.
On applaudit également à l'initiative d'un site comme MySpace, qui a conclu des accords avec les quatre principales maisons de disques pour offrir de la musique en ligne.
Mais surtout, on mentionne le rôle joué par les compagnies de téléphones cellulaires pour favoriser l'accès à la musique.
Par exemple, Nokia — numéro un mondial des fabricants de portables — a lancé cette année en Grande-Bretagne un service (Comes With Music) où l'usager reçoit un accès illimité à un catalogue musical à l'achat d'un téléphone.
Pendant un an, les usagers peuvent ainsi télécharger gratuitement et légalement autant de chansons qu'ils le veulent, sur le support qu'ils désirent. À la fin de la période, ces chansons demeurent leur propriété. Ils peuvent ensuite augmenter leur collection en achetant des chansons à la pièce.
Ce type de nouveau service pourrait avoir un gros impact sur le marché de la musique, croit l'IFPI. Plusieurs autres compagnies de téléphone emboîtent déjà le pas. De même, des fournisseurs Internet tentent aussi d'attirer de nouveaux clients grâce à l'accès à des catalogues musicaux.
L'IFPI y voit les bases d'une nouvelle industrie: celle d'un marché musical délesté du support CD, mais pas de l'obligation pour les usagers d'acheter les oeuvres qu'ils glissent à leurs oreilles.
Au Canada, la firme Nielsen SoundScan indiquait la semaine dernière que les ventes de chansons en ligne ont grimpé de 58 % en 2008, pour s'établir à 40,7 millions d'unités. Les ventes de CD, elles, ont diminué de 14 % en un an.
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