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    La chanteuse Clairette Oddera est décédée à l'âge de 89 ans

    30 octobre 2008 |La Presse canadienne | Musique
    La chanteuse Clairette, qui a animé de son accent marseillais les boîtes à chansons de la Révolution tranquille à Montréal, s'est éteinte mardi soir à l'âge de 89 ans.

    Claire Oddera avait reçu dans ses cabarets de Montréal les plus grands de la chanson française, de Brel à Montand, mais aussi les petits nouveaux — Dufresne, Charlebois, Lelièvre, Dubois, Castel, etc. Surnommée «la mère supérieure», elle avait transmis à la nouvelle génération d'interprètes sa passion de la chanson française, son amour du métier, son «feu sacré».

    Née à Marseille, Claire Oddera entreprend sa carrière au cinéma avec nul autre que Marcel Pagnol, qui lui donne en 1939 un petit rôle dans La Fille du puisatier, avec Raimu et Fernandel — c'est ce dernier qui lui suggère le nom de scène «Clairette».

    Elle retrouve Fernandel en 1943, dans le film La Bonne Étoile, de Jean Boyer, puis joue «la chanteuse des rues» dans le film Manouche. En 1946, André Cayatte lui offre un rôle dans Sérénade aux nuages, avec Tino Rossi.

    Pendant tout ce temps, Clairette est chanteuse et comédienne à la radio de Marseille. Elle participera plus tard à des revues musicales et des opérettes en France et en tournée européenne. C'est là qu'elle rencontrera Georges Guétary, qui la fera beaucoup travailler et qui l'invitera à être de sa tournée au Canada.

    Elle débarque donc au «nouveau monde» en janvier 1949 et, pendant sept ans, elle fera l'aller-retour pour chanter dans les cabarets de Montréal (Faisan doré, El Moroco), Québec (Chez Gérard, La Porte Saint-Jean) et jusqu'à New York.

    «La Boîte à Clairette»

    Séduite par le Québec, et après sept ans de galère entre la France et le Canada, Clairette décide de s'installer définitivement à Montréal en 1956. Elle travaille dans les cabarets (dont le Café Saint-Jacques, angle Saint-Denis et Sainte-Catherine) puis décide, en 1959, de fonder sa propre boîte à chansons. La Boîte à Clairette, rue de la Montagne, verra défiler les grands noms de la chanson française mais aussi les inconnus d'alors, devenus depuis de grandes vedettes.

    Elle montait elle-même sur scène à l'occasion, notamment pour interpréter à sa manière très dramatique, façon Piaf, les chansons de son ami Brel, qui ne manquait jamais de s'arrêter chez elle lors de ses passages au Québec. En 1974, elle se paie une bien grande «boîte à chansons», la Place des Arts, pour un hommage à Piaf.

    Mais les boîtes à chansons ont de moins en moins la cote, et Clairette se retire peu à peu de la scène. Privée d'une boîte où elle peut enseigner son métier aux plus jeunes, elle ouvre en 1981 son école d'interprétation.

    Un an plus tard, elle publie son autobiographie, Clairette, du soleil à travers mes larmes. Elle a également publié Comment meubler sa solitude avec la foi.

    On l'a aussi vue à la télévision, comédienne dans Au pied de la pente douce ou Les Berger, mais surtout chanteuse invitée dans des variétés.

    Mme Oddera avait été faite Chevalier de l'Ordre national du Québec en 2002, pour souligner sa contribution au milieu artistique québécois. L'année suivante, elle était devenue membre de l'Ordre du Canada.

    Sa soeur Danielle, aussi chanteuse, était venue la rejoindre au Québec au début des années 1960.
     
     
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