Près de 169 000 $ pour le manuscrit de la chanson Amsterdam de Brel
Trente ans après sa mort, l'emblème de la chanson en français est toujours beau et vivant à la fois
Photo : Agence France-Presse
Au total, 95 lots réunissant de nombreux manuscrits de chansons, des disques, des photographies, des guitares ayant appartenu au chanteur, ont atteint près de deux millions de dollars.
Trente ans après sa mort, Jacques Brel demeure un nom très rentable: le manuscrit de sa chanson Amsterdam a été vendu près de 110 000 euros (environ 169 000 $CAN) hier, lors d'une vente aux enchères d'objets lui ayant appartenu, chez Sotheby's, à Paris.
Une vente dénoncée par sa fille France, farouche gardienne de son oeuvre et de son héritage, qui a qualifié d'«odieux et mesquin» cette vente de souvenirs. France Brel a soutenu, en entrevue au Figaro, avoir tout fait pour tenter d'empêcher la vente des 95 lots, réunissant de nombreux manuscrits de chansons, des disques, des photographies et des guitares ayant appartenu au chanteur.
Les manuscrits de certaines des chansons les plus connues de Brel ont été enlevés à des prix bien supérieurs aux estimations. Le clou des enchères était un cahier à spirales contenant les paroles manuscrites d'Amsterdam, qui a été acheté au téléphone pour 108 750 euros (avec les frais), le double de ce qui avait été estimé initialement. Le cahier portant les paroles, écrites à la main, de Mathilde, a atteint un montant — 72 550 euros — presque cinq fois plus élevé que selon l'estimation de départ. Le manuscrit de la comédie musicale L'Homme de la Mancha a été acquis par la Bibliothèque nationale de France, pour 23 550 euros.
Des représentants de la Mairie de Paris étaient également présents pour acheter des disques pour la médiathèque de la ville ainsi que des affiches des Trois Baudets, théâtre parisien où Brel a fait ses débuts.
France Brel, qui dirige les Éditions Jacques Brel, et auparavant la Fondation Jacques Brel, soutient avoir voulu acheter les objets, mais le prix demandé par les vendeurs était trop élevé.
La fille du chanteur soutient qu'il se vend encore 200 000 disques de Brel par année. Pour conserver active la mémoire de son père, elle a produit un film documentaire, J'aime les Belges, que la chaîne Artv diffusera samedi soir au Québec.
Trente ans après sa mort, Brel est loin d'être oublié, et cet anniversaire est encore l'occasion, partout dans le monde, de revoir son oeuvre.
Le chanteur belge est mort le 9 octobre 1978, à 49 ans, d'un cancer du poumon, à Bobigny, près de Paris. Il avait regagné la métropole l'été précédent depuis la Polynésie, suivant enfin l'avis des médecins.
Bien qu'il avait arrêté la scène en 1967, il était toujours populaire. Et le mystère qui entourait sa retraite aux Marquises n'avait fait qu'aviver la curiosité du public.
À l'automne 1977, après 11 ans de silence discographique, il avait enregistré un dernier album. Le disque (Les Marquises) paru le 17 novembre, avec un record d'un million de précommandes, s'était écoulé à 300 000 exemplaires dans l'heure qui avait suivi la mise en vente.
Une influence qui reste
Jacques Brel a marqué son époque et de jeunes artistes continuent à se réclamer de son influence, tel le rappeur Abd al Malik, qui travaille actuellement avec son ancien pianiste (et mari de Juliette Gréco), Gérard Jouannest.
Au Québec, la trace de Brel demeure vive et de très nombreux artistes ont repris ses chansons. Dans sa biographie consacrée au célèbre artiste, le journaliste Olivier Todd soutient d'ailleurs qu'après la France et la Belgique, le Québec était la partie du monde qu'il connaissait le mieux.
Jacques Brel était venu au Québec pour la première fois en 1958, accueilli par Félix Leclerc à Vaudreuil. À partir de 1961, il revient presque tous les ans pour se produire à la Comédie Canadienne (devenue le TNM), finissant les nuits avec sa bande dans la boîte à chansons de Clairette Oderra, rue de la Montagne, à Montréal. Il avait effectué une tournée d'adieu au Québec en 1967 après l'annonce de son retrait de la scène, visitant plusieurs villes, donnant son tout dernier spectacle à Chicoutimi.
En 1973, il avait fait une visite rapide à Montréal pour accorder une entrevue à Appelez-moi Lise, le talk-show de Lise Payette, entrevue qu'on peut écouter sur le site Internet de Radio-Canada.
***
Avec l'Agence France-Presse
Une vente dénoncée par sa fille France, farouche gardienne de son oeuvre et de son héritage, qui a qualifié d'«odieux et mesquin» cette vente de souvenirs. France Brel a soutenu, en entrevue au Figaro, avoir tout fait pour tenter d'empêcher la vente des 95 lots, réunissant de nombreux manuscrits de chansons, des disques, des photographies et des guitares ayant appartenu au chanteur.
Les manuscrits de certaines des chansons les plus connues de Brel ont été enlevés à des prix bien supérieurs aux estimations. Le clou des enchères était un cahier à spirales contenant les paroles manuscrites d'Amsterdam, qui a été acheté au téléphone pour 108 750 euros (avec les frais), le double de ce qui avait été estimé initialement. Le cahier portant les paroles, écrites à la main, de Mathilde, a atteint un montant — 72 550 euros — presque cinq fois plus élevé que selon l'estimation de départ. Le manuscrit de la comédie musicale L'Homme de la Mancha a été acquis par la Bibliothèque nationale de France, pour 23 550 euros.
Des représentants de la Mairie de Paris étaient également présents pour acheter des disques pour la médiathèque de la ville ainsi que des affiches des Trois Baudets, théâtre parisien où Brel a fait ses débuts.
France Brel, qui dirige les Éditions Jacques Brel, et auparavant la Fondation Jacques Brel, soutient avoir voulu acheter les objets, mais le prix demandé par les vendeurs était trop élevé.
La fille du chanteur soutient qu'il se vend encore 200 000 disques de Brel par année. Pour conserver active la mémoire de son père, elle a produit un film documentaire, J'aime les Belges, que la chaîne Artv diffusera samedi soir au Québec.
Trente ans après sa mort, Brel est loin d'être oublié, et cet anniversaire est encore l'occasion, partout dans le monde, de revoir son oeuvre.
Le chanteur belge est mort le 9 octobre 1978, à 49 ans, d'un cancer du poumon, à Bobigny, près de Paris. Il avait regagné la métropole l'été précédent depuis la Polynésie, suivant enfin l'avis des médecins.
Bien qu'il avait arrêté la scène en 1967, il était toujours populaire. Et le mystère qui entourait sa retraite aux Marquises n'avait fait qu'aviver la curiosité du public.
À l'automne 1977, après 11 ans de silence discographique, il avait enregistré un dernier album. Le disque (Les Marquises) paru le 17 novembre, avec un record d'un million de précommandes, s'était écoulé à 300 000 exemplaires dans l'heure qui avait suivi la mise en vente.
Une influence qui reste
Jacques Brel a marqué son époque et de jeunes artistes continuent à se réclamer de son influence, tel le rappeur Abd al Malik, qui travaille actuellement avec son ancien pianiste (et mari de Juliette Gréco), Gérard Jouannest.
Au Québec, la trace de Brel demeure vive et de très nombreux artistes ont repris ses chansons. Dans sa biographie consacrée au célèbre artiste, le journaliste Olivier Todd soutient d'ailleurs qu'après la France et la Belgique, le Québec était la partie du monde qu'il connaissait le mieux.
Jacques Brel était venu au Québec pour la première fois en 1958, accueilli par Félix Leclerc à Vaudreuil. À partir de 1961, il revient presque tous les ans pour se produire à la Comédie Canadienne (devenue le TNM), finissant les nuits avec sa bande dans la boîte à chansons de Clairette Oderra, rue de la Montagne, à Montréal. Il avait effectué une tournée d'adieu au Québec en 1967 après l'annonce de son retrait de la scène, visitant plusieurs villes, donnant son tout dernier spectacle à Chicoutimi.
En 1973, il avait fait une visite rapide à Montréal pour accorder une entrevue à Appelez-moi Lise, le talk-show de Lise Payette, entrevue qu'on peut écouter sur le site Internet de Radio-Canada.
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Avec l'Agence France-Presse
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