Sylvie Paquette au Lion D'Or - Comme quoi c'était possible
Comment allait-elle faire? Tam tam a frappé si fort, les arrangements Burt-Bacharach-pour-folksinger de Daniel Bélanger étaient si totalement renversants d'efficacité pop, que la question se posait: le spectacle de ce quatrième album si réussi de Sylvie Paquette — mon numéro un de l'an dernier — ne pouvait-il être que déficitaire? C'est une invention de studio, ce disque, me disais-je, son Sgt. Pepper à elle, et un Sgt. Pepper ne se transpose pas. Et pourtant si. Non seulement ça se transposait, constatait-on hier à la première montréalaise de Tam tam le spectacle, mais ça gagnait à la transposition. En humanité. En intensité. En vérité.
Et ce, beauté de la chose, sans rien perdre du charme fou de l'habillage Bélanger. Paquette était parfaitement capable de s'habiller toute seule. Elle a su trouver ce qui, dans un contexte de modeste scène, donnerait à l'ossature guitare-voix un corps aussi superbement sculptural, à savoir: cordes et claviers. Un trio pour tout faire: Philippe Brault à la contrebasse, le plus souvent jouée à l'archet, Sheila Hannigan au violoncelle, Denis Faucher au piano-tout-en-un, orgue et piano électrique et piano tout court, au besoin.
Histoire d'affronter la comparaison d'emblée, le spectacle commençait comme le disque, par la formidable Sur nous deux. Mais par Sylvie Paquette toute seule les premières mesures, retenant jusqu'au deuxième couplet le point d'exclamation orchestral qui lance la version studio, retardant volontairement l'effet choc. Différence symboliquement cruciale. D'entrée de jeu, on comprenait que cette chanson et celles qui suivraient appartenaient à la chanteuse, qu'elle avait adapté l'album à son idée très organique de la scène, et pas le contraire. Suivaient en preuve quatre autres titres de l'album, tous servis à la température de la pièce, c'est-à-dire chaleureusement. Et ainsi de suite: les quelques chansons des albums précédents — Ma nuit, Garde-moi — se lovaient tout aussi naturellement dans l'écrin cordes-clavier, comme si tout le répertoire de Sylvie Paquette trouvait là un idéal commun.
L'ensemble enchantait et faisait chaud au coeur: vingt ans de valeureuse et courageuse carrière aboutissaient à ce bel équilibre entre forme et fond, sans rien nier de l'auteur-compositeur-interprète pure et dure. Aux États, le succès commercial accompagnerait un tel moment, et Sylvie Paquette y aurait la place d'une Lucinda Williams, d'une Gillian Welch. Ici, notait-elle sans amertume, plutôt radieuse malgré l'éternel regard triste d'une Janis qui aurait survécu, elle obtient pour la première fois de sa vie une nomination à l'ADISQ. Elle avait aussi hier soir toute notre admiration. Allez lui témoigner la vôtre samedi prochain.
Et ce, beauté de la chose, sans rien perdre du charme fou de l'habillage Bélanger. Paquette était parfaitement capable de s'habiller toute seule. Elle a su trouver ce qui, dans un contexte de modeste scène, donnerait à l'ossature guitare-voix un corps aussi superbement sculptural, à savoir: cordes et claviers. Un trio pour tout faire: Philippe Brault à la contrebasse, le plus souvent jouée à l'archet, Sheila Hannigan au violoncelle, Denis Faucher au piano-tout-en-un, orgue et piano électrique et piano tout court, au besoin.
Histoire d'affronter la comparaison d'emblée, le spectacle commençait comme le disque, par la formidable Sur nous deux. Mais par Sylvie Paquette toute seule les premières mesures, retenant jusqu'au deuxième couplet le point d'exclamation orchestral qui lance la version studio, retardant volontairement l'effet choc. Différence symboliquement cruciale. D'entrée de jeu, on comprenait que cette chanson et celles qui suivraient appartenaient à la chanteuse, qu'elle avait adapté l'album à son idée très organique de la scène, et pas le contraire. Suivaient en preuve quatre autres titres de l'album, tous servis à la température de la pièce, c'est-à-dire chaleureusement. Et ainsi de suite: les quelques chansons des albums précédents — Ma nuit, Garde-moi — se lovaient tout aussi naturellement dans l'écrin cordes-clavier, comme si tout le répertoire de Sylvie Paquette trouvait là un idéal commun.
L'ensemble enchantait et faisait chaud au coeur: vingt ans de valeureuse et courageuse carrière aboutissaient à ce bel équilibre entre forme et fond, sans rien nier de l'auteur-compositeur-interprète pure et dure. Aux États, le succès commercial accompagnerait un tel moment, et Sylvie Paquette y aurait la place d'une Lucinda Williams, d'une Gillian Welch. Ici, notait-elle sans amertume, plutôt radieuse malgré l'éternel regard triste d'une Janis qui aurait survécu, elle obtient pour la première fois de sa vie une nomination à l'ADISQ. Elle avait aussi hier soir toute notre admiration. Allez lui témoigner la vôtre samedi prochain.
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