Radiohead au parc Jean-Drapeau - Sourire sous la pluie
Photo : Pascal Ratthé
Le groupe britannique Radiohead était de passage au parc Jean-Drapeau hier soir, où près de 33 000 fans ont bravé le temps maussade pour venir assister à son spectacle. Le quintette d’Oxford a surtout offert au public les pièces de son dernier al
Passée la pluie, passée les étangs de boue, passé le souvenir du beau temps chaud et sec qui avait accompagné les deux derniers passages de Radiohead sur la même scène, leur généreuse prestation d'hier soir au parc Jean-Drapeau est définitivement à inscrire bien en haut des spectacles mémorables du quintette d'Oxford. Le beau temps sortait littéralement des hauts-parleurs.
Les fans du groupe avaient d'ailleurs répondu présents en grand nombre. Plus de 32 000 d'entre eux - leur plus grosse foule ici - ont bravé les éléments et le site labouré par les spectateurs du festival Osheaga à peine deux jours auparavant pour venir entendre les cinq Britanniques.
Des milliers d'imperméables détrempés battaient ainsi la mesure. Ils se laissaient bercer ou brasser, alors que le groupe jouait sur divers registres, au gré des 25 ou 26 chansons offertes hier. Les braves en avaient aussi plein la vue. En plus des écrans géants, une véritable forêt de tubulaires aux teintes changeantes était suspendue au dessus de la scène. Mise en scène impeccable.
La présente tournée, déjà entamée depuis plus de deux mois, fait la part belle à leur dernier opus, In Rainbows. Tant mieux, parce que les pièces prennent toutes des couleurs chatoyantes au contact de la scène. C'est d'ailleurs avec la pièce d'ouverture de cet album, 15 Step, qu'ils ont donné le ton. Le chanteur, Thom Yorke, était lancé, on le sentait déjà.
Celui que les néophytes regardent en ayant l'air de se demander de quel asile il a bien pu s'évader a prouvé encore une fois qu'il est une sacrée bête de scène. Et aussi un multi-instrumentiste de talent. Il s'est même permis une incursion politique, jouant sur un synthétiseur d'où pendait un drapeau tibétain. À sa gauche, Jonny Greenwood, le maître ès bidouillages sonores, a aussi le don d'ajouter ça et là quelques bribes sonores qui font sourire les habitués de leur répertoire. On dit toujours: «oui, vas-y». Les autres assurent, comme on dit.
Il fallait y être pour le croire, mais la très électo Idiotheque, suivie de la tonitruante Bodysnatchers, sont tombées au moment où les feux d'artifices de la Ronde pétaradaient. Wow! On a aussi eu droit à des tonnes de briques, avec The National anthem, mais aussi Weird fishes/Arpeggi et Jigsaw falling into place.
Ceux qui associent trop promptement Radiohead à un groupe déprimant devraient réviser leurs standards. Ils sont aussi doués pour la douceur que pour être de dignes représentants du rock britannique le plus puissant. Paranoid Android, tirée de Ok Computer, l'a prouvé hier au rappel. Lumieuse et plus grandiose que jamais. Bonus des bonus: une Karma Police à donner des frissons, même à jeun, fredonnée par des milliers de voix. On y serait encore, la mine béate, même après trois rappels. Certains y sont toujours, accrochés à l'épilogue musical Everything in it's right place.
Les fans du groupe avaient d'ailleurs répondu présents en grand nombre. Plus de 32 000 d'entre eux - leur plus grosse foule ici - ont bravé les éléments et le site labouré par les spectateurs du festival Osheaga à peine deux jours auparavant pour venir entendre les cinq Britanniques.
Des milliers d'imperméables détrempés battaient ainsi la mesure. Ils se laissaient bercer ou brasser, alors que le groupe jouait sur divers registres, au gré des 25 ou 26 chansons offertes hier. Les braves en avaient aussi plein la vue. En plus des écrans géants, une véritable forêt de tubulaires aux teintes changeantes était suspendue au dessus de la scène. Mise en scène impeccable.
La présente tournée, déjà entamée depuis plus de deux mois, fait la part belle à leur dernier opus, In Rainbows. Tant mieux, parce que les pièces prennent toutes des couleurs chatoyantes au contact de la scène. C'est d'ailleurs avec la pièce d'ouverture de cet album, 15 Step, qu'ils ont donné le ton. Le chanteur, Thom Yorke, était lancé, on le sentait déjà.
Celui que les néophytes regardent en ayant l'air de se demander de quel asile il a bien pu s'évader a prouvé encore une fois qu'il est une sacrée bête de scène. Et aussi un multi-instrumentiste de talent. Il s'est même permis une incursion politique, jouant sur un synthétiseur d'où pendait un drapeau tibétain. À sa gauche, Jonny Greenwood, le maître ès bidouillages sonores, a aussi le don d'ajouter ça et là quelques bribes sonores qui font sourire les habitués de leur répertoire. On dit toujours: «oui, vas-y». Les autres assurent, comme on dit.
Il fallait y être pour le croire, mais la très électo Idiotheque, suivie de la tonitruante Bodysnatchers, sont tombées au moment où les feux d'artifices de la Ronde pétaradaient. Wow! On a aussi eu droit à des tonnes de briques, avec The National anthem, mais aussi Weird fishes/Arpeggi et Jigsaw falling into place.
Ceux qui associent trop promptement Radiohead à un groupe déprimant devraient réviser leurs standards. Ils sont aussi doués pour la douceur que pour être de dignes représentants du rock britannique le plus puissant. Paranoid Android, tirée de Ok Computer, l'a prouvé hier au rappel. Lumieuse et plus grandiose que jamais. Bonus des bonus: une Karma Police à donner des frissons, même à jeun, fredonnée par des milliers de voix. On y serait encore, la mine béate, même après trois rappels. Certains y sont toujours, accrochés à l'épilogue musical Everything in it's right place.
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