Diane Dufresne-Terre planète bleue - Fortes impressions et vains discours
Photo : Jacques Grenier
Diane Dufresne et ses amis chantant Terre planète bleue.
Dans ce spectacle que proposaient sur la grande scène de la Catherine hier Diane Dufresne, ses amis chanteurs, ses amis musiciens, ses amis acrobates et ses amis scientifiques, durant cette heure et demie célébrant la Terre planète bleue et sonnant son probable glas, on a beaucoup parlé pour dire une seule chose: il faut agir maintenant. Peut-être le message aurait-il pu s'appliquer à spectacle d'impressions fortes et de vains discours: parler c'est bien, agir c'est mieux.
Ou alors, à tout le moins, parler haut et fort, tel Steven Guilbeault, d'Équiterre, qui a livré une sorte de slam écolo, martelant des slogans rimés, efficaces en diable. Tout le contraire d'un Jean Lemire, le biologiste-cinéaste, dont les images de bébé blanchon se lovant sur le bedon de maman blanchon passaient autant à côté de la question que sa lecture monocorde: un show devant 50 000 personnes n'est pas une chronique lue en prenant son café, et la sensiblerie ne fesse certainement pas aussi fort qu'un Pagliaro nous flanquant Les Bombes dans les gencives, avec Diane Dufresne hurlant avec lui le refrain, habillée en fantassin. Passe encore que Jacques Languirand, soutenu par une chorale, nous lise du Chief George: l'homme aux sourcils libres sait communiquer, sait lire. On ne pouvait en dire autant de Laure Waridel et Hugo Latulippe, gens admirables certes, mais incapables de soulever une foule, voire d'en garder l'attention.
L'intention de Diane Dufresne était louable: offrir une telle tribune à des activistes méritants ne manque pas de générosité. Mais était-ce utile? Ce qui fonctionnait, ce qui était puissant et rentre-dedans, c'était Diane Dufresne toussant, puis hurlant: «Donnez-moi de l'oxygène!» C'était Dufresne déguisée «bag lady», enchaînant Le Monde est fou et Hymne à la beauté du monde, textes à portée planétaire signés Plamondon. C'était Richard Séguin, en prise directe avec la terre, chantant simplement ce qui en disait le plus long: Qu'est-ce qu'on leur laisse?
Il y avait des trouvailles de mise en scène, chevaux et oiseaux-marionnettes traversant la foule par le couloir de sécurité, acrobates soulevant Guilbeault à la fin de son numéro, jouant les petits soldats avec Dufresne, mais ce spectacle n'était jamais plus réussi que lorsque la chanson en était le centre: Michel Rivard chantant une extraordinaire version de Je voudrais voir la mer, sur fond de chorale. Nul besoin d'images de baleines et de vagues. La mer, dans cette voix, cette mélodie, cette chorale, on la voyait déjà. Dans un bon spectacle, fut-ce un spectacle à vocation écolo, tout devrait être dans les chansons. Hier, tout l'était, quand on enlevait le reste.
Ou alors, à tout le moins, parler haut et fort, tel Steven Guilbeault, d'Équiterre, qui a livré une sorte de slam écolo, martelant des slogans rimés, efficaces en diable. Tout le contraire d'un Jean Lemire, le biologiste-cinéaste, dont les images de bébé blanchon se lovant sur le bedon de maman blanchon passaient autant à côté de la question que sa lecture monocorde: un show devant 50 000 personnes n'est pas une chronique lue en prenant son café, et la sensiblerie ne fesse certainement pas aussi fort qu'un Pagliaro nous flanquant Les Bombes dans les gencives, avec Diane Dufresne hurlant avec lui le refrain, habillée en fantassin. Passe encore que Jacques Languirand, soutenu par une chorale, nous lise du Chief George: l'homme aux sourcils libres sait communiquer, sait lire. On ne pouvait en dire autant de Laure Waridel et Hugo Latulippe, gens admirables certes, mais incapables de soulever une foule, voire d'en garder l'attention.
L'intention de Diane Dufresne était louable: offrir une telle tribune à des activistes méritants ne manque pas de générosité. Mais était-ce utile? Ce qui fonctionnait, ce qui était puissant et rentre-dedans, c'était Diane Dufresne toussant, puis hurlant: «Donnez-moi de l'oxygène!» C'était Dufresne déguisée «bag lady», enchaînant Le Monde est fou et Hymne à la beauté du monde, textes à portée planétaire signés Plamondon. C'était Richard Séguin, en prise directe avec la terre, chantant simplement ce qui en disait le plus long: Qu'est-ce qu'on leur laisse?
Il y avait des trouvailles de mise en scène, chevaux et oiseaux-marionnettes traversant la foule par le couloir de sécurité, acrobates soulevant Guilbeault à la fin de son numéro, jouant les petits soldats avec Dufresne, mais ce spectacle n'était jamais plus réussi que lorsque la chanson en était le centre: Michel Rivard chantant une extraordinaire version de Je voudrais voir la mer, sur fond de chorale. Nul besoin d'images de baleines et de vagues. La mer, dans cette voix, cette mélodie, cette chorale, on la voyait déjà. Dans un bon spectacle, fut-ce un spectacle à vocation écolo, tout devrait être dans les chansons. Hier, tout l'était, quand on enlevait le reste.
Haut de la page

