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Diane Dufresne-Terre planète bleue - Fortes impressions et vains discours

Sylvain Cormier   4 août 2008  Musique
Diane Dufresne et ses amis chantant Terre planète bleue.
Photo : Jacques Grenier
Diane Dufresne et ses amis chantant Terre planète bleue.
Dans ce spectacle que proposaient sur la grande scène de la Catherine hier Diane Dufresne, ses amis chanteurs, ses amis musiciens, ses amis acrobates et ses amis scientifiques, durant cette heure et demie célébrant la Terre planète bleue et sonnant son probable glas, on a beaucoup parlé pour dire une seule chose: il faut agir maintenant. Peut-être le message aurait-il pu s'appliquer à spectacle d'impressions fortes et de vains discours: parler c'est bien, agir c'est mieux.

Ou alors, à tout le moins, parler haut et fort, tel Steven Guilbeault, d'Équiterre, qui a livré une sorte de slam écolo, martelant des slogans rimés, efficaces en diable. Tout le contraire d'un Jean Lemire, le biologiste-cinéaste, dont les images de bébé blanchon se lovant sur le bedon de maman blanchon passaient autant à côté de la question que sa lecture monocorde: un show devant 50 000 personnes n'est pas une chronique lue en prenant son café, et la sensiblerie ne fesse certainement pas aussi fort qu'un Pagliaro nous flanquant Les Bombes dans les gencives, avec Diane Dufresne hurlant avec lui le refrain, habillée en fantassin. Passe encore que Jacques Languirand, soutenu par une chorale, nous lise du Chief George: l'homme aux sourcils libres sait communiquer, sait lire. On ne pouvait en dire autant de Laure Waridel et Hugo Latulippe, gens admirables certes, mais incapables de soulever une foule, voire d'en garder l'attention.

L'intention de Diane Dufresne était louable: offrir une telle tribune à des activistes méritants ne manque pas de générosité. Mais était-ce utile? Ce qui fonctionnait, ce qui était puissant et rentre-dedans, c'était Diane Dufresne toussant, puis hurlant: «Donnez-moi de l'oxygène!» C'était Dufresne déguisée «bag lady», enchaînant Le Monde est fou et Hymne à la beauté du monde, textes à portée planétaire signés Plamondon. C'était Richard Séguin, en prise directe avec la terre, chantant simplement ce qui en disait le plus long: Qu'est-ce qu'on leur laisse?

Il y avait des trouvailles de mise en scène, chevaux et oiseaux-marionnettes traversant la foule par le couloir de sécurité, acrobates soulevant Guilbeault à la fin de son numéro, jouant les petits soldats avec Dufresne, mais ce spectacle n'était jamais plus réussi que lorsque la chanson en était le centre: Michel Rivard chantant une extraordinaire version de Je voudrais voir la mer, sur fond de chorale. Nul besoin d'images de baleines et de vagues. La mer, dans cette voix, cette mélodie, cette chorale, on la voyait déjà. Dans un bon spectacle, fut-ce un spectacle à vocation écolo, tout devrait être dans les chansons. Hier, tout l'était, quand on enlevait le reste.






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  • Jacques Léger
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 10h51
    Jugement discutable
    « J'étais présent à ce magifique spectacle-expérience. À voir et sentir l'attention, la participation, la méditation rejoindre cette grande foule qui était en elle-même une part du spectacle, je suis agacé par le jugement discutable de Cormier. Je pense, contrairement à lui, que les magnifiques et très parlantes projections sur écran ont, tout au long du spectacle, accompagné, nécessaire et sublime écho, les diverses prestations de très haut niveau des différents artistes ou artisans. Un signe qui en disait long: l'hésitation des spectateurs à quitter ce lieu de notre nécessaire solidarité alors que le spectacle était terminé.Signe indiscutable que cette incroyable et profonde méditation ne pouvait et ne devait se terminer.

    Jacques Léger,Montréal (Petite-Patrie). »

  • Jean-François Lessard
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 11h25
    Ce n'est jamais le lieu!
    « Peut-être que les enjeux entourant les changements climatiques passent cent pieds par-dessus la tête de monsieur Cormier. Mais pour ceux qui militent sans cesse depuis plusieurs années pour éveiller une société québécoise endormie sur la question depuis trop longtemps et qui voient un manque d'action flagrant de ce côté, ils sont bien contents de voir qu'un événement de cet envergure se fait le relais de discours, certes, moins excitants que Pagliaro, mais trop souvent relégués à des salles de classes universitaires qui n'ont qu'un piètre écho auprès de monsieur et madame tout le monde. Les changements climatiques, on n'en parle pas assez. C'est un constat que je fais dans auprès de mes proches tous les jours.

    Comme le signifiait Alexandre Shields dans vos pages il y a deux semaines, il ne reste probablement que 100 mois avant le "cataclysme" tant attendu, soit avant que la phase incontrôlable d'emballement du climat débute. Il me semble qu'en parler, sur toutes les tribunes, soit d'une pertinence extrême même si les porte-paroles choisis ne sont pas les plus "showmans" qui soient. »

  • Alain Caron
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 14h23
    Magnifiques interprétations
    « D'accord entièrement avec la critique de Sylvain Cormier. Les chansons suffisaient à supporter la thématique judiceusement choisie par Diane Dufresne dont l'interprétation hier nous a séduits mes voisins et moi - Bravo Diane Dufresne qui a su renouveler pourtant son indémodable Oxygène avec autant d'énergie - quel divertissent tout en étant un message d'actualité. Merci à tous et toutes pour la merveilleuse soirée. »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    lundi 4 août 2008 18h37
    La chanson est sociale parce que populaire
    « Pour une fois qu'un spectacle des Francos par ses chansons ne s'en tient pas qu'à raconter la vie quotidienne. Plusieurs chanteurs, chanteuses ou groupes de la relève s'en tiennent beaucoup trop à l'existentiel ou à l'intime en tant que thème dominant des chansons.

    Tout dépend de l'angle retenu, si la jeunesse se désengage trop en musique comme en tout socialement, elle court après son propre malheur. L.Waridel et H.Latulippe en tant que jeunes ne sont pas des musiciens et ils ne sont pas particulièrement excitants à entendre. Tout au moins ils ont quelque chose à dire! Si on s'en tient à l'angle musical, ni Waridel, ni Latulippe ou Langirand n'ont d'affaire là. Mais voilà l'élargissement des horizons fait sur le strict plan artistique par un Pierre Lapointe avec Mutandès peut se faire aussi sur un plan global en incluant la dimension politique comme cela a été le cas avec Planète bleue. Il en va de même d'ailleurs pour le spectacle de la fête nationale de la St Jean.

    Il ne faut pas mettre la politique partout en musique populaire comme on a tenté de le faire maladroitement avec MacCartney ce qui ne veut pas dire autrement que des sociétés occidentales se déterminent encore comme dynamiques lorsque leurs artistes très majoritairement ne sont plus capables de s'impliquer sur des questions politiques.

    Pour rester avec les ex Beatles, la légende de John Lennon serait sûrement moins forte s'il n'avait pas chanté et composé Imagine, lui même inspiré par un certain Bob Dylan. »

  • DesRochers Sylvie
    Abonné
    lundi 4 août 2008 23h00
    L'intelligence du peuple
    « J'étais au spectacle hier soir. Je reconnais que les chansons et la présence de Diane Dufresne étaient magnifiques mais sans les sermons écologiques la messe n'aurait sans doute jamais eu lieu. Depuis quand les spectacles dénués de message portent-ils fruits? On a eu l'impression enfin qu'une grande oeuvre artistique allait quelque part au lieu de se perdre dans le flou des considérations esthétiques que semble proposer Monsieur Cormier. Bravo Diane, qui a le courage de ses convictions. Terre Planète Bleue, une chanson intelligente: merci Diane! »

  • Richard Langevin
    Inscrit
    mercredi 6 août 2008 20h36
    Sylvain Cormier et Terre planète bleue, vaine critique
    « Avec la vision et la perception de M.Cormier il est vrai que l'on est pas près de sauver la planète.Pour une fois qu'on essaie d'intégrer la musique et la rhétorique, pourquoi se faire plaisir à démanteler une telle initiative. Mme Dufresne essaie de changer les choses et les perceptions, mais la tâche sera lourde tant qu'il y aura des journalistes qui voient les choses de leur petit point de vue personnel. C'est comme si M.Cormier n'était plus capable de se mettre à la place du public, qui lui a observé avec attention,émotion,silence, plaisir et respect l'acte des artistes et intervenants.Ça doit être un signe distinctif de se rapetisser entre nous les québécois, pourtant il y en avait de beaux êtres humains sur scène. S.v.p. monsieur le critique,sortez de votre carcan showbusiness et soyez ouvert. »

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