Les beaux délires contrôlés
Photo : Jacques Grenier
Le moment des moments: le spectacle de Pierre Lapointe.
Éclat de génie à droite, morceau de bravoure à gauche, on relit son calepin pour voir surgir les noms de Pierre Lapointe, Catherine Ringer et Thomas Dutronc, auteurs de trois beaux délires contrôlés. Et en matière de délire, on reste bouche bée dix jours plus tard de l'accueil fait aux B.B.... Dans le détail:
- Le moment des moments: Pierre Lapointe. Car Mutantès fut gigantesque. Ni parfait ni génial dans ses détails, mais vraiment géant dans toute sa construction. L'audace, la talent, l'intelligence, le goût du risque de Pierre Lapointe forcent une admiration pleine de respect, que l'on aime ou non son art. Et il s'agit bien ici d'un art et d'une vision qui font de chaque chanson la composante d'une oeuvre aux frontières de plus en plus vastes. Mutantès pourra certes profiter d'un rodage et de quelques resserrements — si le spectacle vit en dehors des FrancoFolies —, mais l'ensemble de la proposition était déjà béton cette semaine: chansons fortes, univers froid et sombre, contribution dosée du choeur de danseurs, interprétation sensible de Lapointe. Chapeau, même pour les défauts: cette audace créative est remarquable, et cette rencontre entre la chanson, la danse et le théâtre, mémorable.
- Le moment du petit délire sympa: Thomas Dutronc. Le cabaret de M. Manouche est un grand fourre-tout où l'on déconne ferme, mais avec énormément de talent et d'intelligence. C'est là le secret: sans ce liant qualitatif, on baignerait dans un n'importe quoi sans conséquence. Or, Dutronc sait ce qu'il fait et dose avec doigté (bonjour Django) ce qu'il faut de musique, de sérieux et d'humour pour créer un spectacle savoureux où le délire est contrôlé avec brio.
- Le moment performance: Catherine Ringer, grandiose au Métropolis dimanche dernier. Les funérailles qu'elle a menées pour ses Rita Mitsouko dépouillés de Fred Chichin furent cérémonie mémorable de rock français.
- Le moment reggae: Tiken Jah Fakoly, dynamiteur de Métropolis avec ses bombes aux rythmes assassins.
- Le moment surréaliste: les B.B. Nos cauchemars les plus saugrenus ne s'étaient jamais rendus à penser que l'on serait un jour pris en sandwich au coeur d'une foule de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs hurlant du B.B. à tue-tête. Et pourtant: been there, done that.
- Le moment «comme dans le temps»: les B.B., prise deux. Ils sont intégralement pareils: Patrick Bourgeois a la même coupe de cheveux — et la même voix qui ne manque pas une occasion d'être imprécise —, Alain Lapointe la même camisole, et le répertoire n'a pas pris une ride parce qu'il est lisse comme tout et que le temps n'ose pas s'y attarder.
- Le moment «comment ça?»: les B.B., prise trois. Parce que l'on ne comprend pas comment il est possible que tant de gens connaissent toutes les paroles de toutes les chansons des B.B., à l'insu de leur plein gré.
- Le moment énergie: Dumas, électrisant en extérieur vendredi. Sainte-Catherine en feu, un spectacle parfait pour cet espace-scène et cet instant précis de l'été.
- Le moment «l'été qui glisse sur la peau»: Savoure le rouge, relue par Stefie Shock.
- Le moment des moments: Pierre Lapointe. Car Mutantès fut gigantesque. Ni parfait ni génial dans ses détails, mais vraiment géant dans toute sa construction. L'audace, la talent, l'intelligence, le goût du risque de Pierre Lapointe forcent une admiration pleine de respect, que l'on aime ou non son art. Et il s'agit bien ici d'un art et d'une vision qui font de chaque chanson la composante d'une oeuvre aux frontières de plus en plus vastes. Mutantès pourra certes profiter d'un rodage et de quelques resserrements — si le spectacle vit en dehors des FrancoFolies —, mais l'ensemble de la proposition était déjà béton cette semaine: chansons fortes, univers froid et sombre, contribution dosée du choeur de danseurs, interprétation sensible de Lapointe. Chapeau, même pour les défauts: cette audace créative est remarquable, et cette rencontre entre la chanson, la danse et le théâtre, mémorable.
- Le moment du petit délire sympa: Thomas Dutronc. Le cabaret de M. Manouche est un grand fourre-tout où l'on déconne ferme, mais avec énormément de talent et d'intelligence. C'est là le secret: sans ce liant qualitatif, on baignerait dans un n'importe quoi sans conséquence. Or, Dutronc sait ce qu'il fait et dose avec doigté (bonjour Django) ce qu'il faut de musique, de sérieux et d'humour pour créer un spectacle savoureux où le délire est contrôlé avec brio.
- Le moment performance: Catherine Ringer, grandiose au Métropolis dimanche dernier. Les funérailles qu'elle a menées pour ses Rita Mitsouko dépouillés de Fred Chichin furent cérémonie mémorable de rock français.
- Le moment reggae: Tiken Jah Fakoly, dynamiteur de Métropolis avec ses bombes aux rythmes assassins.
- Le moment surréaliste: les B.B. Nos cauchemars les plus saugrenus ne s'étaient jamais rendus à penser que l'on serait un jour pris en sandwich au coeur d'une foule de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs hurlant du B.B. à tue-tête. Et pourtant: been there, done that.
- Le moment «comme dans le temps»: les B.B., prise deux. Ils sont intégralement pareils: Patrick Bourgeois a la même coupe de cheveux — et la même voix qui ne manque pas une occasion d'être imprécise —, Alain Lapointe la même camisole, et le répertoire n'a pas pris une ride parce qu'il est lisse comme tout et que le temps n'ose pas s'y attarder.
- Le moment «comment ça?»: les B.B., prise trois. Parce que l'on ne comprend pas comment il est possible que tant de gens connaissent toutes les paroles de toutes les chansons des B.B., à l'insu de leur plein gré.
- Le moment énergie: Dumas, électrisant en extérieur vendredi. Sainte-Catherine en feu, un spectacle parfait pour cet espace-scène et cet instant précis de l'été.
- Le moment «l'été qui glisse sur la peau»: Savoure le rouge, relue par Stefie Shock.
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