Vitrine du disque
Monde - All u need is zouk, Kassav, Warner - Même après une trentaine d'années d'existence et 15 disques produits en studio, le groupe continue d'être la figure de proue du zouk, un genre qu'il a inventé et qui a mis la Guadeloupe et la Martinique sur la carte musicale de la planète comme jamais auparavant. Kassav est une formidable machine à danser et ses rythmes soutenus, chaloupés, frénétiques ou langoureux fonctionnent toujours. À l'écoute d'All U Need is Zouk, l'auditeur ne sera pas dépaysé: toujours cette atmosphère carnavalesque synthétique, ces grooves d'enfer, cette impression de famille créée par des chanteurs principaux qui alternent et se donnent la répartie au sein de choeurs allumés. On se retrouve parfois dans une ambiance champêtre avec un rappel de l'accordéon ou d'autres instruments proprement antillais. On plonge aussi dans le zouk love plus lascif. On se laisse également des passages au tempo moyen avant de relancer la fête. Et dire que Kassav est encore meilleur sur scène, comme on a pu s'en rendre compte l'an dernier au Métropolis et comme on le constatera encore ce soir à l'Olympia. - Yves Bernard
Chanson / Rock - C'est quand qu'on rigole, Mell, Mon Slip/GSI
À 26 ans seulement, la Française MeLL, de son vrai nom Mélanie Frisoni, a déjà trois albums à son actif. Le plus récent, C'est quand qu'on rigole, arrive enfin chez nous plusieurs mois après sa sortie européenne. MeLL y fait dans l'hybride, dans la chanson punk à la Têtes raides, dans le manouche à la Rue Kétanou, dans le cabaret de saloon, avec quelques incartades dans le rockabily. Entre les cris de la chanteuse, les guitares électriques et les guitares pompées à la Django, c'est la trompette qui domine sur ces 14 morceaux. La musique de MeLL n'a franchement rien de très original, mais ses mélodies s'accrochent à nos oreilles, son ton frondeur nous plaît. Et si l'on se fie à sa performance scénique lors du dernier Festival de la chanson de Tadoussac, la gagnante du prix Félix-Leclerc 2007 est férocement efficace. À découvrir ce soir à 20h sur la scène Les Shows, demain au Cabaret Juste pour rire avec El Motor, et le 14 août à 20h à l'Espace 400e, à Québec. - Philippe Papineau
Rock - Les Dales Hawerchuk 2, Les Dales Hawerchuk, Disques C4 / DEP
Faites le calcul: 16 morceaux en 33 minutes. On peut dire que Les Dales Hawerchuk ne perdent pas leur temps sur ce deuxième disque paru plus tôt cette année. Ils roulent à fond entre un rock plus chargé que sur leur premier album et quelques pièces country-folk, dont À soir on sort, que l'on pourrait qualifier sans mépris de plus radiophonique. Les frères Sébastien et Sylvain Séguin offrent des textes moins adolescents, teintés de leurs dernières années de tournée. «C'est notre deuxième galette / pas parfait, mais ben drette / sans fla-fla sans trompette / pas d'vedette pas de jet-set» (2e galette). Ils surprennent même avec Swompe, une pièce sombre et lente, plus personnelle que jamais. La réalisation et la participation du guitariste Olivier Langevin (Galaxie 500, Fred Fortin) ne passent pas inaperçues, donnant à ce deuxième disque une touche à la fois rugueuse et polie, comme une table de bar en inox brossé. Les Dales Hawerchuk seront des FrancoFolies, sur la scène Les Shows, demain
à 22h. - Philippe Papineau
Rock - Déjà vu live, Crosby, Stills, Nash & Young, Reprise - Warner
Quand il se retrouve sur scène avec Neil Young, ce qui n'arrive pas souvent, le trio d'élite hippie Crosby, Stills & Nash est à son meilleur et à son pire: trop de têtes fortes à portée de baffes. La tournée-retrouvailles de 2007, dont cet album est décanté, ne fait pas exception: il n'y a qu'à voir Stephen Stills maugréer dans le DVD correspondant, raillant ce qu'il appelle les «cartoon politics» de ses condisciples. N'empêche qu'il est au poste, encore très capable de manier son manche, et participe activement à ce spectacle presque entièrement composé des chansons les plus politiquement engagées de leurs albums communs (notamment le bien-nommé Déjà Vu) et individuels (remontant jusqu'au temps du Buffalo Springfield et l'hymne For What It's Worth). But avoué: faire comprendre que l'histoire se répète et que le combat mené à l'époque contre l'administration Nixon ressemble comme un méchant frère à celui qui n'en finit plus contre Bush Jr. et consorts. Find the Cost of Freedom prêche aux vieux combattants. Aux convertis, hélas. Le seul prix payé est celui d'un sacré bon show. - Sylvain Cormier
Électro - Artistes variés, Chilled 1991-2008, (Fusion III)
C'est peut-être le signe qu'une page est en train de se tourner sur le monde fantastique de l'électro lounge. Ill est permis de le croire en toute cas lorsqu'on se frotte à ce coffret testamentaire — il est présenté ainsi — d'une musique qui a fait planer la décennie 90 et la première moitié de la suivante. En trois galettes, cette compilation propose donc une rétrospective intéressante dans cet univers sonore qui a consacré pendant 17 ans, précisément (!), l'électronique mélodique dans sa toute dimension superficielle, pop et surtout décorative, comme l'ont démontré plusieurs bars du globe à la mode qui se sont construit des images musicales à travers elle. Entre autres. Dans cet ensemble commémoratif, on retrouve donc sans surprise Koop, Thievery Corporation, Art of Noise, Radiohead, Bonobo, Röyksopp ou Delirium, des grands ambassadeurs de ce courant, pour ne citer qu'eux. On en ressort aussi plein de souvenirs et avec ce sentiment mitigé qui vient avec les incursions dans le passé où l'on retrouve autant ce qui ne valait pas la peine d'être amené dans le présent que ce qui pourrait bien nous manquer aujourd'hui. - Fabien Deglise
Classique - Antill, Corroboree. An Outback Overture. Orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande, James Judd. Naxos 8.570241.
John Antill (1904-1986), à ne pas confondre avec le «bad boy de la musique», l'Américain George Antheil (1900-1959), est un compositeur australien qui occupa d'éminentes fonctions dans son pays, qu'il a largement contribué à préserver de l'«avant-garde» européenne de l'après-guerre. Antill a effectué de nombreuses recherches sur les traditions musicales aborigènes. Il est donc, de ce fait, une sorte de «Bartók australien». Une oeuvre symbolise et semble résumer l'inspiration d'Antill: le ballet Corroboree (terme anglais pour caribberie, nom d'une cérémonie aborigène), créé à Sydney à la fin des années 40 par Eugene Goosens. Corroboree, c'est une sorte d'étrange rencontre aux antipodes entre Le Sacre du printemps de Stravinski et Popol Vuh de Ginastera, mais avec une dimension carte postale d'une sorte de Grand Canyon Suite (Ferde Grofé) chez les sauvages. C'est du gros symphonisme spectaculaire, mais fort habile. Le bruit étrange entendu dans la délirante fin est celui de rhombes, instruments censés imiter le cri des buffles! - Christophe Huss
Chanson / Rock - C'est quand qu'on rigole, Mell, Mon Slip/GSI
À 26 ans seulement, la Française MeLL, de son vrai nom Mélanie Frisoni, a déjà trois albums à son actif. Le plus récent, C'est quand qu'on rigole, arrive enfin chez nous plusieurs mois après sa sortie européenne. MeLL y fait dans l'hybride, dans la chanson punk à la Têtes raides, dans le manouche à la Rue Kétanou, dans le cabaret de saloon, avec quelques incartades dans le rockabily. Entre les cris de la chanteuse, les guitares électriques et les guitares pompées à la Django, c'est la trompette qui domine sur ces 14 morceaux. La musique de MeLL n'a franchement rien de très original, mais ses mélodies s'accrochent à nos oreilles, son ton frondeur nous plaît. Et si l'on se fie à sa performance scénique lors du dernier Festival de la chanson de Tadoussac, la gagnante du prix Félix-Leclerc 2007 est férocement efficace. À découvrir ce soir à 20h sur la scène Les Shows, demain au Cabaret Juste pour rire avec El Motor, et le 14 août à 20h à l'Espace 400e, à Québec. - Philippe Papineau
Rock - Les Dales Hawerchuk 2, Les Dales Hawerchuk, Disques C4 / DEP
Faites le calcul: 16 morceaux en 33 minutes. On peut dire que Les Dales Hawerchuk ne perdent pas leur temps sur ce deuxième disque paru plus tôt cette année. Ils roulent à fond entre un rock plus chargé que sur leur premier album et quelques pièces country-folk, dont À soir on sort, que l'on pourrait qualifier sans mépris de plus radiophonique. Les frères Sébastien et Sylvain Séguin offrent des textes moins adolescents, teintés de leurs dernières années de tournée. «C'est notre deuxième galette / pas parfait, mais ben drette / sans fla-fla sans trompette / pas d'vedette pas de jet-set» (2e galette). Ils surprennent même avec Swompe, une pièce sombre et lente, plus personnelle que jamais. La réalisation et la participation du guitariste Olivier Langevin (Galaxie 500, Fred Fortin) ne passent pas inaperçues, donnant à ce deuxième disque une touche à la fois rugueuse et polie, comme une table de bar en inox brossé. Les Dales Hawerchuk seront des FrancoFolies, sur la scène Les Shows, demain
à 22h. - Philippe Papineau
Rock - Déjà vu live, Crosby, Stills, Nash & Young, Reprise - Warner
Quand il se retrouve sur scène avec Neil Young, ce qui n'arrive pas souvent, le trio d'élite hippie Crosby, Stills & Nash est à son meilleur et à son pire: trop de têtes fortes à portée de baffes. La tournée-retrouvailles de 2007, dont cet album est décanté, ne fait pas exception: il n'y a qu'à voir Stephen Stills maugréer dans le DVD correspondant, raillant ce qu'il appelle les «cartoon politics» de ses condisciples. N'empêche qu'il est au poste, encore très capable de manier son manche, et participe activement à ce spectacle presque entièrement composé des chansons les plus politiquement engagées de leurs albums communs (notamment le bien-nommé Déjà Vu) et individuels (remontant jusqu'au temps du Buffalo Springfield et l'hymne For What It's Worth). But avoué: faire comprendre que l'histoire se répète et que le combat mené à l'époque contre l'administration Nixon ressemble comme un méchant frère à celui qui n'en finit plus contre Bush Jr. et consorts. Find the Cost of Freedom prêche aux vieux combattants. Aux convertis, hélas. Le seul prix payé est celui d'un sacré bon show. - Sylvain Cormier
Électro - Artistes variés, Chilled 1991-2008, (Fusion III)
C'est peut-être le signe qu'une page est en train de se tourner sur le monde fantastique de l'électro lounge. Ill est permis de le croire en toute cas lorsqu'on se frotte à ce coffret testamentaire — il est présenté ainsi — d'une musique qui a fait planer la décennie 90 et la première moitié de la suivante. En trois galettes, cette compilation propose donc une rétrospective intéressante dans cet univers sonore qui a consacré pendant 17 ans, précisément (!), l'électronique mélodique dans sa toute dimension superficielle, pop et surtout décorative, comme l'ont démontré plusieurs bars du globe à la mode qui se sont construit des images musicales à travers elle. Entre autres. Dans cet ensemble commémoratif, on retrouve donc sans surprise Koop, Thievery Corporation, Art of Noise, Radiohead, Bonobo, Röyksopp ou Delirium, des grands ambassadeurs de ce courant, pour ne citer qu'eux. On en ressort aussi plein de souvenirs et avec ce sentiment mitigé qui vient avec les incursions dans le passé où l'on retrouve autant ce qui ne valait pas la peine d'être amené dans le présent que ce qui pourrait bien nous manquer aujourd'hui. - Fabien Deglise
Classique - Antill, Corroboree. An Outback Overture. Orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande, James Judd. Naxos 8.570241.
John Antill (1904-1986), à ne pas confondre avec le «bad boy de la musique», l'Américain George Antheil (1900-1959), est un compositeur australien qui occupa d'éminentes fonctions dans son pays, qu'il a largement contribué à préserver de l'«avant-garde» européenne de l'après-guerre. Antill a effectué de nombreuses recherches sur les traditions musicales aborigènes. Il est donc, de ce fait, une sorte de «Bartók australien». Une oeuvre symbolise et semble résumer l'inspiration d'Antill: le ballet Corroboree (terme anglais pour caribberie, nom d'une cérémonie aborigène), créé à Sydney à la fin des années 40 par Eugene Goosens. Corroboree, c'est une sorte d'étrange rencontre aux antipodes entre Le Sacre du printemps de Stravinski et Popol Vuh de Ginastera, mais avec une dimension carte postale d'une sorte de Grand Canyon Suite (Ferde Grofé) chez les sauvages. C'est du gros symphonisme spectaculaire, mais fort habile. Le bruit étrange entendu dans la délirante fin est celui de rhombes, instruments censés imiter le cri des buffles! - Christophe Huss
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