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Thomas Dutronc - Petit délire manouche

Guillaume Bourgault-Côté   31 juillet 2008  Musique
Thomas Dutronc, hilare et habile.
Photo : Jacques Grenier
Thomas Dutronc, hilare et habile.
Déconnade en vrac, musique brillante, éclectisme absolu, humour désopilant: Thomas Dutronc et ses musiciens ont fait hier soir de leur cabaret manouche un petit délire rien moins que savoureux.

Il a lancé la directive pour la forme: «Putain, vous voulez bien vous marrer, merde?». Et comment! Pas le choix, de toute manière. Thomas Dutronc a hérité d'un solide sens de l'humour que le paternel a déjà bien éprouvé par le passé. Pince sans rire, mais diablement efficace.

Et le spectacle qu'il propose aujourd'hui est tout entier décliné sur ce mode. On rit, on s'amuse, sans jamais perdre le fil d'une cohérence qui tient beaucoup à la virtuosité de chaque musicien présent.

Car Thomas Dutronc déconne, oui, mais il assure. Et solidement. Son jeu à la guitare manouche a été remarqué par les plus grands, et il en fait bon usage. Idem pour ses collègues, qui peuvent balancer tout autant du Bach en guitare solo que du Joe Dassin on ne peut plus sirupeux.

On résume la proposition: Thomas Dutronc présente pour encore trois soirs un cabaret de chansons (les siennes) et de pièces instrumentales (Django, les Triplettes de Belleville...) entrecoupées d'effets d'humour.

On passe donc de Django Reinhardt à un Comme un manouche sans guitare avec aisance. La foule réchauffée, on a droit à une version étonnante d'O Sole Mio. Bach surgit ensuite. Derrière le drap blanc qui sert de décor, Thomas Dutronc fait l'oiseau. On rigole. Puis on tape du pied pour un pot-pourri musical qui va de Billy Jean à C'est bon pour le moral.

Électique? Complètement. À la limite du n'importe quoi (le récit des Frites bordel, adapté à la sauce poutine québécoise), oui, mais toujours du bon côté de la ligne. Là où on déconne joyeusement en appréciant l'immense talent de lurons sans prétention.






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  • Jean-Luc Gouin
    Abonné
    jeudi 31 juillet 2008 10h00
    Et pendant ce temps, maman...
    « Françoise - qui fut de tout temps d'une discrétion quasi maladive (elle a d'ailleurs quitté les planches pour le studio en même temps, à quelques mois près, que cet autre monstre sacré nommé Jacques Brel) - nous entretient de sa personne et de sa (ses) carrière(s).

    Voir (entendre) : www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/camedit/ (émission du 17 novembre 2007 rediffusée le 31 juillet 2008)

    Il suffit de faire abstraction de l'interlocuteur (toujours d'une proverbiale volubilité) pour savourer ce beau moment en compagnie de cette (fine) fleur bleue qui aura toujours su, et ce dès l'adolescence (qu'elle perpétue d'ailleurs avec grâce jusqu'à ce jour), avec Aragon et Brassens, qu'« Il n'y a pas d'amour heureux ».

    Merci à vous, Françoise, pour l'immense tendresse que vous avez déversée dans les coeurs (fait naître, même) aux quatre coins (ronds, bien sûr) de la Planète. En Québécie, en particulier.

    Corollaire technique : l'émission est téléchargeable (terme barbare et incompréhensible au pays de Rabelais et de Boileau, où, France Culture comprise, on préfère, et de loin le vocable « podcaster » et dérives. Je voulais dire : dérivatifs) jusqu'au petit matin du 1er août (heure du pays de Gilles Vigneault). Quoique audible tout de même au-delà de cette frontière temporelle (on consultera les archives), si je n'abuse personne.

    jlg

    PS : Pour ma part, l'humour grinçant de son compagnon Jacques Dutronc m'aura également habité depuis lors - en cela largement appuyé par la plume du comparse Jacques Lanzmann, il faut dire : L'opportuniste, Le responsable, Le dragueur des supermarchés, L'homme de paille, J'aime les filles, Laquelle des deux est la plus snob..., et combien d'autres merveilleux souvenirs d'une époque que l'on pourra, toute nostalgie mise à part, qualifier d'extraordinaire par son atmosphère bellement rebelle; c'est-à-dire : doublement belle. L'insolence de Jacques / la tendresse de Françoise. Un « couple » qui tient le coup, quoi. En concomitance avec la puissance des Brel, des Gréco, des Brassens, des Piaf, des Ferré, des Ferrat, des Bécaud et autres Aznavour, Nougaro, Adamo ou Trenet. Mais aussi nos Félix, nos Raymond Lévesque, nos Vigneault, nos Pauline Julien, nos Léveillée, nos Ferland, nos Lelièvre, nos Georges Dor, nos Claude Gauthier, nos Jacques Michel, nos Paul Piché, nos Beau Dommage.

    Dieu que le monde est gris (aurait pu, derechef, entonner Éric Charden). Car aujourd'hui, c'est de la toune anglo-américaine commerciale et vaine qui prévaut partout. Et en France plus qu'ailleurs !!! C'est ainsi que désormais nous nous offrons des Celine Die On, des Pascale Picard Band, des Stills. Mais également (tout se tient) des Jean Charest, des Nicolas Sarkozy et des George Dubble Yu Bush. Comme quoi, si nous descendons du singe nous sommes surtout traversés de part en part par une féroce envie d'y remonter. Et dire que le pire est peut-être à venir... »

  • Mme et M. JMR et IJ
    Abonné
    jeudi 31 juillet 2008 10h34
    C'est bon pour le moral...
    « Contrairement au trio Lost fingers of Québec qui joue dans les mêmes arpèges mais qui ne chante qu'en anglais (probablement parce qu'un des musiciens est anglophone) on peut faire du Django Reinhardt et du manouche et se faire un nom et un prénom en français. Pas d'affectation chez vous Thomas, mais un vif désir de partage et de plaisir. Bravo!... »

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