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Yelle, femme carabine

Philippe Papineau   30 juillet 2008  Musique
Avec son look flamboyant, ses chandails amples et ses collants brillants, Yelle ne passe pas inaperçue, comme au Festival des Vieilles charrues, à Carhaix-Plouguer, en France, le 19 juillet.
Photo : Agence France-Presse
Avec son look flamboyant, ses chandails amples et ses collants brillants, Yelle ne passe pas inaperçue, comme au Festival des Vieilles charrues, à Carhaix-Plouguer, en France, le 19 juillet.
Débit coupé au couteau, rythmes électro entraînants, sonorités eighties, féminité assumée sans vraiment être féministe, aguicheuse sans être «agace», Yelle, de son vrai nom Julie Budet, est une des personnalités fortes de la musique française de la dernière année. La Bretonne sera des FrancoFolies, deux fois plutôt qu'une, avant d'aller faire un tour à Québec.

La carrière musicale de Yelle, qui a tout juste 25 ans, est née grâce au site communautaire de musique MySpace, où sa chanson Je veux te voir, une réponse aux rimes machos de la formation TTC, obtient un succès rapide. C'était en 2005. «Sans MySpace, on existerait, parce qu'on avait déjà un projet à la base, précise Julie Budet, à peine débarquée à Montréal. Mais il aurait fallu faire une maquette, que l'on cogne à la porte des maisons de disques, et peut-être que ça n'aurait pas aussi bien réagi.»

Voici Yelle — acronyme féminisé de «You enjoy life» — sur une grosse étiquette de disques, à faire des spectacles à travers le monde. Une carrière qui navigue en haute vitesse.

De l'éclat

Avec son look flamboyant, ses chandails amples et ses collants brillants, Yelle ne passe pas inaperçue. «Je m'amuse beaucoup avec mon image, je travaille avec des créateurs, je joue sur les couleurs et les matières.»

Colorée, la chanteuse l'est jusque dans ses textes, coquins sans être vulgaires, joyeux sans virer à la débauche. Par exemple, sur Les Femmes, elle flirte avec le lesbianisme: «Si les garçons ne m'ouvrent pas leur coeur / je sens que je vais aller voir ailleurs». Sur 85A, elle parle aussi de ses petits seins: «Pamela ne m'a pas donné confiance en moi / de ce côté-là / Heureusement que Jane Birkin / a beaucoup plus de classe que ça». Il n'y a pas de tabou, nous dit-elle. «Il suffit de trouver le bon mot et le bon ton.»

Sa musique électronique, teintée de pop française des années 1980, fait bouger la tête, taper du pied, et plus si affinités. C'est sa reprise d'À cause des garçons, d'Alain Chamfort, que l'on peut entendre ici dans une publicité d'une compagnie de téléphonie mobile. «J'ai découvert la musique électronique avec Daft Punk, et j'ai toujours eu envie que ma musique soit entraînante, dansante, explique celle qui a fait de récentes premières pour Mika. Pas nécessairement du boum-boum de boîte de nuit, mais quelque chose qui donne de l'énergie.»

Si l'on se fie à ses concerts donnés sur nos terres, le Québec aime bien Yelle. «Il y a des réactions plus vives ici. Les Français, ils restent un peu sur leur quant-à-soi, ils analysent, ils ne sont jamais très démonstratifs. Au Québec, les gens donnent beaucoup, le public est très généreux, il aime ce mélange de musique dansante et de textes qui traitent de choses légères.»

Sur scène, Yelle est accompagnée à la batterie de son collègue et copain GrandMarnieret du claviériste et bidouilleur TEPR. «On a un "set" qui est assez court, on joue une heure, une heure dix, grand maximum. Mais c'est un choix de notre part. Bon, oui, on a un seul album, on n'a pas 12 000 morceaux à jouer, mais on est plutôt en faveur d'un concert efficace, puissant et court, que pour quelque chose qui dure deux heures et au bout duquel on ne se souvient plus très bien de ce qui s'est passé au milieu.»

Alors ce soir et demain aux FrancoFolies, et samedi à Québec, n'arrivez pas en retard, vous voilà prévenus.

***

- Sur la scène Les Shows ce soir à 20h, gratuit; demain au Cabaret Juste pour rire avec Numéro#, à 22h et samedi 2 août à Québec, à l'Espace 400e, à 20h.
 
 
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