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James Taylor & His Band Of Legends au Centre Bell - L'Amérique qu'il aime, l'Amérique qu'on aime

Sylvain Cormier   7 juillet 2008  Musique
Rappelez-vous, c'était il y a presque deux semaines, le coup d'envoi du FIJM: Leonard Cohen à Wilfrid. Le son parfait, les arrangements rêvés, la grande classe. Hier, James Taylor au Centre Bell, en ce dernier soir du même FIJM, c'était aussi l'excellence à tous égards. La perfection à ce point parfaite qu'elle se vit relax. En souplesse. James Taylor avec les 12 musiciens et choristes de son Band Of Legends, c'était la qualité au superlatif, à ce point que ça semble naturel.

Mais alors que Cohen est Montréal, la Grèce et Mont-Baldy en un seul homme, citoyen du monde et de la Main, Taylor apportait hier avec lui l'Amérique. L'Amérique qu'il aime, l'Amérique qu'on aime. L'Amérique folk et country, soul et blues, l'Amérique de gauche et de bon sens, l'Amérique sensible et cultivée, l'Amérique capable de parler français. Hier, le grand gars du Massachusetts a offert tous ses enchaînements en français et en anglais, sur le mode de l'alternance sympathique, allant jusqu'à traduire les titres de chansons, quitte à rigoler quand c'est trop simple. Why Baby Why, apprenions-nous, signifie Pourquoi bébé pourquoi. «Bilingue, toujours bilingue», d'ironiser Taylor, tout sourire. Classe et humour.

Ce spectacle de James Taylor, son premier en ville depuis 1997, était en quelque sorte l'hommage d'un songwriter au Great American Songbook: entre ses chansons à lui, attendues, réclamées et dûment ovationnées, les Fire And Rain, Sweet Baby James, Carolina In My Mind, Shower The People, Steamroller Blues et autres Your Smiling Face, on aura goûté à la manière Taylor le meilleur de la musique populaire américaine. Avant-goût, en fait, d'un album de reprises prévu à l'automne: cela ratissait large, du répertoire Motown (I'ts Growing, des Temptations) au canon Stax (In The Midnight Hour, de Wilson Pickett), du country'n'western classique d'un George Jones (la fameuse Why Baby Why) au country moderne des Dixie Chicks (Some Days You Gotta Dance).

Le public, il faut bien le dire, ne reconnaissait pas toujours d'emblée ces titres, forcément plus familiers pour un auditoire américain: même si Taylor prenait le soin de dire que Get A Job, par exemple, avait été popularisée par les Silhouettes dans les années 50, l'origine doo-wop de la chanson, et le travail d'adaptation de Taylor et sa bande, échappaient sans doute à la majorité. Qu'importe: ces versions étaient des merveilles, insufflées de cuivres, grossies d'harmonies à cinq voix, entrelacées de violon, aussi larges d'esprit qu'idéalement équilibrées. C'était bonheur, joie, félicité que de voir un Steve Gadd à la batterie, un «Blue» Lou Marini au saxo (oui, celui des Blues Brothers), et tous les autres: autant de champions qui jouaient sans esbroufe, pour le plaisir du bel ouvrage.

Intelligemment, Taylor aura laissé tomber quelques reprises plus obscures pour celles qu'il a fait siennes depuis longtemps, Handy Man de Sam Cooke, Everyday de Buddy Holly, Up On The Roof des Drifters, et bien sûr You've Got A Friend, tellement sienne qu'il doit évoquer le soir de 1971 où Carole King la créa au Troubadour de Los Angeles.

Politesse ultime, le spectacle s'est achevé sur une version toute neuve, donnée pour la toute première fois, de la Suzanne de Leonard Cohen. Version à la James Taylor, déjà. Plus qu'un hommage. Une intégration, corps et âme. Et le plus beau point d'orgue imaginable au Festival de jazz.






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  • Serge Marchand
    Abonné
    lundi 7 juillet 2008 14h29
    Harmonie et bonheur
    « Tout simplement James Taylor glisse en nous le bonheur. Tout semble naturel, facile. Chaque musicien a son petit moment de gloire et leur plaisir de jouer ensemble est évident. C'est bon de voir que quelqu'un qui a eu des problèmes avec ses vieux démons en vienne à être le "pape" d'une telle soirée. Souhaitons-nous un peu moins de 11 ans d'attente pour sa prochaine visite. »

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