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Daniel Lanois au Cabaret - Gros son au salon

Guillaume Bourgault-Côté   2 juillet 2008  Musique
Daniel Lanois l'a dit aux organisateurs du Festival de jazz: s'il devait revenir cette année encore, ce serait pour faire les choses différemment. Alors en lieu et place des 3000 fauteuils de Wilfrid-Pelletier, le réalisateur-musicien a voulu se farcir une tournée des clubs du FIJM. Cabaret, Club Soda, Métropolis, rien d'autre.

On a donc vu Lanois de près, hier soir au Cabaret Juste pour rire. Une salle absolument incongrue pour un artiste de sa trempe: à peine 265 personnes peuvent y prendre place. À tout casser, on ne pouvait être à plus de 50 pieds de l'artiste, une proximité qui donnait l'impression d'un show au salon.

Mais un salon avec des amplis qui font du gros son... Casquette vissée sur la tête, moustache stylisée, guitare rouge décadente, Daniel Lanois ne s'est pas départi du mur de son qu'il affectionne en prenant place sur une si petite scène. Le pied sur ses pédales, il a en balancé de solides à un public d'aficionados.

The Messenger, Where Will I Be, Slow Giving, The Maker ont ainsi toutes été livrées au milieu d'un festival sonore portant la griffe évidente du réalisateur des U2, Bob Dylan, Willie Nelson et Emmy Lou Harris. Lanois est en constante exploration sur sa guitare électrique: il frappe les cordes, les pince, tape avec sa main, utilise les pédales de distorsion et crée des ambiances planantes qui ne peuvent être que de lui. Une signature rythmique, mélodique et atmosphérique immédiatement reconnaissable.

C'est toutefois en format plus intime qu'on l'a préféré hier, durant les 75 minutes vues. Jolie Louise, Under a Stormy Sky, Still Water et une instrumentale ont été présentées dans un dépouillement bien adapté pour le Cabaret. Guitare-voix et réelle connexion avec le public. Ce qui nous amène à penser que le musicien aurait pu adapter davantage son répertoire à la taille des lieux: on a certes eu droit à de l'excellent Lanois, hier soir, mais ce fut en général du Lanois qu'on aurait pu entendre au Métropolis.

Catherine Russell

Plus tôt dans la soirée, en ouverture du spectacle de Steely Dan à Wilfrid-Pelletier, la chanteuse Catherine Russell s'est montrée, elle, à la hauteur de son récent album Sentimental Break. C'est à dire excellente.

Une voix puissante et très souple, des textures riches, un ton absolument blues (avec quelques accents soul), un swing bien servi par un répertoire très «old time music», Russell est pour ainsi dire une naturelle. C'est que tant son père que sa mère ont trempé dans les milieux jazz de la première moitié du siècle passé. Le paternel fut d'ailleurs directeur musical pour Louis Armstrong. Et il a visiblement inculqué à sa fille le goût d'une musique riche venue bien souvent de la Nouvelle-Orléans.

Entre Fats Waller, Armstrong, Bessie Smith et ses propres compos (de même qu'une reprise soul de Sam Cooke), Catherine Russell ne révolutionne pas le chant vocal. Mais elle fait de la musique coeur sur table, tripes exhibées et avec une authenticité irréprochable.

***

- Catherine Russell: en première partie de Steely Dan, ce soir à 19h30, salle Wilfrid-Pelletier.

- Daniel Lanois: Cabaret Juste pour rire, ce soir à 21h. Jeudi, 19h, au Club Soda, Vendredi, 20h30, au Métropolis






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