Omara Portuondo au Théâtre Maisonneuve - Comme chez elle !
Elle était chez elle, au cabaret cubain devant ses proches . Et elle aurait pu animer au ballroom avec la même aisance. Elle n'avait pas encore entamé une seule note que tous étaient debout à crier avec elle des tonnes de gracias, le titre du prochain album qu'elle lancera en septembre et dont elle présentait hier soir les pièces en première mondiale. Mayra Andrade, la petite soeur capverdienne avait doucement réchauffé l'atmosphère, recevant elle aussi une ovation debout et laissant par le fait même quelques rayons de lumière avant l'arrivée de la seule artiste féminine qui fut membre du Buena Vista Social Club.
À soixante-dix-huit ans, la grande dame de la chanson cubaine est encore en voix, connaît l'effet de chacun de ses gestes et intonations. Elle se déhanche ou elle pousse la note, les gens se lèveront pour l'ovationner. Elle se rassoit et se penche pour chanter en toute intimité, on entendra voler une mouche dans la salle. Si l'organe vocal peut parfois vaciller lors de très courts moments, Omara Portuondo sait se ménager, équilibrer son concert de telle sorte que deux ou trois chansons intimes suivront quelques secondes de déhanchement sur des passages plus enflammés. Elle chante alors en demi-teinte, semble se camper au fond d'elle-même et dégage la plainte avec retenue. Le registre est encore étendu, mais, on le comprend fort bien, la Portuondo doit parfois ralentir le rythme.
L'orchestre assure avec une évidente complicité et un grand sens de l'équilibre entre le boléro romantique, la trova poétique et la progression rythmique qui atteint parfois des sommets surprenants. La grande soeur laisse beaucoup de place aux musiciens, chacun pouvant prendre à l'occasion son solo: une basse, bien ronde, un piano jazz ou rythmique, une batterie et des percussions n'enterrent pas l'ensemble, mais sont très présents. La chanteuse établit également de superbes dialogues avec le guitariste ou le bassiste.
Impressionnés par la vérité du personnage, les gens réagissent fortement lorsqu'ils le peuvent. En guise de reconnaissance, Portuondo termine la fête avec Guantanamera, l'hymne cubain par excellence.
***
Collaborateur du Devoir
À soixante-dix-huit ans, la grande dame de la chanson cubaine est encore en voix, connaît l'effet de chacun de ses gestes et intonations. Elle se déhanche ou elle pousse la note, les gens se lèveront pour l'ovationner. Elle se rassoit et se penche pour chanter en toute intimité, on entendra voler une mouche dans la salle. Si l'organe vocal peut parfois vaciller lors de très courts moments, Omara Portuondo sait se ménager, équilibrer son concert de telle sorte que deux ou trois chansons intimes suivront quelques secondes de déhanchement sur des passages plus enflammés. Elle chante alors en demi-teinte, semble se camper au fond d'elle-même et dégage la plainte avec retenue. Le registre est encore étendu, mais, on le comprend fort bien, la Portuondo doit parfois ralentir le rythme.
L'orchestre assure avec une évidente complicité et un grand sens de l'équilibre entre le boléro romantique, la trova poétique et la progression rythmique qui atteint parfois des sommets surprenants. La grande soeur laisse beaucoup de place aux musiciens, chacun pouvant prendre à l'occasion son solo: une basse, bien ronde, un piano jazz ou rythmique, une batterie et des percussions n'enterrent pas l'ensemble, mais sont très présents. La chanteuse établit également de superbes dialogues avec le guitariste ou le bassiste.
Impressionnés par la vérité du personnage, les gens réagissent fortement lorsqu'ils le peuvent. En guise de reconnaissance, Portuondo termine la fête avec Guantanamera, l'hymne cubain par excellence.
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Collaborateur du Devoir
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