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Woody Allen à la Place des Arts - Une curiosité sympathique

La clarinette au bec et du dixie plein les valises, Woody Allen a offert hier pour sa première montréalaise la performance qu'un public curieux attendait de lui: quelque chose qu'il convient de qualifier de... sympathique.

Sympathique parce que Woody le dit lui-même: il n'est pas un musicien professionnel. Mais derrière sa modestie attribuable au profond respect qu'il éprouve pour les grands et les «vrais» musiciens, Allen se révèle être un clarinettiste de bon niveau. Son phrasé s'écoute avec plaisir, et c'est ainsi qu'on l'a écouté hier soir dans une salle Wilfrid-Pelletier qui a réservé un accueil très chaleureux au personnage.

On peut présumer que le public était venu d'abord pour voir en chair et en os le cinéaste new-yorkais: pour ceux qui s'en inquiètent, on dira simplement que Woody est physiquement dans la vie comme à l'écran, et vice-versa. Pantalon et chemise clairs, lunettes à monture de plastique noir, jambe droite croisée sur la gauche quand il joue, Allen a passé la soirée assis mollement sur sa chaise en fixant le plancher devant lui.

Tout autre musicien aurait ainsi eu l'air froid et distant. Mais pas Woody, précisément parce que c'est Woody. Quelques mots de présentation pour dire qu'il était heureux d'être à Montréal, quelques mots de remerciement pour indiquer qu'il avait passé une bonne soirée, ce fut bref mais suffisant pour établir le contact avec le public.

Une façon aussi de s'assurer de laisser toute la place à cette musique qui l'obsède (positivement) depuis qu'il a 15 ans et qu'il a entendu Sidney Bechet à la radio.

Une fois réglée l'envie de voir Woody Allen, on a donc pu l'écouter et mesurer qu'il aborde la musique de la Nouvelle-Orléans avec beaucoup de sérieux. Appliqué sur son instrument, concentré, battant la mesure de son pied gauche, Woody Allen et son New Orleans Jazz Band (comprenant entre autres Eddy Davis au banjo et Greg Cohen à la contrebasse) puisent au berceau du jazz un répertoire qu'Allen qualifie lui-même de primitif, un mélange de blues, de ragtime, de musique de parade qui se décline de manière enjouée.

Ce «dialecte» jazzistique, Allen l'aborde avec un son plutôt brut, n'hésitant pas à frôler le canard ou à utiliser un vibrato prononcé pour respecter l'authenticité du morceau. Ailleurs, quand le rythme s'emballe, il pointe haut sa clarinette vers le plafond et en sort des notes claires et puissantes. Pas professionnel, M. Allen, mais loin d'être mauvais non plus. Et fichtrement bien entouré, aussi (mis à part ceux qui se sont essayés à chanter...).

Woody Allen indiquait il y a quelques années que le plaisir de jouer de la clarinette était pour lui presque sans égal: «C'est comme prendre un bain de miel», disait-il. C'est un peu ce à quoi on a eu droit hier: rien d'extrêmement signifiant ni emballant, mais une soirée qui avait toute la douceur des nuits d'été passées dans une certaine insouciance.






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  • Jasette
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 04h49
    Vous avez choisi un bon titre pour votre chronique sur la musique Dixie de Wiody Allen
    « J'ai déjà suivi Woody Allen en spectacle dans un documentaire français. Sa musique est à la fois enjouée et sympathique... Sa façon de jouer de la clarinette va dans le même sens, avec une espèce de légèreté, et très sympathique aussi... »

  • J.E. Duguay
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 14h19
    Woody Allen
    « Woody n'est pas un virtuose, mais il joue bien.

    Je ne sais pas comment a-t-il pu se laver après "un bain de miel"...
    Jean-Eudes D. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 1 juillet 2008 10h05
    Woody Allen, tel qu'en lui-même...
    « J'ai assisté hier soir au spectacle de Woody Allen. Tout à fait caractéritique du "personnage": timoré au début, gagnant peu à peu d'assurance avec les encouragements du public et se métarmophosant soudain en clarinettiste imprévu face à une salle en délire! Généreux, modeste et sympathique avec son "dixie band", vive Woody, ce saltimbanque merveilleux aux multiples talents! »

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