Le plus célèbre juif montréalais du monde
Photo : La Presse canadienne (photo)
À Fredericton, lors d’un concert en mai dernier
Leonard Cohen est à Montréal ce que Woody Allen est à New York: un fils prodige, un trésor vivant et un fabuleux rejeton de sa communauté juive. Dans son livre From the Ghetto to the Main: The Story of the Jews of Montreal, l'auteur Joe King décrit même Leonard Cohen comme «le juif probablement le plus célèbre» de sa ville natale, qui en compte pourtant une belle brochette, de Mordecaï Richler à Samuel Bronfman, de Phyllis Lambert à William Shatner ou à Saul Below.
Montréal abrite une des plus vieilles communautés hébraïques de l'Amérique synagogue canadienne y a été construite en 1777, mais l'immigration juive a surtout pris de l'ampleur au début du XXe siècle. La famille de Leonard Cohen, né ici en 1934, appartient à cette vague et y surfe depuis longtemps avec style et prestige. Son grand-père paternel a présidé le Congrès juif canadien pendant une quinzaine d'années. Son grand-père maternel, le rabbin Solomon Klinitsky-Klein, l'a initié au judaïsme et à l'exégèse des textes bibliques.
Le vieil homme sage et l'enfant pouvaient passer des heures à discuter du sens d'une seule phrase. Devenu poète, Leonard Cohen a expliqué appliquer le même sérieux à la rédaction de certains vers. Il a aussi romancé cette enfance dans une famille juive aisée de Westmount dans son livre The Favorite Games.
Ces racines montréalaises, religieuses et multiculturelles ont profondément marqué la création de l'écrivain et du chansonnier, comme le rappelle Michael Regenstreif dans un texte paru dans Canadian Jewish News en 2004. Le tout premier recueil de Cohen s'intitulait Let Us Compare Mythologies (1956). Il n'a eu de cesse ensuite de mettre en question la spiritualité, les valeurs et les absolus de substitution (y compris le sexe, comme dans la célèbre Hallelujah) de notre temps comme de tous les temps. Sa chanson Story of Isaac parle du sacrifice préparé par Abraham. D'autres, comme Joan of Arc, abordent des thème chrétiens. «Some women wait for Jesus, and some women wait for Cain», entend-on dans Last Year's Man.
Leonard Cohen a passé une bonne partie de la dernière décennie en méditation au monastère du mont Baldy en Californie. Il a lui-même répété que cette pratique ne le plaçait pas en porte-à-faux par rapport à ses racines juives. Un de ses poèmes de 1997 dit simplement: «Anyone who says / I'm not a Jew / Is not a Jew / I'm very sorry / But this is final.»
Dans ce poème, il rappelle aussi que, quand la guerre du Kippur (ou du ramadan) a éclaté en 1973 entre Israël et ses voisins arabes, il a quitté la Grèce où il se trouvait pour offrir des concerts gratuits aux soldats de Tsahal. Leonard Norman Cohen, «le plus célèbre juif de Montréal», le moine bouddhiste «obsédé par l'image de Jésus», retournera en Israël cette année, en septembre, dans le cadre de sa tournée mondiale qui l'aura tout de même et heureusement fait revenir un tout petit temps dans sa ville natale...
Montréal abrite une des plus vieilles communautés hébraïques de l'Amérique synagogue canadienne y a été construite en 1777, mais l'immigration juive a surtout pris de l'ampleur au début du XXe siècle. La famille de Leonard Cohen, né ici en 1934, appartient à cette vague et y surfe depuis longtemps avec style et prestige. Son grand-père paternel a présidé le Congrès juif canadien pendant une quinzaine d'années. Son grand-père maternel, le rabbin Solomon Klinitsky-Klein, l'a initié au judaïsme et à l'exégèse des textes bibliques.
Le vieil homme sage et l'enfant pouvaient passer des heures à discuter du sens d'une seule phrase. Devenu poète, Leonard Cohen a expliqué appliquer le même sérieux à la rédaction de certains vers. Il a aussi romancé cette enfance dans une famille juive aisée de Westmount dans son livre The Favorite Games.
Ces racines montréalaises, religieuses et multiculturelles ont profondément marqué la création de l'écrivain et du chansonnier, comme le rappelle Michael Regenstreif dans un texte paru dans Canadian Jewish News en 2004. Le tout premier recueil de Cohen s'intitulait Let Us Compare Mythologies (1956). Il n'a eu de cesse ensuite de mettre en question la spiritualité, les valeurs et les absolus de substitution (y compris le sexe, comme dans la célèbre Hallelujah) de notre temps comme de tous les temps. Sa chanson Story of Isaac parle du sacrifice préparé par Abraham. D'autres, comme Joan of Arc, abordent des thème chrétiens. «Some women wait for Jesus, and some women wait for Cain», entend-on dans Last Year's Man.
Leonard Cohen a passé une bonne partie de la dernière décennie en méditation au monastère du mont Baldy en Californie. Il a lui-même répété que cette pratique ne le plaçait pas en porte-à-faux par rapport à ses racines juives. Un de ses poèmes de 1997 dit simplement: «Anyone who says / I'm not a Jew / Is not a Jew / I'm very sorry / But this is final.»
Dans ce poème, il rappelle aussi que, quand la guerre du Kippur (ou du ramadan) a éclaté en 1973 entre Israël et ses voisins arabes, il a quitté la Grèce où il se trouvait pour offrir des concerts gratuits aux soldats de Tsahal. Leonard Norman Cohen, «le plus célèbre juif de Montréal», le moine bouddhiste «obsédé par l'image de Jésus», retournera en Israël cette année, en septembre, dans le cadre de sa tournée mondiale qui l'aura tout de même et heureusement fait revenir un tout petit temps dans sa ville natale...
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