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    Jazz et blues

    Dans la grotte du mystère...

    21 juin 2008 |Serge Truffaut | Musique
    Ce que la Fanfare Pourpour fait sur scène comme en studio est un régal de tous les instants. Photo: Pierre Crépô
    Photo: Ce que la Fanfare Pourpour fait sur scène comme en studio est un régal de tous les instants. Photo: Pierre Crépô
    À 20h tapant, au Lion d'Or, ancien repère de malfrats, le joyeux, le sympathique contingent qui forme la Fanfare Pourpour prend possession de la scène. Après le demi-tour de manivelle inhérent à la mise en place et à la mise en éveil de tous, eux et le public, le premier accord est joué. D'entrée de jeu, on hérite, et non pas récolte, d'un boumboumbadaboum qui saisit, capte, séduit à la nanoseconde.

    Poussière d'étoiles

    À 21h30 tout aussi tapant, à la Sala Rossa remplie à craquer, les créateurs de l'univers regroupés au sein du Sun Ra Arkestra s'installent derrière leurs pupitres, claviers, percussions. Au premier touché du piano saccadé par un instrument étrange que le vénérable Marshall Allen a inventé, on est transporté dans la grotte du mystère, de l'étrange. Un monde qui a pour qualité ceci: le fréquenter, c'est être assuré que les neurones seront surpris et récurés.

    À 20h, mais après qu'Éric Loiseau, le maître de cérémonie de l'Off Festival de jazz, eut fait les présentations, le saxophoniste et clarinettiste Chet Doxas, flanqué d'une section de cordes et de Jim, son frère batteur, décline des notes audacieuses. Celles rassemblées, tricotées, soupesées pour traduire en musique les nouvelles qui composent Le Mur de Jean-Paul Sartre. Il est très courageux, ce Doxas. Chapeau!

    Après que Lou Babin eut expliqué que le maître suédois des folklores antiques Lars Hollmer n'avait pu prendre l'avion pour cause de maladie, on était forcément un petit peu tristounet. Mais bon... On ne sait pas où la bande à Babin puise sa potion magique, mais le moment tristounet a vite été gommé. Ce qui n'empêche pas de souhaiter un prompt rétablissement à Hollmer, aussi accordéoniste que madame ou mademoiselle Babin.

    La Fanfare... Purée de purée... Si vous n'étiez pas de la partie, du show s'entend, on vous conseille, on vous conjure de faire l'acquisition d'un, voire de deux des trois albums qui ont été édités sur l'étiquette Monsieur Fauteux m'entendez-vous que distribue Dame/Ambiances magnétiques. On vous le répète: achetez au moins un épisode de la Fanfare.

    Parce que ce qu'elle fait sur scène comme en studio est un régal de tous les instants. C'est beau, tout bêtement. C'est riche tout en étant rafraîchissant. C'est captivant, rythmé et mélodieux. Ça ne sème pas mais produit, au sens le plus matériel, le plus physique du terme, de la bonne humeur.

    Le Sun Ra Arkestra sans Sun Ra sur scène mais dans les molécules de poussière qui traversent l'air... C'est pas des blagues! L'ami lecteur doit savoir, à moins qu'il ne le sache déjà, que la quinzaine d'initiés qui forment cet orchestre affirment et répètent que le corps de Sun Ra flotte toujours dans les environs où le groupe se produit. Cela rappelé, sous la direction d'Allen, cette phalange d'instrumentistes chevronnés n'avait pas son pareil l'autre soir pour allier la manière Ellington avec celle de Fletcher Henderson, le tout décliné sur un mode très actuel, très moderne, avec un bon soupçon de blues. Le Sun Ra, c'est l'orchestre convaincant par excellence.

    En rafales

    - Ce soir, l'Off Festival de jazz va clore sa 9e édition en invitant le sextet de la pianiste Marianne Trudel puis ensuite celui du quartet de saxophonistes réunis par Janis Steprans avec Simon Lévesque à la contrebasse et Dave Laing à la batterie. Au Lion d'Or à compter de 20h. Prix du billet: 20 $ en prévente, 25 $ à la porte.

    - Dans la rubrique protection du consommateur: on a constaté que les albums enregistrés par le saxophoniste Joe Lovano avec le pianiste Hank Jones, sur étiquette Blue Note, se vendent un dollar de moins chez Archambault par rapport à HMV, soit 19 $. Par contre, on ne comprend pas, absolument pas, comment il se fait que le duo signé par ces artistes, toujours sur étiquette Blue Note, se transige à 28 $. Quelque chose nous dit qu'encore une fois on prend le consommateur pour un cochon de payant.












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