k.d. lang à L'Olympia - Suavissime, faute de meilleur mot
Elle en jette plein la vue d'emblée dans son complet trois-pièces d'une blancheur immaculée: on pense à Elvis dans le film The Trouble With Girls (And How To Get Into It), ou alors à Orson Welles dans Touch Of Evil. La chanteuse albertaine est encore et toujours d'une sensualité troublante, constate-t-on alors qu'elle sourit, radieuse devant l'accueil triomphal de cet Olympia pourtant pas tout à fait plein en ce jeudi soir, au premier de ses deux spectacles en ville.
Et puis on oublie vite ce qu'on l'on voit pour se concentrer sur ce que l'on entend: cette voix! Continuons le jeu des comparaisons: il y a tant de chanteurs et de chanteuses en elle! J'entends du Julie London, du Peggy Lee, du Judy Garland, du Harry Nilsson et, oui, forcément, du Roy Orbison dans ce timbre riche et pur, dans cette maîtrise absolue de la puissance et de la douceur, dans ce sens suprême de la nuance, dans ce génie de l'interprétation qui lui permet de tout suggérer sans rien appuyer. k.d. lang est un monde de chanson à elle toute seule.
C'est un peu beaucoup pour ça — la sensualité, la voix, l'intelligence — que le public la suit sans la moindre retenue, avec la plus manifeste délectation, de fait, à travers les chansons du nouvel album Watershed, qu'elle donne presque intégralement. Ce n'est pas rien: cet album est ambitieux, d'une rare sophistication, et exige une écoute attentive. Qu'à cela ne tienne: Upstream, Coming Home, Wash Me Clean, Sunday sont reçues dans l'allégresse, dans la pleine jouissance des arrangements et des méandres mélodiques. Les chansons de k.d. lang n'ont pas besoin d'être familières pour être appréciées: ce sont de véritables voyages sur les routes de la chanson américaine du dernier siècle, où jazz cool, country-swing souple, folk noble, ballades pop de crooner et showtunes de Broadway se rencontrent et, comment dire? Font l'amour? Quelque chose comme ça.
Habilement, k.d. ponctue son Watershed d'interprétations d'autrui, comme autant d'arrêts panoramiques sur le bord de la route. Non seulement retrouve-t-on quelques-unes des relectures de son album «canadien» Hymns Of The 49th Parallel, ici le Helpless d'un Neil Young, là «a song of desire from your own Leonard Cohen» (divine Hallelujah), mais aussi le Western Stars du Californien Chris Isaak. Pedal steel paradisiaque, batterie plus lègere que l'air, guitares en filigrane, l'effet est... suavissime, faute de meilleur mot.
Difficile d'imaginer plus satisfaisante soirée: k.d. elle-même semblait plus qu'heureuse, ses musiciens éminemment complices (son guitariste brésilien Grecco Buratto, tout particulièrement), et l'auditoire exultait avant même la fin des chansons. Les quelques belles ravivées de son répertoire — Smoke Rings, Miss Chatelaine, Constant Craving — étaient en cela des extases partagées, au sens le plus sexuel du mot. Avec k.d. lang, tête renversée et regard levé au ciel, ou tête penchée et regard ténébreux par en-dessous, on est toujours entre le paradis et l'alcôve. Bonheur, on n'a pas à choisir.
Et puis on oublie vite ce qu'on l'on voit pour se concentrer sur ce que l'on entend: cette voix! Continuons le jeu des comparaisons: il y a tant de chanteurs et de chanteuses en elle! J'entends du Julie London, du Peggy Lee, du Judy Garland, du Harry Nilsson et, oui, forcément, du Roy Orbison dans ce timbre riche et pur, dans cette maîtrise absolue de la puissance et de la douceur, dans ce sens suprême de la nuance, dans ce génie de l'interprétation qui lui permet de tout suggérer sans rien appuyer. k.d. lang est un monde de chanson à elle toute seule.
C'est un peu beaucoup pour ça — la sensualité, la voix, l'intelligence — que le public la suit sans la moindre retenue, avec la plus manifeste délectation, de fait, à travers les chansons du nouvel album Watershed, qu'elle donne presque intégralement. Ce n'est pas rien: cet album est ambitieux, d'une rare sophistication, et exige une écoute attentive. Qu'à cela ne tienne: Upstream, Coming Home, Wash Me Clean, Sunday sont reçues dans l'allégresse, dans la pleine jouissance des arrangements et des méandres mélodiques. Les chansons de k.d. lang n'ont pas besoin d'être familières pour être appréciées: ce sont de véritables voyages sur les routes de la chanson américaine du dernier siècle, où jazz cool, country-swing souple, folk noble, ballades pop de crooner et showtunes de Broadway se rencontrent et, comment dire? Font l'amour? Quelque chose comme ça.
Habilement, k.d. ponctue son Watershed d'interprétations d'autrui, comme autant d'arrêts panoramiques sur le bord de la route. Non seulement retrouve-t-on quelques-unes des relectures de son album «canadien» Hymns Of The 49th Parallel, ici le Helpless d'un Neil Young, là «a song of desire from your own Leonard Cohen» (divine Hallelujah), mais aussi le Western Stars du Californien Chris Isaak. Pedal steel paradisiaque, batterie plus lègere que l'air, guitares en filigrane, l'effet est... suavissime, faute de meilleur mot.
Difficile d'imaginer plus satisfaisante soirée: k.d. elle-même semblait plus qu'heureuse, ses musiciens éminemment complices (son guitariste brésilien Grecco Buratto, tout particulièrement), et l'auditoire exultait avant même la fin des chansons. Les quelques belles ravivées de son répertoire — Smoke Rings, Miss Chatelaine, Constant Craving — étaient en cela des extases partagées, au sens le plus sexuel du mot. Avec k.d. lang, tête renversée et regard levé au ciel, ou tête penchée et regard ténébreux par en-dessous, on est toujours entre le paradis et l'alcôve. Bonheur, on n'a pas à choisir.
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