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Un hommage national pour Aimé Césaire

Martiniquais et hommes politiques saluent une dernière fois le chantre de la «Négritude»

21 avril 2008  Musique
Le président français, Nicolas Sarkozy, a salué «un des plus grands poètes de France, et sans doute l’un des plus grands poètes du XXe siècle.
Photo : Agence France-Presse
Le président français, Nicolas Sarkozy, a salué «un des plus grands poètes de France, et sans doute l’un des plus grands poètes du XXe siècle.
Fort-de-France — Ferveur et solennité ont marqué hier les obsèques d'Aimé Césaire au stade Pierre-Aliker de Fort-de-France, où des milliers de Martiniquais ainsi que le président Nicolas Sarkozy, plusieurs ministres et diverses personnalités politiques sont venus assister à l'hommage national rendu au chantre de la «Négritude».

La cérémonie qui a commencé peu après 14 h 30 (heure locale) a duré un peu plus d'une heure. Elle s'est ouverte sur un mot d'adieu de son grand ami Pierre Aliker, suivi par l'hommage du président et la lecture de plusieurs textes de l'écrivain.

Le cercueil a ensuite été porté par six hommes sous les applaudissements de la foule et déposé dans le corbillard, qui a pris la direction du cimetière La Joyau, où reposera le poète et homme politique décédé jeudi à 94 ans. De longues minutes après le départ du cercueil, l'ovation du stade, debout et chantant, se poursuivait. L'émotion était très forte, et beaucoup de personnes versaient des larmes.

Très applaudi dans l'enceinte du stade qui porte son nom, le compagnon de lutte du poète et homme politique martiniquais, Pierre Aliker, âgé de 101 ans, avait lancé la cérémonie par un mot d'adieu au chantre de la négritude.

«La Martinique a perdu le meilleur de ses fils», a déclaré le Dr Aliker, qui fut pendant plus de 50 ans le premier adjoint d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France.

Visiblement ému, le Dr Aliker a délaissé le discours écrit et finalement opté pour l'improvisation. Revenant sur leur parcours politique commun, il a rappelé les objectifs du Parti progressiste martiniquais, fondé par Aimé Césaire.

«Notre objectif est d'obtenir un pouvoir local fort, a-t-il souligné. Les spécialistes des questions martiniquaises, ce sont les Martiniquais [...] Avec une fidélité à toute épreuve, vous pourrez compter sur nous.»

Nicolas Sarkozy, également applaudi à son entrée dans le stade, a ensuite rendu l'hommage de la nation en faisant face pendant quelques instants au cercueil, disposé au centre du stade qui a observé une minute de silence.

«Aujourd'hui, je suis venu dire à la Martinique que la France entière partage sa douleur, et que c'est la nation tout entière qui est en deuil», avait déclaré le chef de l'État avant de se rendre au stade.

Nicolas Sarkozy avait alors salué «un des plus grands poètes de France, et sans doute l'un des plus grands poètes du XXe siècle» mais aussi un «sage», un «être universel», un «symbole de la lutte pour le respect des peuples».

La partie solennelle de la cérémonie a été suivie par la lecture d'extraits de textes du poète (Cahier d'un retour au pays natal/Et les chiens se taisaient/La tragédie du roi Christophe...) et d'interprétations musicales. Ont participé à cet hommage culturel et non religieux, l'écrivain Daniel Maximin et les comédiens Jacques Martial, Aliou Cissé, Suzy Cinga, Rudy Silaire, et Akonio Dolo.

Malgré la pluie tenace hier, des centaines de Martiniquais avaient pris place dans les gradins dès le matin. On ressentait dans les travées une véritable communion entre les générations, rassemblées dans une ambiance de grande ferveur et de solennité.
 
 
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