Brigitte Saint-Aubin au Gesù - Dans le salon... de Dieu
Attachante. Brigitte Saint-Aubin est attachante. Plus on la connaît, plus on lui veut du bien. Cela tient à une certaine manière qu’elle a de prêter flanc. D’être terrifiée et d’y aller quand même. Pas frondeuse, pas casse-cou: elle se risque, voilà tout. Et advienne que pourra. Et ce qui advient, c’est qu’on ouvre grand les bras, les oreilles, la bouche même (en forme de sourire): on prête flanc à notre tour. Et l’on s’attache.
C’est ce qui s’est passé hier, alors qu’elle proposait en première montréalaise son spectacle Être... en trio dans ce qu’on appelle l’Espace Aline-Letendre du Gesù, c’est à-dire l’église même, au-dessus de l’habituelle salle, juste sous les grandes orgues. Grandiose, intimidant endroit: survivre à ça, c’est un peu beaucoup gagner son ciel. À tout le moins partager l’immensité du lieu avec le public, vivre l’écho caverneux en toute solidarité: on était d’autant plus attentif qu’il fallait prêter l’oreille pour distinguer les textes ainsi réverbérés, se mêlant aux percussions de Joanna Peters, au piano et au violoncelle de Geneviève Miller, à la guitare même de la chanteuse. À difficulté d’écoute, qualité d’écoute?
C’était en cela le contraire et la même chose qu’aller chanter à froid, sans amplification, dans le salon des gens, pari fou de l’été dernier: 14 spectacles dans 14 maisons privées à travers le Québec. Un documentaire (signé Claude Gagnon), présenté hier avant le spectacle, chroniquait ladite tournée et montrait justement Brigitte Saint-Aubin dans tous ses états, apeurée avant, extatique après. Un documentaire sur le spectacle d’hier montrerait la même Brigitte lançant à l’eau «dans le salon... de Dieu» quatre nouvelles chansons, dont une à peine née (la plus jolie, Saison de verre). On l’y verrait nerveuse jusqu’à la maladresse (oups! mauvaise clé!) contente jusqu’à l’extase (charnelle Crème caramel), naturelle jusqu’à la transparence, devant un auditoire d’abord bienveillant, puis carrément charmé. Et attaché.
Collaborateur du Devoir
C’est ce qui s’est passé hier, alors qu’elle proposait en première montréalaise son spectacle Être... en trio dans ce qu’on appelle l’Espace Aline-Letendre du Gesù, c’est à-dire l’église même, au-dessus de l’habituelle salle, juste sous les grandes orgues. Grandiose, intimidant endroit: survivre à ça, c’est un peu beaucoup gagner son ciel. À tout le moins partager l’immensité du lieu avec le public, vivre l’écho caverneux en toute solidarité: on était d’autant plus attentif qu’il fallait prêter l’oreille pour distinguer les textes ainsi réverbérés, se mêlant aux percussions de Joanna Peters, au piano et au violoncelle de Geneviève Miller, à la guitare même de la chanteuse. À difficulté d’écoute, qualité d’écoute?
C’était en cela le contraire et la même chose qu’aller chanter à froid, sans amplification, dans le salon des gens, pari fou de l’été dernier: 14 spectacles dans 14 maisons privées à travers le Québec. Un documentaire (signé Claude Gagnon), présenté hier avant le spectacle, chroniquait ladite tournée et montrait justement Brigitte Saint-Aubin dans tous ses états, apeurée avant, extatique après. Un documentaire sur le spectacle d’hier montrerait la même Brigitte lançant à l’eau «dans le salon... de Dieu» quatre nouvelles chansons, dont une à peine née (la plus jolie, Saison de verre). On l’y verrait nerveuse jusqu’à la maladresse (oups! mauvaise clé!) contente jusqu’à l’extase (charnelle Crème caramel), naturelle jusqu’à la transparence, devant un auditoire d’abord bienveillant, puis carrément charmé. Et attaché.
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