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Le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin se lance à la conquête de l'Europe

La Presse canadienne   27 mars 2008  Musique
Birmingham, Angleterre — Le chef d'orchestre montréalais Yannick Nézet-Séguin a été accueilli à Birmingham par un tonnerre d'applaudissements hier après-midi. Cette troisième visite du jeune chef d'orchestre dans la deuxième ville d'Angleterre avait des airs de retour de l'enfant prodige.

«La première fois que Yannick Nézet-Séguin est venu jouer à Birmingham, il y a deux ans, il était inconnu», se rappelle Stephen Maddock, directeur de l'Orchestre symphonique de Birmingham. «Aujourd'hui, il est perçu comme une des stars montantes au Royaume-Uni.»

Assis dans sa loge de l'impressionnant Symphony Hall, Yannick Nézet-Séguin ne dissimule pas sa joie devant la tournure des événements. S'il doit donner deux représentations cette semaine à Birmingham, il a successivement joué à Berlin, Toulouse et Rotterdam depuis le début du mois de mars.

Depuis ses débuts en Europe, en 2004, il n'avait jamais été aussi présent sur le Vieux Continent que cette année. «C'est ce qu'il faut pour développer une carrière de chef invité international», a expliqué le jeune homme de 32 ans après le concert, qui comprenait des oeuvres de Beethoven, Mozart et Brahms.

Plus tard cette année, Nézet-Séguin doit notamment manier sa baguette pour la première fois au célèbre Festival de Salzbourg, en Autriche, avant de prendre officiellement ses fonctions de directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Rotterdam, en septembre. Et en octobre, il donnera son premier concert en tant que chef invité principal de l'Orchestre philharmonique de Londres pour la saison 2008-09.

Enthousiaste, Nézet-Séguin dit ne pas avoir de crainte en abordant ce nouveau chapitre de sa carrière. «C'est sûr que l'Orchestre philharmonique de Londres est un des meilleurs orchestres au monde, mais cela ne me fait pas vraiment peur. Je suis chef invité, je n'ai pas de responsabilité administrative, contrairement à Rotterdam, où je dois prendre beaucoup de décisions.»

Encore peu connu au Royaume-Uni, le chef a pour l'instant obtenu des critiques dithyrambiques pour ses rares apparitions. «Si on en croit ses plus récentes prestations dans ce pays, nous entendrons sûrement beaucoup parler de Yannick Nézet-Séguin au cours des prochaines saisons», a écrit le journal The Guardian. Ce quotidien a même ajouté que le Montréalais est «un chef d'orchestre non seulement qui possède la confiance et la virtuosité d'un maestro mais qui révèle une façon tout à fait personnelle d'aborder la musique».

À Birmingham, Stephen Maddock croit que le succès de Nézet-Séguin s'explique par son approche rafraîchissante de la musique. «Il a une approche émotionnelle et il laisse la musique respirer», a soutneu le directeur.

Les Montréalais vont-ils petit à petit perdre le chef de l'Orchestre métropolitain? Yannick Nézet-Séguin jure que non. «J'ai besoin de continuer de jouer à Montréal, ne serait-ce que pour ma santé mentale», a-t-il rigolé.

«De toute façon, a-t-il ajouté, la saison du Métropolitain ne couvre pas toute l'année. Jusqu'à présent, j'y passais de 10 à 12 semaines par année. Cela va peut-être passer à huit semaines», a assuré le principal intéressé.
 
 
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