Montréal mettra fin à sa programmation de concerts à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, dès cet été
Photo : Pascal Ratthé
La Chapelle historique du Bon-Pasteur est depuis 1988 une maison ouverte à la musique et à la culture, mais aussi la seule scène ouverte à de nombreux jeunes artistes.
La Ville de Montréal a fait part hier, dans une note à l'intention des organismes du milieu montréalais de la musique, de sa décision de mettre fin à sa programmation de concerts à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à compter de l'été 2008.
Il ne s'agit pas d'une fermeture aux activités musicales ou d'un changement de vocation du lieu. La direction du développement culturel encourage des organismes ou regroupements d'organismes à lui faire des propositions de partenariat pour maintenir la vocation musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur. La date limite de dépôt de ces propositions est le 28 avril 2008, un délai pour le moins rapproché. La Ville mettra à la disposition des partenaires le lieu, les instruments et les équipements techniques.
La décision a été prise dans le cadre du «contexte budgétaire extrêmement serré de la Ville de Montréal». Comme le dit Olga Ranzenhofer, l'animatrice du Quatuor Molinari, avec humour et fatalisme: «Entre ça et le déneigement, ça n'a pas d'allure!» Passé l'effet de surprise, celle-ci, qui comptait tenir l'ensemble de sa saison à venir à la Chapelle, est plutôt décidée à agir qu'à se lamenter: «Les organismes doivent se dépêcher et s'organiser pour montrer que la Chapelle est un lieu vivant.» Que se passera-t-il si cette organisation ne se fait pas avant fin avril?
Le dernier événement prévu sera la compétition du Prix Europe, et c'est tout un symbole. Car la Chapelle historique du Bon-Pasteur est depuis 1988 une maison ouverte à la musique et à la culture (expositions, conférences et cours de maître), mais aussi la seule scène ouverte à de nombreux jeunes artistes.
Guy Soucie, directeur de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, partagé entre «surprise et incompréhension», a été mis au courant mardi de la semaine dernière. «Je n'ai rien vu venir», dit-il au Devoir, visiblement très affecté. «Je ne comprends pas que Montréal, qui développe une politique culturelle et se veut la métropole culturelle au pays, arrête la diffusion culturelle à la Chapelle!»
À ses yeux, même si la diffusion musicale se poursuit, elle ne sera sans doute pas aussi large. Les premiers lésés seront, selon Guy Soucie, «le public, qui peut entendre à la Chapelle ce qu'il n'entend pas ailleurs — et souvent gratuitement —, ainsi que les jeunes compositeurs et les jeunes artistes qui n'ont aucune autre tribune de ce type.»
Véronique Lacroix, directrice de l'Ensemble contemporain de Montréal, se dit «horrifiée»: «Je ne parviens pas encore à l'imaginer; les conséquences sont énormes pour les ensembles musicaux et le public, très attaché à ce lieu et très ouvert.» Elle qualifie cette salle de «petit miracle» et s'étonne: «C'est comme si la Ville nous disait que la musique, ce n'est pas important.» Quant à la prise en main par les organismes, elle a du mal à la conceptualiser pour l'instant: «On est déjà très occupés à faire vivre nos ensembles, alors s'occuper en plus d'une salle... »
Du côté de la mairie, par la voix de Catherine Sérigny, conseillère associée à la culture, on est plus optimiste: «On rend disponible ce lieu. On veut recevoir des propositions.» Elle précise que la décision avait été prise dans le cadre du budget en novembre 2007 et que le partenaire pourrait très bien être une fondation ou une université. La programmation musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur coûtait 250 000 $ par an. Pourquoi la Chapelle? «C'était l'équipement culturel qui nous semblait le plus approprié pour trouver un partenaire, et nous sommes convaincus de trouver un partenaire idéal pour assurer la pérennité de cet endroit.»
Collaborateur du Devoir
Il ne s'agit pas d'une fermeture aux activités musicales ou d'un changement de vocation du lieu. La direction du développement culturel encourage des organismes ou regroupements d'organismes à lui faire des propositions de partenariat pour maintenir la vocation musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur. La date limite de dépôt de ces propositions est le 28 avril 2008, un délai pour le moins rapproché. La Ville mettra à la disposition des partenaires le lieu, les instruments et les équipements techniques.
La décision a été prise dans le cadre du «contexte budgétaire extrêmement serré de la Ville de Montréal». Comme le dit Olga Ranzenhofer, l'animatrice du Quatuor Molinari, avec humour et fatalisme: «Entre ça et le déneigement, ça n'a pas d'allure!» Passé l'effet de surprise, celle-ci, qui comptait tenir l'ensemble de sa saison à venir à la Chapelle, est plutôt décidée à agir qu'à se lamenter: «Les organismes doivent se dépêcher et s'organiser pour montrer que la Chapelle est un lieu vivant.» Que se passera-t-il si cette organisation ne se fait pas avant fin avril?
Le dernier événement prévu sera la compétition du Prix Europe, et c'est tout un symbole. Car la Chapelle historique du Bon-Pasteur est depuis 1988 une maison ouverte à la musique et à la culture (expositions, conférences et cours de maître), mais aussi la seule scène ouverte à de nombreux jeunes artistes.
Guy Soucie, directeur de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, partagé entre «surprise et incompréhension», a été mis au courant mardi de la semaine dernière. «Je n'ai rien vu venir», dit-il au Devoir, visiblement très affecté. «Je ne comprends pas que Montréal, qui développe une politique culturelle et se veut la métropole culturelle au pays, arrête la diffusion culturelle à la Chapelle!»
À ses yeux, même si la diffusion musicale se poursuit, elle ne sera sans doute pas aussi large. Les premiers lésés seront, selon Guy Soucie, «le public, qui peut entendre à la Chapelle ce qu'il n'entend pas ailleurs — et souvent gratuitement —, ainsi que les jeunes compositeurs et les jeunes artistes qui n'ont aucune autre tribune de ce type.»
Véronique Lacroix, directrice de l'Ensemble contemporain de Montréal, se dit «horrifiée»: «Je ne parviens pas encore à l'imaginer; les conséquences sont énormes pour les ensembles musicaux et le public, très attaché à ce lieu et très ouvert.» Elle qualifie cette salle de «petit miracle» et s'étonne: «C'est comme si la Ville nous disait que la musique, ce n'est pas important.» Quant à la prise en main par les organismes, elle a du mal à la conceptualiser pour l'instant: «On est déjà très occupés à faire vivre nos ensembles, alors s'occuper en plus d'une salle... »
Du côté de la mairie, par la voix de Catherine Sérigny, conseillère associée à la culture, on est plus optimiste: «On rend disponible ce lieu. On veut recevoir des propositions.» Elle précise que la décision avait été prise dans le cadre du budget en novembre 2007 et que le partenaire pourrait très bien être une fondation ou une université. La programmation musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur coûtait 250 000 $ par an. Pourquoi la Chapelle? «C'était l'équipement culturel qui nous semblait le plus approprié pour trouver un partenaire, et nous sommes convaincus de trouver un partenaire idéal pour assurer la pérennité de cet endroit.»
Collaborateur du Devoir
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

