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Montréal mettra fin à sa programmation de concerts à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, dès cet été

Christophe Huss   11 mars 2008  Musique
La Chapelle historique du Bon-Pasteur est depuis 1988 une maison ouverte à la musique et à la culture, mais aussi la seule scène ouverte à de nombreux jeunes artistes.
Photo : Pascal Ratthé
La Chapelle historique du Bon-Pasteur est depuis 1988 une maison ouverte à la musique et à la culture, mais aussi la seule scène ouverte à de nombreux jeunes artistes.
La Ville de Montréal a fait part hier, dans une note à l'intention des organismes du milieu montréalais de la musique, de sa décision de mettre fin à sa programmation de concerts à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à compter de l'été 2008.

Il ne s'agit pas d'une fermeture aux activités musicales ou d'un changement de vocation du lieu. La direction du développement culturel encourage des organismes ou regroupements d'organismes à lui faire des propositions de partenariat pour maintenir la vocation musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur. La date limite de dépôt de ces propositions est le 28 avril 2008, un délai pour le moins rapproché. La Ville mettra à la disposition des partenaires le lieu, les instruments et les équipements techniques.

La décision a été prise dans le cadre du «contexte budgétaire extrêmement serré de la Ville de Montréal». Comme le dit Olga Ranzenhofer, l'animatrice du Quatuor Molinari, avec humour et fatalisme: «Entre ça et le déneigement, ça n'a pas d'allure!» Passé l'effet de surprise, celle-ci, qui comptait tenir l'ensemble de sa saison à venir à la Chapelle, est plutôt décidée à agir qu'à se lamenter: «Les organismes doivent se dépêcher et s'organiser pour montrer que la Chapelle est un lieu vivant.» Que se passera-t-il si cette organisation ne se fait pas avant fin avril?

Le dernier événement prévu sera la compétition du Prix Europe, et c'est tout un symbole. Car la Chapelle historique du Bon-Pasteur est depuis 1988 une maison ouverte à la musique et à la culture (expositions, conférences et cours de maître), mais aussi la seule scène ouverte à de nombreux jeunes artistes.

Guy Soucie, directeur de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, partagé entre «surprise et incompréhension», a été mis au courant mardi de la semaine dernière. «Je n'ai rien vu venir», dit-il au Devoir, visiblement très affecté. «Je ne comprends pas que Montréal, qui développe une politique culturelle et se veut la métropole culturelle au pays, arrête la diffusion culturelle à la Chapelle!»

À ses yeux, même si la diffusion musicale se poursuit, elle ne sera sans doute pas aussi large. Les premiers lésés seront, selon Guy Soucie, «le public, qui peut entendre à la Chapelle ce qu'il n'entend pas ailleurs — et souvent gratuitement —, ainsi que les jeunes compositeurs et les jeunes artistes qui n'ont aucune autre tribune de ce type.»

Véronique Lacroix, directrice de l'Ensemble contemporain de Montréal, se dit «horrifiée»: «Je ne parviens pas encore à l'imaginer; les conséquences sont énormes pour les ensembles musicaux et le public, très attaché à ce lieu et très ouvert.» Elle qualifie cette salle de «petit miracle» et s'étonne: «C'est comme si la Ville nous disait que la musique, ce n'est pas important.» Quant à la prise en main par les organismes, elle a du mal à la conceptualiser pour l'instant: «On est déjà très occupés à faire vivre nos ensembles, alors s'occuper en plus d'une salle... »

Du côté de la mairie, par la voix de Catherine Sérigny, conseillère associée à la culture, on est plus optimiste: «On rend disponible ce lieu. On veut recevoir des propositions.» Elle précise que la décision avait été prise dans le cadre du budget en novembre 2007 et que le partenaire pourrait très bien être une fondation ou une université. La programmation musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur coûtait 250 000 $ par an. Pourquoi la Chapelle? «C'était l'équipement culturel qui nous semblait le plus approprié pour trouver un partenaire, et nous sommes convaincus de trouver un partenaire idéal pour assurer la pérennité de cet endroit.»

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  • Denys Bouliane
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 10h24
    Sauvagerie !
    La Dissolution de la série de concerts à la Chapelle du Bon-Pasteur tient d'un acte de sauvagerie, Tout comme la dissolution de la Chaine culturelle de Radio-Canada il y a quelques années. Il est à espérer que M. le maire Tremblay et Mme Catherine Sévigny se rendent compte que cette série est essentielle au développement d'une jeune culture musicale et qu'il ne suffit pas d'aller se pavaner au Carnegie Hall avec l'OSM pour faire sembler de s'intéresser à la culture musicale. $250,000 pour une saison complète à la Chapelle historique, c'est un cadeau! C'est le prix d'un seul concert de l'OSM. Comment la ville de Montréal pense-t-elle pouvoir se permette cet acte inconsidéré? Révisez vos positions à la ville de Montréal, vous détruisez le peu d'outils que le milieu musical possède pour se constituer un patrimoine. Denys Bouliane

  • Nicole Duchemin
    Inscrite
    mardi 11 mars 2008 15h19
    Montreal Métropole Culturelle- pour le jazz la chanson de variété anglophone!
    Montréal oublie son mandat et l'obligation des gouvernements (dont municipal, provincial du Québec et fédéral et du Canada) de respecter leur Entente ratifiée de la Convention Internationale de l'UNESCO, pour la promotion et la sauvegarde de la diversité culturelle, et de la diversité musicale des genres, pour protéger nos industries culturelles nationales au pays.

    Mettre en place et appliquer des Politique,des programmes, des budgets et des mesures adéquates efficientes qui doivent faire en sorte d'améliorer le développement durable culturel, notamment pour la musique de concert non amplifiée (dite classique) et du disque spécialisé, en difficulté parce que sous-financés comparativement aux genre Populaire.

    On a pas besoin d'une nouvelle salle de spectacle pour le Festival du Jazz!

    Montreal Métropole Culturelle- oriente sa politique culturelle en maginalisant le genre classique, pour mettre le focus sur l'HUMOUR le JAZZ la CHANSON de VARIÉTÉ ANGLOPHONE au ''Quartier des Spectacles' ; et pour construire un nouveau ''Complexe culturel-La Place des Festivals''à l'Ilot Balmoral, avec une salle de spectacle , de connivence avec l'appui financier et la vision du ''Forum des Équipements culturels'' de la Ville de Montréal et du Ministère de la Culture et des Conmmunications du Québec.

    Le Complexe de la Place-des Arts a cinq salle multidsiciplinaires, disponibles pour acceuilir les spectacles de variété et de JAZZ. . Tandis que l'OSM n'a pas encore une salle de concert décente, et il n'y a ucune ''Maison d'opera'' a Montréal pour acceuillir les chanteurs et musiciens québécois de calibre national et international.

    L'inculture de nos élus et décideurs, plus il y en a et plus ça s'étand comme la confiture de mauvais goût des marques bon marché de commerce.

  • Denis Gougeon
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 16h43
    Myopie et politique culturelle
    Nouvelle consternante! Depuis 20 ans, la Chapelle Historique, grâce au travail inlassable de son directeur Guy soucie, est un lieu de rencontre incontournable pour la création et la diffusion de notre musique et un lieu d'expression essentiel pour les jeunes musiciens. Comment peut-on penser que la vocation de ce lieu restera la même si un parternaire investit son propre argent? Il voudra, d'une façon ou d'une autre, rentabiliser son investissement. Et comment la mairie peut-elle de façon si cavalière annoncer aujourd'hui une décision prise en novembre dernier et dont personne n'a entendu parler, en ne laissant qu'un peu plus d'un mois aux organismes pour se retourner? C'est une insulte à la vie musicale et à tous ses artisans.
    Il faut absolument que la mairie revienne sur cette décision aberrante. Car une politique culturelle digne de ce nom demande une vision à long terme en cessant de remetre en question les acquis chèrement gagnés.

    Denis Gougeon (denis.gougeon@umontreal.ca)

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 20h38
    L'hypocrisie municipale...
    Autre preuve de l'hypocrisie de l'administration Tremblay! On annonce à grands frais des projets que les faits viennent constamment contredire autant en culture qu'en environnement!
    Des "plans verts" bafoués par le construction d'autoroutes (rue Notre-Dame et prolongation de la 25) et une "métropole culturelle" où l'on méprise des institutions comme la Chapelle historique du Bon-Pasteur! Pendant ce temps, la bureaucratie monréalaise se perpétue de mairets en sous-fifres superfétatoires!

  • Marc Lavallée
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 22h12
    Une décision stupide et déplorable.
    Peu après l'ouverture de la chapelle, j'ai participé en tant qu'aide technicien pour un concert électro-acoustique avec Alain Trudel au trombone. Je me rappelle avoir dérangé un peu la violoncelliste "free jazz" Joëlle Léandre pendant sa répétition (quel caractère). C'était comme ça il y a plus de 20 ans déjà. Dès le début, c'était un lieu important et effervescent pour la culture musicale à Montréal. Un lieu intime, très bien équipé, propice à la communication entre le public et les artistes. J'espère que ce lieu magique continuera de jouer son rôle unique à Montréal. Je partage totalement le point de vue de Denys Bouliane; ce qui se passe depuis quelques années, c'est du sabotage.

  • Catherine Carignan
    Inscrite
    mardi 11 mars 2008 23h11
    Une atteinte à la fierté
    Au fil des années, j'ai eu le plaisir de participer à de nombreux événements musicaux à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, et c'est avec consternation que j'ai appris que la ville de Montréal avait décidé de mettre fin à sa programmation musicale à la Chapelle.

    Partout où je vais au Canada et à l'étranger, je n'entends que des éloges à propos de Montréal, et je ne voudrais pour rien au monde perdre une once de la fierté que je ressens en songeant que j'y ai fait mes études musicales. Cependant, je me trouverais forcée de renoncer à une grande partie de cette fierté si la ville se détachait d'une communauté aussi riche que celle qui fréquente la Chapelle.

    Le rayonnement de la ville et de ses artistes à l'étranger dépend de l'implication de son administration dans la culture; il est donc naturellement dans le plus grand intérêt de la ville de Montréal de continuer à soutenir la musique et les arts, et j'espère vivement que les élus municipaux reviendront bien vite sur leur décision de compromettre une longue tradition d'excellence et de diversité musicale à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.

  • Cristina Garcia Islas
    Inscrite
    mercredi 12 mars 2008 00h05
    Un problème mondial
    On parle beaucoup de la nécessité d'une amélioration social, économique et politique, de l'excellence artistique nécessaire et de nouvelles propositions mais...
    Qu'est-on en train de laisser à nos générations de jeunes artistes, des mots, ou bien des possibilités tangibles et présentes? Des lieux-fantôme ou bien des endroits pour créer et continuer l'élan?
    Un monde pris dans les machines ou bien un espace encore disponible pour nous, générations à venir...?

    Ceci est un problème mondial et c'est pour cela que j'élève ma protestation. Je suis aujourd'hui à Montréal où je fais partie de cette communauté et je défends la position de tous ceux et celles qui ont, tout comme moi, eu l'opportunité de participer à la Chapelle Historique du Bon Pasteur.

    Comme étudiante étrangère, comme jeune compositrice avec des idéaux qui ne resteront pas seulement comme de la poussière écrite, je fais part de ma grande tristesse, indignation et déception.

    Le français n'est peut-être pas ma langue maternelle, mais la musique c'est bien ma vie.

    Non à la dissolution de la série de concerts de la Chapelle Historique du Bon Pasteur!!!!

    Cristina Garcia Islas

  • Simon Martin
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 13h12
    L'envie de mordre.
    Ce qu'il y a de bien avec le Quartier des Pestacles, c'est qu'il permet des annonces-pestacle. Rien de bien méchant jusqu'ici.
    Mais si on reprend en coulisse d'une main ce que l'on donne en pestacle de l'autre, eh bien ça laisse poindre une contrariété.
    Et si en plus, pour le profit d'entreprises culturelles, ce sont les efforts des « petits » créateurs d'art que l'on sape, alors là j'ai bien envie de mordre (d'autant que mon salaire de compositeur me laisse sur mon appétit).

    Ainsi j'aimerais dire ceci à la Ville de Montréal : svp, d'ici à ce que vous aillez une vision pour la création d'art d'ici, aillez au moins l'amabilité de me laisser un os à ronger - en l'occurrence, il faut le dire, une salle formidable.

  • Pierre Michaud
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 16h47
    Alors...nous en sommes rendus là ?!?
    « En ce temps de famine, les groupes expérimentaux devront se contenter de leur enthousiasme. » V.I. Lénine 1919

    Monsieur le maire, en ma qualité de compositeur (bien que je commence à douter qu'il s'agisse d'une qualité), je ne peux faire autrement que d'agir suite à cette nouvelle profondément bouleversante au sujet de la Chapelle historique du Bon-Pasteur.

    Contrairement à mes collègues, j'avoue que je comprenne votre décision. Pourquoi subvenir aux besoins des artistes sans avoir des retombées économiques immédiates en retour ? Avouons-le, nous sommes assez intelligents maintenant pour comprendre que les quatuors de Schubert, qui ont été joués de son vivant devant une poignée de gens dans un salon, sont des oeuvres assez médiocres n'est-ce pas ? Et de surcroit, ces quatuors représentent un élitisme fort heureusement résolu! Je préfère de loin le Vaudeville, bien plus représentatifs de cette époque. Monsieur le maire, votre décision s'inscrit dans une tendance des plus modernes : éliminer la diversité qui faisait jadis la fierté de Montréal pour faire place aux supermarchés du spectacle...c'est beaucoup plus pratique !

    J'avoue que je croyais naïvement que l'Art devait servir la pensée, mais aujourd'hui je comprend que l'art est plutôt là pour nourrir la panse, du moins celle des producteurs et des bailleurs de fonds. Enfant de réforme, je n'ai jamais été très fort en orthographe, c'est tout probablement ça le problème... Merci de m'avoir fait comprendre cette subtilité de la langue française que je maîtrise fort mal.

    Dommage que la Chapelle historique du Bon-Pasteur soit classé édifice patrimonial, elle aurait pu être rasée tout simplement pour faire plus de place à votre quartier des spectacles... À quand des lois pour protéger également le patrimoine artistique ? Non, ce serait beaucoup trop... un artiste travaille mieux la panse vide, merci ! D'une façon ou d'une autre un vieux sage m'a déjà dit qu'un bon compositeur est un compositeur mort.

    Bien à vous,
    Pierre Michaud
    Compositeur

  • danielle leblanc
    Inscrite
    lundi 17 mars 2008 18h38
    J'ai honte de Toi Ville qui m'a vu naître ! ? !
    Bonjour,
    Qu'elles sont les instances qui sont à blâmer pour cette décision, je crois que le manque d'argent n'est pas la seule raison qui motive une décision que je qualifie de partiale et arbitraire...Je sais pour l'avoir vécu qu'un lieu, où peut s'épanouir tous les arts quelqu'ils soient, doit être une priorité dans les dépenses prévues par une ville qui a à coeur le développement culturel de ceux qui habitent sa ville! J'ai vécu des expériences inoubliables dans un tel lieu, car les peintres, les musiciens, les amoureux de l'art vocal, de la sculpture, et toutes les autres formes d'art qui se greffent à ceux qui précèdent, ont comme effet d'enrichir l'âme de beauté et la tête de connaissances...Alors, je crois, non, je suis certaine qu'un tel lieu est une priorité dans une ville comme Montréal et que celle-ci se fera un "point d'honneur" de garder à sa ville un "fleuron" qu'elle aura plaisir à voir s'épanouir sous ses yeux remplis de fierté! ! ! N'oubliez pas qu'une qui laisse fuir l'art sous toutes ses formes devient une ville qui laisse de la place pour le mal et la laideur.
    Danielle, la louve solitaire

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