Henri Salvador, 1917-2008 - L'ultime pied-de-nez
Photo : Agence France-Presse
«Mon rire, c’est mon arme. C’est aussi mon paravent», disait Henri Salvador.
Monsieur Henri doit rigoler, là où il est, avec Carlos tout récemment arrivé et l'ami Boris qui avait le blouse du dentiste à force de l'attendre pour faire la fête. Il doit rigoler parce qu'il y a de quoi rigoler. C'est quand même l'ultime pied-de-nez. Allez, hop! Rupture d'anévrisme, crac boum hue, on lève les pattes et on n'en parle plus. Expédiée, la mort. Et vive la vie, 90 ans durant. Célébrons-la.
Henri Gabriel Salvador est mort subitement à 10h30 hier, chez lui à Paris. Mot clé: subitement. Subito presto. Pas de traînerie. Pas de longue maladie. Pas de centenaire grabataire. Pensez, pas plus tard qu'avant-hier, un entrefilet du Paris Normandie confirmait sa présence «pour inaugurer le boulodrome de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, le week-end prochain». Le boulodrome Henri-Salvador, comme de raison: il avait promis de caresser le cochonnet. Le champion de pétanque ne sortait jamais sans ses boules.
On ne peut s'empêcher de sourire, fût-ce avec le regard embué. Sacré Monsieur Henri! Quelle vie réussie que celle-là! Quel formidable éclat de rire pour ainsi dire ininterrompu! C'est quand même incroyable, ce décès qui survient moins de deux mois après le spectacle d'adieu. C'était le 21 décembre dernier, au Palais des congrès: un salut digne, où l'émotion vive n'a pas empêché la rigolade et surtout pas le fameux rappel de tous les spectacles de Salvador, ce numéro burlesque où il faisait le présentateur de pub de gin de plus en plus bourré à chaque prise. «Je suis le seul qui peut tirer sa révérence encore vivant», s'était-il vanté, dixit le reportage du Nouvel Obs. Salvador voyait venir le moment où il ne pourrait plus chanter debout: autant arrêter les frais. Faut rigoler, c'était son leitmotiv: pas question d'attirer la pitié. C'est pas rigolo, la pitié.
La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, le 13 novembre 2006, à l'occasion de la sortie de Révérence, l'album de bossa dont il avait tant rêvé, enregistré au Brésil avec les Caetano Veloso et Gilberto Gil, on avait parlé de la mort. «Je crois que la mort n'existe pas. Je suis pour l'éternité. On fait partie de ce truc immense qu'est l'infini, l'univers. Tout ça tourne. On est là, on disparaît. Un arbre meurt, un autre pousse. C'est formidable! Je suis sûr qu'on réexiste. C'est pas possible que cette chose si merveilleuse qu'est la vie s'arrête comme ça. Ce serait trop con!» Et Henri Salvador d'éclater de son rire d'Henri Salvador, hoquet d'éternel gamin qui se marre.
Django, Boris et les autres
Il résonne encore dans ma tête, ce rire. Il a résonné à toutes les télés et toutes les radios, hier. «Ce rire m'a beaucoup servi, vous savez», me disait-il en 2006 sur le ton de la confidence, comme s'il n'avait pas expliqué le truc mille fois à mille autres. «J'ai rien foutu à l'école, moi, j'étais un nul. Et en étant nul, je me trouvais des fois devant des gens vachement intelligents qui sortaient des phrases, alors je me servais de mon rire. Je me mettais à rire, ça troublait la personne, qui ne parlait plus. Mon rire, c'est mon arme. C'est aussi mon paravent.»
Le voir et l'entendre rire en personne: ce fut un des grands bonheurs collatéraux de l'extraordinaire succès de ses années 2000, retour inespéré à l'avant de la scène déclenché par l'album Chambre avec vue (deux millions d'exemplaires vendus!), album cousu main façon bossa cool et crooner jazzy par la dentellière Keren Ann et le tailleur Benjamin Biolay, principalement. À ce succès succéda un spectacle, puis un autre, présentés chez nous aux Francos en 2002 et 2004: les deux fois, on en sortit avec la banane, large comme ça. Félicité du chroniqueur de variétés, nous fûmes gratifiés d'entrevues où on ne s'ennuyait pas. «Salut cousin!», m'envoya-t-il la dernière fois, me tapotant la bedaine trop réjouie. «Faut arrêter la bière, mon p'tit gars!»
Quand on l'avait devant soi, forcément, on pensait Django Reinhardt, Ray Ventura, Boris Vian, Bernard Dimey, Antonio Carlos Jobim. Entre les pouffées, on accusait le coup. On se repassait sa bio, fabuleuse. La naissance à Cayenne, en Guyane, le 18 juillet 1917, de parents guadeloupéens. Paris à 12 ans. Le coup de foudre pour le jazz à 15 ans. Django sur les ondes de la TSF. Henri fou de guitare. Les débuts avec son frère André, en duo. Les boeufs du Jimmy's Bar. Et puis le service militaire pas drôle du tout: «On se faisait chier, se rappelait-il en 2006. Y avait un sergent qui m'aimait pas. J'ai failli y perdre mes mains, tellement il m'a fait laver de planchers avec de l'eau glacée.» Enfin la quille, retour au Jimmy's Bar, il joue avec Django. «Le premier soir, j'étais assis à la droite de Django. Et lui s'est aperçu que moi, je regardais ses doigts pour piquer ses accords. Le lendemain, il m'a mis à gauche! Ha ha ha!»
Après Django, le monde. Ray Ventura le prend dans son orchestre de Collégiens: c'est la guerre, au revoir la France, bonjour l'Amérique du Sud. Le Brésil l'aime, il aime le Brésil, ça lui restera. Premiers enregistrements. Déjà ce timbre caressant, cette voix qui susurre. Retour trépidant: fini les Collégiens, il cartonne en solo, chante Clopin-clopant en 78-tours, assure les levers de rideau du Quintette du Hot Club de France. Saint-Germain-des-Prés trépigne, Henri bondit. Dans le film Nous irons à Paris, sur les écrans en 1950, il a un numéro à la fin, où il saute partout. Sur sa lancée, il saute d'un continent à l'autre: premier spectacle à Montréal en 1950 itou, au Monument-National (d'après Olivier Miquel, dans la bio Le Rire du destin, parue l'an dernier aux Éditions du Moment). La même année, son immortelle des immortelles est immortalisée: le titre en est Le Loup, la Biche et le Chevalier, mais tout le monde chante «une chanson douce».
Et voilà Boris. Le grand pote. «On causait jazz des jours durant», évoquait-il lors d'un entretien téléphonique en 2003. «Mais avant de parler, on écoutait d'abord un disque. C'était notre rituel quand il venait à la maison. On écoutait le disque de Count Basie, par exemple, celui où il y a la bombe atomique sur la pochette, et puis on parlait. Et il m'apprenait des trucs. Lui, c'était un superbe cerveau. Moi, j'étais un nul [décidément!], mais j'avais le rythme et de l'humour. Je me suis instruit à ses dépens.» Ensemble, entre les coups de génie (Trompette d'occasion, Blouse du dentiste, Faut rigoler), ils se paient la gueule du rock'n'roll. Quatre ans avant que le petit Jean-Philippe ne se fasse Johnny, Henry Cording And His Original Rock And Roll Boys, à savoir Henri, Boris (alias Vernon Sinclair) et Michel Legrand (Mig Bike), ne l'envoient pas dire à Elvis: Va t'faire cuire un oeuf, man!
Entre amuseur attitré et arroseur arrosé
Épisode légendaire parmi d'autres. Il y a aussi la genèse de la bossa. Ce n'est pas une légende: c'est bel et bien inspiré par le rythme chaloupé d'une chanson d'Henri Salvador, Dans mon île, qu'Antonio Carlos Jobim «invente» la bossa nova. L'intéressé l'a admis. Salvador a renchéri dans L'Express en 2001: «En l'entendant, il se serait exclamé: "Voilà ce qu'il faut faire, ralentir la samba et rajouter des accords de jazz." Alors, maintenant, je crâne un peu.» Arrivent les années 60, le rock'n'roll a la cote, puis le twist, puis le yéyé. Salvador aime les chansons douces et en enregistre (mentionnons l'exquise Syracuse, écrite par Dimey), mais il aime aussi bouffer autre chose que des pois chiches. Commence sa période dite «alimentaire»: tout un tas de tubes rigolards, frôlant le bébête, s'y vautrant parfois. Henri se déguise, Henri déconne, Henri survit, faisant au passage le bonheur de générations de petits Français avec ses Minnie petite souris, Le lion est mort ce soir, Le travail c'est la santé, Da da niet niet niet et autres Zorro est arrivé. «J'en ai chanté, des conneries!», déclarait-il en conférence de presse à Montréal en 2004.
Il en aura chanté au point d'être bombardé amuseur attitré, tarte à la crème des émissions de variétés jusque dans les années 80. L'arroseur était arrosé, le chanteur piégé. On mesure la satisfaction ressentie quand Chambre avec vue, avec ses ballades suaves et ses bossas calorifères, efface tout et célèbre Salvador le crooner, tels ses idoles Nat King Cole et Sinatra. Un autre album suit, Ma chère et tendre, plus orchestré, plus jazzy. En spectacle, l'octogénaire hilare s'offre la totale, big band grand luxe, tout le monde en blanc, chic absolu. Douce revanche. «Je me régale, disait-il aux médias montréalais en 2004. Je m'aperçois que le public est aussi ravi que lorsque je faisais le pitre.»
Révérence, le disque brésilien, aura bouclé la boucle, consacrant le précurseur. «Révérence à la scène, pas au disque», insistait le chanteur en 2006. «J'ai encore une voix jeune. Je peux encore chanter. Je compose. Je ne peux pas laisser tomber le disque. Et puis, je ne peux pas arrêter parce que là on peut mourir de vieillesse!» Sacré Henri. À 90 ans, il a trouvé le moyen de mourir jeune.
Henri Gabriel Salvador est mort subitement à 10h30 hier, chez lui à Paris. Mot clé: subitement. Subito presto. Pas de traînerie. Pas de longue maladie. Pas de centenaire grabataire. Pensez, pas plus tard qu'avant-hier, un entrefilet du Paris Normandie confirmait sa présence «pour inaugurer le boulodrome de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, le week-end prochain». Le boulodrome Henri-Salvador, comme de raison: il avait promis de caresser le cochonnet. Le champion de pétanque ne sortait jamais sans ses boules.
On ne peut s'empêcher de sourire, fût-ce avec le regard embué. Sacré Monsieur Henri! Quelle vie réussie que celle-là! Quel formidable éclat de rire pour ainsi dire ininterrompu! C'est quand même incroyable, ce décès qui survient moins de deux mois après le spectacle d'adieu. C'était le 21 décembre dernier, au Palais des congrès: un salut digne, où l'émotion vive n'a pas empêché la rigolade et surtout pas le fameux rappel de tous les spectacles de Salvador, ce numéro burlesque où il faisait le présentateur de pub de gin de plus en plus bourré à chaque prise. «Je suis le seul qui peut tirer sa révérence encore vivant», s'était-il vanté, dixit le reportage du Nouvel Obs. Salvador voyait venir le moment où il ne pourrait plus chanter debout: autant arrêter les frais. Faut rigoler, c'était son leitmotiv: pas question d'attirer la pitié. C'est pas rigolo, la pitié.
La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, le 13 novembre 2006, à l'occasion de la sortie de Révérence, l'album de bossa dont il avait tant rêvé, enregistré au Brésil avec les Caetano Veloso et Gilberto Gil, on avait parlé de la mort. «Je crois que la mort n'existe pas. Je suis pour l'éternité. On fait partie de ce truc immense qu'est l'infini, l'univers. Tout ça tourne. On est là, on disparaît. Un arbre meurt, un autre pousse. C'est formidable! Je suis sûr qu'on réexiste. C'est pas possible que cette chose si merveilleuse qu'est la vie s'arrête comme ça. Ce serait trop con!» Et Henri Salvador d'éclater de son rire d'Henri Salvador, hoquet d'éternel gamin qui se marre.
Django, Boris et les autres
Il résonne encore dans ma tête, ce rire. Il a résonné à toutes les télés et toutes les radios, hier. «Ce rire m'a beaucoup servi, vous savez», me disait-il en 2006 sur le ton de la confidence, comme s'il n'avait pas expliqué le truc mille fois à mille autres. «J'ai rien foutu à l'école, moi, j'étais un nul. Et en étant nul, je me trouvais des fois devant des gens vachement intelligents qui sortaient des phrases, alors je me servais de mon rire. Je me mettais à rire, ça troublait la personne, qui ne parlait plus. Mon rire, c'est mon arme. C'est aussi mon paravent.»
Le voir et l'entendre rire en personne: ce fut un des grands bonheurs collatéraux de l'extraordinaire succès de ses années 2000, retour inespéré à l'avant de la scène déclenché par l'album Chambre avec vue (deux millions d'exemplaires vendus!), album cousu main façon bossa cool et crooner jazzy par la dentellière Keren Ann et le tailleur Benjamin Biolay, principalement. À ce succès succéda un spectacle, puis un autre, présentés chez nous aux Francos en 2002 et 2004: les deux fois, on en sortit avec la banane, large comme ça. Félicité du chroniqueur de variétés, nous fûmes gratifiés d'entrevues où on ne s'ennuyait pas. «Salut cousin!», m'envoya-t-il la dernière fois, me tapotant la bedaine trop réjouie. «Faut arrêter la bière, mon p'tit gars!»
Quand on l'avait devant soi, forcément, on pensait Django Reinhardt, Ray Ventura, Boris Vian, Bernard Dimey, Antonio Carlos Jobim. Entre les pouffées, on accusait le coup. On se repassait sa bio, fabuleuse. La naissance à Cayenne, en Guyane, le 18 juillet 1917, de parents guadeloupéens. Paris à 12 ans. Le coup de foudre pour le jazz à 15 ans. Django sur les ondes de la TSF. Henri fou de guitare. Les débuts avec son frère André, en duo. Les boeufs du Jimmy's Bar. Et puis le service militaire pas drôle du tout: «On se faisait chier, se rappelait-il en 2006. Y avait un sergent qui m'aimait pas. J'ai failli y perdre mes mains, tellement il m'a fait laver de planchers avec de l'eau glacée.» Enfin la quille, retour au Jimmy's Bar, il joue avec Django. «Le premier soir, j'étais assis à la droite de Django. Et lui s'est aperçu que moi, je regardais ses doigts pour piquer ses accords. Le lendemain, il m'a mis à gauche! Ha ha ha!»
Après Django, le monde. Ray Ventura le prend dans son orchestre de Collégiens: c'est la guerre, au revoir la France, bonjour l'Amérique du Sud. Le Brésil l'aime, il aime le Brésil, ça lui restera. Premiers enregistrements. Déjà ce timbre caressant, cette voix qui susurre. Retour trépidant: fini les Collégiens, il cartonne en solo, chante Clopin-clopant en 78-tours, assure les levers de rideau du Quintette du Hot Club de France. Saint-Germain-des-Prés trépigne, Henri bondit. Dans le film Nous irons à Paris, sur les écrans en 1950, il a un numéro à la fin, où il saute partout. Sur sa lancée, il saute d'un continent à l'autre: premier spectacle à Montréal en 1950 itou, au Monument-National (d'après Olivier Miquel, dans la bio Le Rire du destin, parue l'an dernier aux Éditions du Moment). La même année, son immortelle des immortelles est immortalisée: le titre en est Le Loup, la Biche et le Chevalier, mais tout le monde chante «une chanson douce».
Et voilà Boris. Le grand pote. «On causait jazz des jours durant», évoquait-il lors d'un entretien téléphonique en 2003. «Mais avant de parler, on écoutait d'abord un disque. C'était notre rituel quand il venait à la maison. On écoutait le disque de Count Basie, par exemple, celui où il y a la bombe atomique sur la pochette, et puis on parlait. Et il m'apprenait des trucs. Lui, c'était un superbe cerveau. Moi, j'étais un nul [décidément!], mais j'avais le rythme et de l'humour. Je me suis instruit à ses dépens.» Ensemble, entre les coups de génie (Trompette d'occasion, Blouse du dentiste, Faut rigoler), ils se paient la gueule du rock'n'roll. Quatre ans avant que le petit Jean-Philippe ne se fasse Johnny, Henry Cording And His Original Rock And Roll Boys, à savoir Henri, Boris (alias Vernon Sinclair) et Michel Legrand (Mig Bike), ne l'envoient pas dire à Elvis: Va t'faire cuire un oeuf, man!
Entre amuseur attitré et arroseur arrosé
Épisode légendaire parmi d'autres. Il y a aussi la genèse de la bossa. Ce n'est pas une légende: c'est bel et bien inspiré par le rythme chaloupé d'une chanson d'Henri Salvador, Dans mon île, qu'Antonio Carlos Jobim «invente» la bossa nova. L'intéressé l'a admis. Salvador a renchéri dans L'Express en 2001: «En l'entendant, il se serait exclamé: "Voilà ce qu'il faut faire, ralentir la samba et rajouter des accords de jazz." Alors, maintenant, je crâne un peu.» Arrivent les années 60, le rock'n'roll a la cote, puis le twist, puis le yéyé. Salvador aime les chansons douces et en enregistre (mentionnons l'exquise Syracuse, écrite par Dimey), mais il aime aussi bouffer autre chose que des pois chiches. Commence sa période dite «alimentaire»: tout un tas de tubes rigolards, frôlant le bébête, s'y vautrant parfois. Henri se déguise, Henri déconne, Henri survit, faisant au passage le bonheur de générations de petits Français avec ses Minnie petite souris, Le lion est mort ce soir, Le travail c'est la santé, Da da niet niet niet et autres Zorro est arrivé. «J'en ai chanté, des conneries!», déclarait-il en conférence de presse à Montréal en 2004.
Il en aura chanté au point d'être bombardé amuseur attitré, tarte à la crème des émissions de variétés jusque dans les années 80. L'arroseur était arrosé, le chanteur piégé. On mesure la satisfaction ressentie quand Chambre avec vue, avec ses ballades suaves et ses bossas calorifères, efface tout et célèbre Salvador le crooner, tels ses idoles Nat King Cole et Sinatra. Un autre album suit, Ma chère et tendre, plus orchestré, plus jazzy. En spectacle, l'octogénaire hilare s'offre la totale, big band grand luxe, tout le monde en blanc, chic absolu. Douce revanche. «Je me régale, disait-il aux médias montréalais en 2004. Je m'aperçois que le public est aussi ravi que lorsque je faisais le pitre.»
Révérence, le disque brésilien, aura bouclé la boucle, consacrant le précurseur. «Révérence à la scène, pas au disque», insistait le chanteur en 2006. «J'ai encore une voix jeune. Je peux encore chanter. Je compose. Je ne peux pas laisser tomber le disque. Et puis, je ne peux pas arrêter parce que là on peut mourir de vieillesse!» Sacré Henri. À 90 ans, il a trouvé le moyen de mourir jeune.
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