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Musique classique - Le grand marché Opus

Christophe Huss   28 janvier 2008  Musique
Les prix Opus de la musique classique, organisés par le Conseil québécois de la musique, ont été remis hier à la Salle Claude-Champagne. Les 26 prix touchent toutes sortes de disciplines, de la production de concerts à la rédaction d'articles musicologiques, en passant par l'édition de disques. Le nombre de trophées et leur éventail ont permis de faire plaisir à beaucoup de monde.

L'édition 2007 a été marquée par un hommage au compositeur Otto Joachim, 98 ans. Son fils, Davis Joachim, directeur général du Centre d'arts Orford, a joué une oeuvre de son père, auquel Claude Gingras a rendu hommage.

Dans la catégorie des concerts, l'événement montréalais de l'année est l'intégrale Bartok du Quatuor Molinari en décembre 2006 — à Québec, c'est un concert Grieg de l'OSQ, et en région, le récital de Marie-Nicole Lemieux à Orford. Le Festival de Lanaudière a été distingué comme diffuseur de l'année, ce qui était bien le moins...

Parmi les autres lauréats dans les catégories des concerts, on trouve le Studio de musique ancienne de Montréal pour Le Ciel des terres froides, présenté lors du Festival Montréal Baroque, Yannick Nézet-Séguin dirigeant Bruckner et Quasar. L'OSM est au palmarès pour Marisol et Rémi sur le chemin de la nuit, un concert pour enfants. Doit-on en conclure qu'aucune prestation de Kent Nagano au cours de la saison 2006-07 n'a valu un quatuor de Bartok par les Molinari ou la 7e Symphonie de Bruckner par Yannick Nézet-Séguin?

La question mérite au moins d'être posée, même si Kent Nagano et l'OSM ont été récompensés au titre d'événement musical de l'année pour la 9e Symphonie de Beethoven. Vu le battage médiatique qui l'avait entouré, l'événement était assez incontournable.

De tout, pour tous

Dans les catégories discographiques, on relève l'absence de disques Analekta. Pour entrer en lice, en effet, il faut soumettre des candidatures, soumissions, qui, comme dans bien des manifestations de ce type en Amérique du Nord, sont payantes. Heureusement des disques très valables avaient été proposés, dont Membra Jesu Nostri de Buxtehude par Les Voix Baroques et les mélodies de Théodore Dubois par le baryton Marc Boucher, qui l'ont emporté.

Le palmarès ne serait pas complet sans les prix décernés à des individus ou organismes. Si certains tombent sous le sens, comme Marianne Fiset, découverte de l'année, d'autres sont plus énigmatiques. Comment les excellentes Voix humaines peuvent-elles être «interprètes de l'année», alors qu'aucun de leurs concerts ou de leurs disques n'est primé pour cette même année? Dans ces catégories, le Quatuor Bozzini a été distingué pour son rayonnement à l'étranger, Véronique Lacroix au titre de directrice artistique de l'année et Serge Arcuri en tant que compositeur de l'année.

Collaborateur du Devoir






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