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    Metropolitan opera - Votre cinéma n'est pas un cinéma...

    Retransmissions en direct des représentations: le directeur général a fait entrer le Met dans une nouvelle ère

    17 décembre 2007 |Christophe Huss | Musique
    Le succès des retransmissions en direct des représentations du Metropolitan Opera de New York dans les cinémas ne se dément pas. Samedi, pour la première de la saison 2007-08, la diffusion de Roméo et Juliette de Gounod, non seulement le nombre de cinémas diffuseurs avait augmenté, mais, au sein des Cineplex participants, de nouvelles salles ont été ouvertes. Le Colossus Laval, qui avait pris le train en marche à la troisième diffusion de la saison précédente, a ouvert une seconde salle, la remplissant d'ailleurs autant que la première...

    «Votre cinéma n'est pas un cinéma, c'est un satellite du Metropolitan Opera» a dit en préambule Peter Gelb, le directeur général qui a fait entrer le Met dans une nouvelle ère. L'Amérique du Nord reste le bastion des diffusions, mais celles-ci atteignent aussi à présent l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche, les Pays-Bas, l'Australie et quelques autres pays.

    Pour bien marquer sa différence par rapport aux initiatives naissantes tentant de surfer sur la vague du succès de ce nouveau genre créé par le Met, la maison new-yorkaise a soigné samedi la dimension «comme si vous y étiez», invitant les cameras sur scène pendant les changements de scènes. On a ainsi vu Anna Netrebko faire la fofolle et Roberto Alagna taper sur l'épaule du doyen Robert Lloyd, qui incarnait Frère Laurent. Renée Fleming a repris le rôle d'hôtesse-présentatrice laissé vacant par la mort de Beverly Sills.

    La diffusion s'est passée sans anicroche technique. On a hâte de retrouver le metteur en images Brian Large, car son collègue Gary Halvorson reste prisonnier de sa nervosité. Ses incessants changements de plans étaient fort agaçants à l'acte 1. Il s'est calmé un peu par la suite. Ces diffusions n'ont pas besoin d'un cinéaste virtuose et agité, mais d'un simple témoin d'une action théâtrale. À l'actif de Gary Halvorson: la beauté esthétique de la plupart des plans et cadrages: celui, dans la scène d'amour, du lit de Roméo et Juliette semblant flotter dans le cosmos, restera dans les mémoires.

    Par rapport à la première saison, il m'a semblé que le Met essayait samedi un nouveau procédé de prise de son, privilégiant une certaine spatialisation au détriment du focus sonore. L'expérience, sans être négative, n'est pas foncièrement concluante à mes yeux, d'autant que ce son fluctuait un peu.

    Pour le reste, les spectateurs en ont eu plein les yeux et les oreilles avec de la marqueterie en trompe-l'oeil qui nous transportait quasiment à Urbino et des rappels constants que le siècle de Roméo et Juliette est aussi celui de l'astronomie. La production de Guy Jossten est une merveille, et tant Anna Netrebko que Roberto Alagna ont été à la hauteur des attentes les plus élevées.

    Un grand après-midi, qu'il sera possible de revivre le 5 janvier dans les Cineplex participants... On a hâte à présent de voir la qualité de diffusion des opéras au Cinéma du Parc, qui a entamé samedi une série «concurrente». Il faudra attendre un peu en 2008 car le second opéra programmé, le 12 janvier (La Bohème), coïncidera également avec une diffusion en direct du Met (Macbeth). En tous cas le Cinéma du Parc nous a assuré que la source de diffusion serait des films haute définition, et non des DVD, ce qui devrait valoir, grâce à un débit optimisé, une qualité comparable (frissons du direct en moins) aux diffusions du Met.

    Collaborateur du Devoir












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