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Jérôme Minière au National - La croisière s’amuse

Philippe Papineau   26 septembre 2009 21h28  Musique
Jérôme Minière est un authentique. Une drôle bête, une drôle de bibitte. Un être à la tête bouillonnante, aux idées foisonnantes. Un musicien timide aussi, loin de la vedette rock qu’il aurait peut-être aimé être en secret. Mais un musicien fait les choses à sa façon et qui sait bien les faire. Hier soir, au National, Minière a fait monter la foule à bord de son navire. Départ pour une croisière en deux actes.

Au premier acte, le Québécois d’adoption y est allé doucement et bellement, en eaux tranquilles, entouré du bassiste Christian Miron, du batteur José Major et du guitariste Kim Ho — que l’on peut aussi retrouver dans la formation rock Creature. En tout début de concert, l’équipage y est allé d’une magnifique introduction à la pièce Trains. Des «oms» et des bruits de vents s’entremêlant avec quelques échantillons électroniques se sont lentement transformés en bruits ferroviaires, en crissements métalliques, avant que le morceau ne s’y entremêle. La croisière était bien lancée.

Un peu plus tard, Minière — qui a surtout joué la guitare hier — s’est installé au piano, avant de sortir un miroir et un bâton de maquillage. Une moustache à la lippe, il nous l’a confirmé: il nous emmenait en croisière. «C’est la partie où on vous monte un bateau!», s’est-il moqué avant d’offrir à la foule L’Amoureuse. Puis, celui qui a été nommé réalisateur de l’année au dernier gala de l’ADISQ a conclu son premier acte avec Ma tête vide et Étincelles.
La pause? Bon, puisqu’il faut vendre de la bière. Mais Minière saurait-il retrouver sa route après cette escale forcée? Lorsque les lumières de la salle se sont éteintes à nouveau, le capitaine du vaisseau a repris la barre sans broncher avec Poussière d’or, jouée sans ses moussaillons, avec beaucoup d’émotion.

Le deuxième acte allait être plus mouvementé. Le vent s’est levé et les eaux se sont déchaînées, au grand plaisir de la foule. Le présent en a dépeigné plusieurs, avant que La jeunesse est vieille comme le monde et Complainte d’un produit de l’imagination n’élèvent pour de bon le rythme cardiaque des passagers de la croisière. Heure de tombée oblige, nous avons dû sauter à l’eau à ce moment-là.

Ce qui n’a pas changé à travers ces deux actes, c’est que Minière n’a pas eu besoin de mettre du crémage, de jouer de la guitare avec ses dents... Ses chansons font le travail. Son authenticité fait le travail. Et avec ces musiciens-là sur scène, on reprendrait le bateau n’importe quand.
Jérôme Minière sera le 7 décembre à Montréal, au National, et le 13 décembre au Grand Théâtre de Québec.






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