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Spectacle - L'artiste!

Yves Bernard   3 novembre 2007  Musique
«Pour moi, René Lévesque est le symbole du Québec moderne dans tous les sens. C'était un homme du peuple qui pouvait parler au monde ordinaire, aux intellectuels et aux gens d'affaires», affirme avec enthousiasme Normand Miron, des Charbonniers de l'Enfer, lorsqu'on lui demande la raison pour laquelle il participera avec son groupe, lundi soir, à la soirée-hommage Toujours vivant! René Lévesque, événement soulignant le vingtième anniversaire du décès du fondateur du PQ. Les Charbonniers partageront la scène avec Bori, Marco Calliari, France D'Amour, Alain-François, Karkwa, Sylvie Léonard et Jean-Guy Moreau au National.

Le spectacle se veut... un spectacle justement. Plutôt que de se perdre dans la nostalgie, les organisateurs ont préféré laisser toute la place aux artistes, qui se succéderont toutes les demi-heures. Quelques collaborations sont prévues. Le chanteur-violoneux Alain-François jouera avec France D'Amour; un musicien de Karkwa accompagnera un discours patriotique livré par Sylvie Léonard et Jean-Guy Moreau reprendra le numéro qu'il avait déjà fait avec Bori, imitant Lévesque qui revient sur terre et porte un jugement sur la société d'aujourd'hui.

Entre les prestations, des extraits d'archives seront projetés sur grand écran. «Nous avons réalisé un montage vidéo de cinq minutes à partir de grands moments de télévision. En plus, nous avons trouvé un nombre impressionnant de caricatures que nous ferons voir», explique Sandy Boutin, agent de Karkwa et directeur artistique de la célébration.

Si les membres du groupe ne sont pas engagés au même titre que Loco Locass, les Patriotes de l'année 2007, certaines causes leur tiennent toutefois à coeur. Ainsi, ils ont regroupé eux-mêmes les artistes. «Puisque Lévesque était un homme de consensus qui fait encore l'unanimité au Québec, on est allés chercher des créateurs de plusieurs genres différents», précise Boutin.

«Je ne sais pas si, depuis son passage en politique, on a eu quelqu'un qui a suscité autant d'admiration chez les Québécois, quelles que soient leurs allégeances, pense quant à elle Sylvie Léonard. S'il fut une figure marquante du combat pour l'identité et la défense de notre langue qui est toujours menacée, il représentait aussi la qualité du français. Je trouvais que sa langue était la nôtre: ni celle de France, ni celle de quartier.»

«C'était une icône qui ne voulait pas d'un petit peuple qui reste à genoux, se rappelle Marco Calliari. J'ai appris récemment son opinion au sujet de la loi 101. S'il était en faveur de son adoption, il demeurait contre l'oppression. Son but n'était pas d'enlever la langue anglaise aux Anglais ou l'italienne aux Italiens. Je vais à la fête pour le remercier de sa sensibilité envers mes racines.»

«Même s'il fut politicien, il est encore aussi inspirant pour nous que Félix, reconnaît Sandy Boutin. Lorsque tu fais comme nous le choix de faire du rock en français, c'est un peu grâce à la loi 101.» «Mais il était un artiste: un artiste de la parole, tranche le Charbonnier Miron, lui-même politicien à ses heures. Quand il se présentait devant le monde, il était plus qu'un politicien, il vibrait. Il n'était pas encarcané dans la rhétorique. Ça ne le dérangeait pas de laisser passer ses sentiments. Et les arts l'interpellaient. On sait jusqu'à quel point il était amoureux de l'oeuvre de Vigneault. Lorsqu'il a perdu le référendum en 1980, il a demandé à l'auditoire d'entamer Gens du pays. À cause de cela, on va peut-être en faire une du grand Gilles lundi soir.»

Toujours vivant! René Lévesque, avec Bori, Marco Calliari, Les Charbonniers de l'Enfer, France D'Amour, Alain-François, Karkwa, Sylvie Léonard et Jean-Guy Moreau. Au théâtre Le National, lundi 5 novembre à compter de 19h. Renseignements: 514 527-9891.
 
 
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