Technologie - Madonna, Radiohead, Prince...une tendance apparaît à l'horizon
Photo : Agence Reuters
La dernière tournée de Madonna, Confessions, a produit des revenus de 260 millions.
Depuis quelques jours, la presse anglaise surveille de près un accord commercial qui pourrait envoyer une nouvelle onde de choc dans l'industrie du disque: la grande vedette de la pop Madonna quitte sa compagnie de disques pour signer avec un promoteur de spectacles.
L'histoire peut sembler banale à première vue, mais elle est symptomatique d'un nouveau paysage industriel dans le domaine du divertissement, particulièrement dans celui de la musique à l'ère d'Internet. Et si l'on considère que Madonna a toujours été en tête de la parade, qu'elle a précédé les modes et toujours vu juste avant les autres, ce n'est pas de très bon augure pour l'industrie du disque. Quitte-t-elle le bateau avant le naufrage?
Radiohead ouvre le bal
Ces derniers jours, le lancement du nouvel album de Radiohead sur Internet a mis en lumière une nouvelle façon de voir l'avenir de la distribution musicale. Pour ceux qui n'étaient pas sur la planète, je rappelle brièvement que le groupe Radiohead distribue son nouvel album par Internet et que le groupe laisse aux consommateurs la tâche de décider quelle somme ils veulent débourser pour faire l'acquisition de leurs nouvelles chansons. Une approche audacieuse, sans l'apport d'une maison de disques, qui laisse entrevoir un avenir incertain pour les grandes maisons de disques, mais moins pour les artistes établis qui n'ont plus vraiment besoin de celles-ci pour assurer leurs vieux jours.
Après Prince qui a fait la grimace à l'industrie, voici que Madonna fait image en quittant la Warner Music pour aller signer son avenir, non pas avec une autre maison de disques, mais bien avec un promoteur de spectacles et vendeur de produits dérivés. Madonna a compris que l'argent, dans son cas, ne proviendrait plus vraiment de la vente de sa musique sur CD, mais bien de l'organisation de spectacles et de la vente de produits. C'est pourquoi elle s'apprête à signer un contrat de 120 millions de dollars avec un marchand de concerts et de bébelles plutôt qu'avec une maison de disques.
Parenthèse, c'est exactement ce que René Angélil a compris depuis longtemps en misant sur un long séjour de Céline Dion à Las Vegas. Depuis 2003, plus de 4000 spectateurs paient tous les soirs entre 80 et 318 dollars pour un siège devant la Diva. Une petite fortune qui éponge les pertes de l'artiste dues au piratage de ses oeuvres sur Internet et ailleurs. Les parfums, les chandails et la commandite d'Air Canada ne sont que d'autres illustrations de la stratégie de René Angélil qui réussit à bien vivre malgré le problème du piratage.
Pour revenir à Madonna et à Live Nation, l'entente entre les deux parties est d'une durée de dix ans, Madonna aura donc 60 ans à la fin du contrat. À la signature de l'entente, une formalité puisqu'elle a déjà confirmé qu'elle acceptait l'offre de Live Nation, Madonna recevra une prime de 18 millions en plus de 17 millions en argent et en actions de l'entreprise. En échange, l'artiste s'engage à créer trois albums pendant la durée du contrat.
À l'aube de ses 50 ans, Madonna quitte la compagnie de disques qui a assuré sa promotion depuis ses débuts en 1983, et qui s'est enrichie du même coup avec la vente de centaines de millions de disques. Sans parler de la dernière tournée Confessions de 2006 qui a produit des revenus de 260 millions, selon le magazine Billboard.
Un gros promoteur
Pour ce qui est du prometteur Live Nation, celui-ci n'est quand même pas le dernier venu de l'industrie. Dès sa création en 2005, l'entreprise avait produit ou fait la promotion de plus de 28 500 événements, allant du spectacle rock en passant par des grandes tournées de comédies musicales. Selon les derniers chiffres publiés au sujet des avoirs de Live Nation, celui-ci posséderait 117 salles de spectacles un peu partout dans le monde, autant en Amérique du Nord, qu'au Sud ou en Europe. C'est d'ailleurs à Live Nation que l'on doit la plus récente édition de Live 8.
Pendant ce temps, un autre géant de la musique cherche de nouvelles pistes pour renflouer ses coffres et même prendre des parts de marché à l'iTunes Store d'Apple. Universal Music tente depuis un certain temps de conclure une entente stratégique avec des fabricants de téléphones cellulaires et baladeurs numériques pour livrer avec les nouveaux appareils un abonnement gratuit à un service de musique en ligne. Gratuit seulement en apparence puisque Universal Music toucherait un montant mensuel pour chaque appareil vendu avec un accès gratuit à son nouveau service de musique en ligne Total Music.
D'autres compagnies de disques ont été pressenties pour ouvrir leur catalogue au nouveau service de Universal, notamment Sony BMG et la Warner Music. Chez les fabricants, Microsoft qui propose le Zune a également été contacté.
***
bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
L'histoire peut sembler banale à première vue, mais elle est symptomatique d'un nouveau paysage industriel dans le domaine du divertissement, particulièrement dans celui de la musique à l'ère d'Internet. Et si l'on considère que Madonna a toujours été en tête de la parade, qu'elle a précédé les modes et toujours vu juste avant les autres, ce n'est pas de très bon augure pour l'industrie du disque. Quitte-t-elle le bateau avant le naufrage?
Radiohead ouvre le bal
Ces derniers jours, le lancement du nouvel album de Radiohead sur Internet a mis en lumière une nouvelle façon de voir l'avenir de la distribution musicale. Pour ceux qui n'étaient pas sur la planète, je rappelle brièvement que le groupe Radiohead distribue son nouvel album par Internet et que le groupe laisse aux consommateurs la tâche de décider quelle somme ils veulent débourser pour faire l'acquisition de leurs nouvelles chansons. Une approche audacieuse, sans l'apport d'une maison de disques, qui laisse entrevoir un avenir incertain pour les grandes maisons de disques, mais moins pour les artistes établis qui n'ont plus vraiment besoin de celles-ci pour assurer leurs vieux jours.
Après Prince qui a fait la grimace à l'industrie, voici que Madonna fait image en quittant la Warner Music pour aller signer son avenir, non pas avec une autre maison de disques, mais bien avec un promoteur de spectacles et vendeur de produits dérivés. Madonna a compris que l'argent, dans son cas, ne proviendrait plus vraiment de la vente de sa musique sur CD, mais bien de l'organisation de spectacles et de la vente de produits. C'est pourquoi elle s'apprête à signer un contrat de 120 millions de dollars avec un marchand de concerts et de bébelles plutôt qu'avec une maison de disques.
Parenthèse, c'est exactement ce que René Angélil a compris depuis longtemps en misant sur un long séjour de Céline Dion à Las Vegas. Depuis 2003, plus de 4000 spectateurs paient tous les soirs entre 80 et 318 dollars pour un siège devant la Diva. Une petite fortune qui éponge les pertes de l'artiste dues au piratage de ses oeuvres sur Internet et ailleurs. Les parfums, les chandails et la commandite d'Air Canada ne sont que d'autres illustrations de la stratégie de René Angélil qui réussit à bien vivre malgré le problème du piratage.
Pour revenir à Madonna et à Live Nation, l'entente entre les deux parties est d'une durée de dix ans, Madonna aura donc 60 ans à la fin du contrat. À la signature de l'entente, une formalité puisqu'elle a déjà confirmé qu'elle acceptait l'offre de Live Nation, Madonna recevra une prime de 18 millions en plus de 17 millions en argent et en actions de l'entreprise. En échange, l'artiste s'engage à créer trois albums pendant la durée du contrat.
À l'aube de ses 50 ans, Madonna quitte la compagnie de disques qui a assuré sa promotion depuis ses débuts en 1983, et qui s'est enrichie du même coup avec la vente de centaines de millions de disques. Sans parler de la dernière tournée Confessions de 2006 qui a produit des revenus de 260 millions, selon le magazine Billboard.
Un gros promoteur
Pour ce qui est du prometteur Live Nation, celui-ci n'est quand même pas le dernier venu de l'industrie. Dès sa création en 2005, l'entreprise avait produit ou fait la promotion de plus de 28 500 événements, allant du spectacle rock en passant par des grandes tournées de comédies musicales. Selon les derniers chiffres publiés au sujet des avoirs de Live Nation, celui-ci posséderait 117 salles de spectacles un peu partout dans le monde, autant en Amérique du Nord, qu'au Sud ou en Europe. C'est d'ailleurs à Live Nation que l'on doit la plus récente édition de Live 8.
Pendant ce temps, un autre géant de la musique cherche de nouvelles pistes pour renflouer ses coffres et même prendre des parts de marché à l'iTunes Store d'Apple. Universal Music tente depuis un certain temps de conclure une entente stratégique avec des fabricants de téléphones cellulaires et baladeurs numériques pour livrer avec les nouveaux appareils un abonnement gratuit à un service de musique en ligne. Gratuit seulement en apparence puisque Universal Music toucherait un montant mensuel pour chaque appareil vendu avec un accès gratuit à son nouveau service de musique en ligne Total Music.
D'autres compagnies de disques ont été pressenties pour ouvrir leur catalogue au nouveau service de Universal, notamment Sony BMG et la Warner Music. Chez les fabricants, Microsoft qui propose le Zune a également été contacté.
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bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
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