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Musique - Daniel Boucher repart à zéro dans l'Hexagone

La Presse canadienne   1 octobre 2007  Musique
Paris — Daniel Boucher le dit lui-même: en France, il repart à zéro. Samedi soir, l'auteur-compositeur-interprète a mis un terme à une courte série de trois spectacles au Zèbre de Belleville, une jolie salle aménagée dans un ancien cinéma de quartier, avec son balcon en bois et ses murs tendus de velours rouge. Au parterre, une dizaine de tables rondes, des tabourets, un bar où l'on sert aussi des repas avant le spectacle.

Lors de la première représentation, la semaine dernière, une vingtaine de spectateurs prenaient place dans la salle, dont une demi-douzaine de Québécois enthousiastes et deux ou trois journalistes. Ceux-là connaissaient Boucher, les autres pas. Ils l'ont tous découvert dans la posture du chansonnier, seul avec sa guitare.

C'était seulement le deuxième passage de Boucher à Paris. Au début de ce millénaire, il s'était produit au petit Sentier des Halles, et avait pris part aux FrancoFolies de La Rochelle et de Spa, en Belgique. Puis plus rien. À l'époque, pourtant, une grande maison de disques l'avait pris sous son aile. Elle a changé de patron, de priorités ou de goûts, on ne sait plus trop. Toujours est-il que les choses se sont arrêtées là.

«Le contrat était signé avec Sony, des disques ont été gravés qui doivent dormir dans un entrepôt quelque part en France», raconte, amusé, Daniel Boucher.

Aujourd'hui, l'auteur de La Patente, de La Désise et de Boules à mites (qu'il chante en rappel) a envie de retenter sa chance en France. Il cherche une maison de disques, une équipe, un tourneur. Ces trois spectacles au Zèbre se voulaient un «coup de sonde», serein et décomplexé.

«Il n'y a pas de pression. Le monde ne m'attend pas. Je ne suis plus, comme à l'époque, le jeune Québécois qui monte», dit Daniel Boucher.

Inutile de remettre sur le tapis le vieux débat sur son accent, son niveau de langage, le «joual» et tout ça: en France aussi, le Gaspésien d'adoption entend rester lui-même.

«Chez Sony, j'avais une équipe autour de moi, une attachée de presse. Ils me disaient que le monde ne me comprendrait pas, que je devais changer des choses dans mes textes, se souvient Daniel Boucher. Maintenant, je n'essaie plus de faire plaisir aux Français. Je ne vais pas changer les mots de mes chansons. Il y a même des Québécois qui ne comprennent pas tout ce que je dis. Ce n'est pas grave. Quand on habite une chanson, ça passe toujours.»

Au Zèbre, à la fin de chacun de ses spectacles, Boucher est descendu de scène pour serrer la main de chaque spectateur, à la fois étonné et ravi. Le chanteur aime ce genre de contact. Il espère tout de même qu'un jour prochain son public sera trop nombreux pour qu'il puisse encore se permettre de remercier un à un ceux qui viendront l'entendre. Mais, pour l'instant, tout reste à faire.
 
 
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