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Nagano le marathonien remporte encore son pari

Alexandre Shields   26 septembre 2009 21h26  Musique
Photo : Jacques Grenier
Serait-ce le début d’une belle tradition symphonique? Toujours est-il que le maestro Kent Nagano s’est offert tout un marathon musical hier, à l’occasion de l’ouverture de la saison 2007-2008 de l’Orchestre symphonique de Montréal, dirigeant successivement les musiciens à l’intérieur de la salle Wilfrid-Pelletier et un orchestre d’étudiants sur l’esplanade de la Place des Arts.

Le soleil venait à peine de disparaître derrière les édifices que Kent Nagano montait sur la scène extérieure aménagée sur l’esplanade de la Place des Arts, chaudement accueilli par un public conquis d’avance. Dirigeant un orchestre formé d’étudiants du Conservatoire de musique du Québec à Montréal et de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, il a offert d’entrée de jeu Rhapsody in Blue de Gershwin, avec le pianiste Alain Lefèvre.
Et sur cette grande place, toutes générations confondues, les quelque 4000 spectateurs ont semblé apprécier, gratifiant les jeunes talents en devenir et leur chef d’orchestre d’un soir d’applaudissements nourris à la fin de l’oeuvre.
Une fois la foule saluée, le maestro, tout sourire, quittait promptement les lieux, rejoignant les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier. En deux temps, trois mouvements, on entamait les premières mesures de Ainsi parlait Zarathoustra, de Richard Strauss, dont les puissants accords d’ouverture sont bien connus en raison de leur diffusion dans le film 2001, l’odyssée de l’espace. Rapidement, les 3000 spectateurs de la salle étaient eux aussi sous le charme, acoustique exemplaire en prime.
À peine 35 minutes plus tard, le maestro reprenait le chemin de l’esplanade de la Place des Arts, désormais tout de blanc vêtu, dirigeant les étudiants dans l’Adagio pour cordes, de Samuel Barber. Le morceau terminé, direction Wilfrid-Pelletier.

Tandis que les spectateurs rassemblés à l’extérieur pouvaient suivre la suite des choses sur les écrans géants disposés sur les différents immeubles du secteur, les jeunes musiciens avaient droit à un chef virtuel. Ils pouvaient en effet suivre les indications de Kent Nagano grâce à une sorte d’hologramme projeté en lieu et place du maestro, copie conforme de ce qui se déroulait à l’intérieur. Les deux orchestres ont ainsi pu interpréter simultanément l’Adagio et fugue de Mozart.

La contralto Marie-Nicole Lemieux est ensuite montée sur scène pour gratifier la foule de certains airs de Mozart et d’un poème symphonique de Richard Strauss, Till l’Espiègle. Dehors, sa voix résonnait. Bien haut, dans ce ciel sans nuage, on apercevait même quelques étoiles. Les spectateurs demeuraient silencieux, attentifs, malgré le temps plutôt frisquet.

Un public conquis
Tout indique que l’initiative a fait encore une fois la joie des mélomanes accomplis ou en devenir. «C’est sincèrement génial de pouvoir entendre de la musique qu’on croit bien souvent inaccessible», a ainsi lancé Éric Tremblay, la vingtaine, qui avoue n’avoir jamais assisté, en salle, à un concert de l’OSM. Un son de cloche qui se répétait d’une personne rencontrée à l’autre hier soir, une fois la dernière note envolée. Ce fut notamment le cas de Mélanie Larocque, qui est venue de la rive sud de Montréal pour assister à une performance «franchement agréable», et ce, même si elle aurait aimé voir davantage Kent Nagano à l’oeuvre.

Rencontré lui aussi sur place, le député péquiste Daniel Turp s’est dit enthousiasmé par une telle initiative. «Ça amène la musique vers les gens et ils savent l’apprécier, même s’ils ne connaissent pas nécessairement toutes les pièces», a-t-il d’abord expliqué. «On pourrait peut-être aussi clôturer la saison de l’OSM de cette façon, a-t-il lancé. On pourrait même faire le même genre d’événement avec l’Orchestre symphonique de Québec, pourquoi pas.»
Il dit d’ailleurs souhaiter qu’une véritable tradition s’installe, puisqu’il s’agit selon lui d’une façon simple d’amener davantage de jeunes à s’intéresser à la musique classique. Déjà l’an dernier, on avait donné le coup d’envoi de la 73e saison en invitant les mélomanes accomplis ou en devenir à venir assister à la retransmission en direct du spectacle d’ouverture de l’Orchestre symphonique de Montréal sur cette même esplanade de la Place des Arts. Quelque 8000 curieux en étaient repartis ravis, après avoir eu droit à la célébrissime Symphonie nº 9 de Beethoven en guise de plat de résistance.

«Le stéréotype qui dit qu’il faut avoir une certaine éducation, ou appartenir à une certaine frange de la société pour “comprendre” cette musique est complètement faux, expliquait récemment Kent Nagano à l’hebdomadaire Voir. C’est pourquoi nous devons faire des efforts afin de démontrer que la porte est grande ouverte et que tout le monde est invité.» Pari tenu, maestro.






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  • Michel Seymour
    Abonné
    mercredi 5 septembre 2007 05h07
    Démocratiser la culture
    « Bravo à Kent Nagano! Étant donné ce qui arrive à Espace-Musique. il faut créer Radio-Québec pour faire accéder la population entière à tout ce qui se fait dans le domaine de la culture au Québec et à l'étranger. Il faut notamment créer un espace pour la musique contemporaine : SMCQ (Walter Boudreau), NEM (Lorraine Vaillancourt), ECM (Véronique Lacroix), Quatuor Molinari, Quatuor Bozzini, musique électroacoustique, etc. Idem pour les arts visuels, le théâtre, la danse et la littératue. Vive Radio-Québec qui saura, contrairement à Espace Musique, créer un véritable espace pour la culture !
    Michel Seymour »

  • Denis Beauregard
    Abonné
    mercredi 5 septembre 2007 11h23
    Un souffle de fraîcheur
    « Pour publication

    Un souffle de fraîcheur

    L'Orchestre symphonique de Montréal inaugurait mardi soir dernier sa saison 2007-2008. Au-delà de ce qui a été dit et écrit au sujet de cet événement exceptionnel, je pense qu'il faut souligner la créativité et l'audace de Kent Nagano, tant dans le choix des pièces présentées que dans l'exploitation optimale de la technologie. Mais la dimension la plus novatrice et sans doute la plus exigeante de ce concert concerne la création d'un orchestre d'un soir formé d'étudiants en musique. Dans un univers où les médias transmettent quotidiennement de multiples visions des maux qui sévissent tant sur la planète que dans notre propre société, qui a malheureusement tendance a favoriser le nivellement par le bas, la présentation de ces jeunes musiciens dont on percevait nettement la ferveur et l'émotion de jouer devant un immense public sous la direction d'un chef hautement charismatique, nous offrait une vision à la fois rafraîchissante et réconfortante de la génération montante. Outre le fait qu'il s'agissait là d'un exercice des plus motivant pour les étudiants qui ont participé aux auditions et au concert lui-même, les mélomanes d'ici sont maintenant rassurés quant à la relève des musiciens de formation classique au Québec. De plus, en construisant un programme composé d'oeuvres associées à des films connus de tous, qui ne sont pas pour autant des pièces faciles, Kent Nagano a largement contribué à l'élargissement de l'auditoire de l'OSM et des amateurs de musique classique, tout comme il l'a fait en août lors du concert qu'il a dirigé au Stade Molson qui associait l'orchestre à des oeuvres de Luc Plamondon et de Robert Charlebois. Bravo à Kent Nagano, aux musiciens et à l'organisation de l'OSM, aux jeunes qui se sont prêtés à cette magnifique aventure. Bravo aussi à Radio-Canada qui a pleinement rempli ce soir-là sa mission culturelle.

    Michèle Giroux-Beauregard
    Conseiller senior en communication
    Joliette
    450-752-0022 »

  • Claude Marc Bourget
    Inscrit
    mercredi 5 septembre 2007 14h18
    Il faudrait arrêter de mentir
    « Il faudrait arrêter d'en rajouter sur Kent Nagano. La vérité. c'est que les médias, Radio-Canada en tête, ont décidé de créer de toutes pièces une chimère. Celle-ci prend vie d'autant plus qu'elle répond au vide et à la frustration qu'à laissée dans les coeurs l'affaire Charles Dutoit. La vérité vraie, c'est que Kent Nagano est fort ordinaire. Sympathique, oui, plein de gentillesse, médiatique, généreux peut-être et même assurément. Grand musicien, toutefois, non. Le phénomène médiatique, soutenu à force de budget et d'enflure, peut tromper les sourds, les apprentis et le bon peuple, qui sont du reste les premiers visés par la machine Nagano, mais il ne peut convaincre les mélomanes et les professionnels, ou du moins ceux qui n'ont pas d'intérêts moraux ou pécuniaires dans tout ce jeu. Le concert d'hier, malgré le courage des étudiants et la prestation de quelques-uns, laissait fort à désirer. Les partie orchestrales se promenaient, souvent hésitantes et proches de la faute, comme sans liens, les tempos étaient pauvres, tout était sans élan ni vie, sauf les apparences, quant à elles bien ajustées. Alain Lefebvre, notamment, autre créature du show-biz, était lamentable et ratait presque tout, pour qui sait entendre et connaît Gershwin. Je me souviens également de la 9e de Beethoven, il y quelques mois, par le même Nagano et au même poste, qui fut non moins ordinaire mais acclamée. Je n'avais jamais entendu, en fait, une si mauvaise neuvième. On se demande où sont passées les oreilles depuis le départ de Dutoit, ce vrai grand maître et qui a laissé à Montréal, par ses enregistrements remarquables, un héritage du plus haut calibre. Ce n'est pas que je regrette Charles Dutoit, que je peux entendre ailleurs et dont j'ai les disques, ni que j'étais au départ un anti-Nagano, à qui je laissais toutes les chances. Mais je crois que Montréal avait trop besoin de guérir ses plaies et que c'est ainsi qu'elle a perdu son sens de l'écoute et, tout compte fait, des réalités. Je recevrai des réponses outrées de malheureux amateurs, certes, dont je dégonfle le ballon, mais j'aimerais bien qu'un spécialiste ose se mouiller et me contredise ouvertement. »

  • Philip Merrigan
    Inscrit
    mercredi 5 septembre 2007 15h38
    Mentir
    « Kent Nagano est actuellement directeur de l'opéra de Bavière, une des plus grandes maisons d'opéra au Monde dont les prédécesseurs étaient, entre autres, Richard Strauss (eh oui!), Georg Solti, Rudolf Kempe et Zubin Mehta, tous des légendes. Il dirige fréquemment les grands orchestres d'Europe ainsi que les plus grands chanteurs du monde. Il a d'ailleurs dirigé l'orchestre philarmonique de Vienne, la plus exigeante pour la compétence des chefs. Depuis l'arrivée du maestro le répertoire allemand est revenu en force et nous avons assisté à de mémorables concerts, entre autres, la septième de Mahler et Tristan. Cette année, au programme, la monumentale cinquième de Bruckner, et Tannhauser, version concert. Je vais à l'OSM régulièrement depuis 30 ans comme abonné, jamais, l'orchestre n'a atteint un tel niveau qu'avec maestro Nagano. On peut ne pas aimer certaines de ses interprétations, mais sa compétence ne peut être mise en doute. »

  • Musique Musique
    Inscrit
    jeudi 6 septembre 2007 03h24
    L'amateur n'attire pas les amateurs !
    « M. Shields,

    À lire votre article, on comprend que vous n'êtes pas un grand critique musical et qu'à cela ne tienne, vous avez su apprécier un fort bon concert. Grand bien vous fasse. La musique c'est beau, Kent Nagano sourit bien, on reconnaît le thème de 2001, de toute évidence, la soirée était bonne. Et là-dessus, je suis entièrement d'accord avec vous, j'y étais, c'était un excellent concert.

    On souhaiterait cependant qu'un tel papier ait été écrit par un journaliste plus inspirant et pouvant écrire sur la musique avec un ensemble de connaissances solides et une clairvoyance musicale plus «avertie». Or il n'y avait que vos mots. Il y avait tant à dire de plus que ce placottage faussement mondain. Y étiez-vous vraiment ? Que votre plume n'ait pas la beauté d'une Odile Tremblay ou l'intelligence d'un Christophe Huss, nous le comprenons, mais vous laissez l'impression de ne rien connaître à la musique. Si l'on veut attirer des amateurs, il ne faut pas travailler en amateur.

    D'abord la contralto Maire-Nicole Lemieux N'est PAS «montée sur scène pour gratifier la foule de certains airs de Mozart et d'un poème symphonique de Richard Strauss, Till l'Espiègle» car il ne s'agit pas de «certains airs de Mozart», mais bien d'airs très précis qui n'ont rien à voir avec la tournure vulgaire que vous leur donnez. Ensuite, Mme Lemieux N'est PAS «montée sur scène pour gratifier la foule de certains airs de Mozart et d'un poème symphonique de Richard Strauss, Till l'Espiègle» parce que Till l'espiègle est une oeuvre pour orchestre, donc sans chanteuse, tel que non-chanté par Mme Lemieux.

    N'allez maintenant pas imaginer que je m'oppose à une démocratisation de la musique, au contraire, j'ai une longue carrière en musique qui témoigne du contraire, mais votre manque flagrant de rigueur et de connaisances de bases font peur. Et si c'était ça les journalistes culturels de demain ? Il n'y a pas que le coupures budgétaires qui soient mençantes. Maitenant, que vous fassiez du «human interest» avec un vox pop complaisant, cela peut bien se comprendre -n'êtes vous pas un journaliste de votre temps et dans la masse- mais que vous ne participiez pas à cette belle aventure culturelle en nous apportant une réflexion pertinente sur le sens d'un tel événement est une triste réalité. Et à ce sujet, tous les angles sont bons.

    En espérant maitenant que vous prendrez votre rôle de journaliste culturel plus au sérieux ou que vous ne le preniez plus jamais. Si vous avez encore ces apprentissages à faire, ne nous imposez pas vos mauvais Devoirs...

    Un musicien déçu

    P.S. Vous affirmez que «Rapidement, les 3000 spectateurs de la salle étaient eux aussi sous le charme, acoustique exemplaire en prime». J'ai parlé à des collègues musiciens et tout le monde s'entendait pour dire que la sonorisation (ce que vous appelez acoustique) était lamentable. Visiblement, vous partez de très loin. »

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