Pierre Lapointe avec l’Orchestre métropolitain - 200 000 par 200 000 rassemblés
Photo : Pascal Ratthé
Pierre Lapointe et Nézet-Séguin avec son Orchestre métropolitain du Grand Montréal constituaient une combinaison idéale pour ce spectacle de clôture des FrancoFolies.
La présentatrice Sophie Durocher s’est extasiée devant «l’émouvante forêt des mal-aimés», foule qui s’étendait à perte de vue sur la Catherine et l’esplanade de la PdA. Dense, très dense, la forêt, à 21h hier soir. Je ne garantis pas le chiffre: 200 000, c’est pour signifier à la fois le «deux par deux» de la chanson et l’impression d’un nombre fou de spectateurs. Je sais certainement ceci: Pierre Lapointe et Nézet-Séguin avec son Orchestre métropolitain du Grand Montréal constituaient une combinaison idéale pour ce spectacle de clôture des 19es FrancoFolies de Montréal. Dame! Le plus bel audacieux de notre chanson pop et le plus bel audacieux de notre musique classique! Ces deux-là ainsi rassemblés, c’était presque une garantie de foule record. Et de spectacle mémorable. D’ailleurs, Lapointe l’a dit lui-même la première fois qu’il s’est adressé à la foule: «Je sais que vous allez aimer ça...» C’était son personnage de dandy suffisant qui parlait, mais ç’aurait pu être vraiment lui, puisque c’était vrai.
Alors, cette randonnée à nulle autre pareille? Ce n’était pas «glam», en tout cas. Lapointe avait annoncé en conférence de presse que ce serait «le show le plus glam depuis le Halloween à Hollywood de Diane Dufresne», mais la vérité était plus drabe: il est arrivé cape noire sur les épaules. Cape doublée de rouge, à haut col, entre Dracula et Petit Chaperon rouge. Des arbres gris métallique se sont également dressés çà et là sur la scène. Plutôt pacotille dans le genre, constatait-on. Glam? Une boutade de plus.
De toute façon, c’est la musique qui était intéressante. Les arrangements concoctés par Phlippe Brault, Marc Ouellet et Yannick Plamondon, cela s’entendait dès l’Ouverture, n’allaient pas être autrement qu’inventifs: on allait batifoler dans le baroque, dans le cinématographique aussi. Tout ça était un peu confus pour l’oreille, ou plutôt touffu, pour rester dans l’imagerie de la forêt, mille nuances se perdaient dans la transmission à trop forte puissance dans les amplis (ça sonnera mieux à la radio d’Espace Musique et à la télé de Radio-Canada le 12 août prochain), mais les arrangements n’étaient pas moins fascinants. Les extraordinaires chansons de Pierre Lapointe se prêtent décidément à tous les travestissements, et ces habits-là étaient à la fois étonnants et somptueux.
On avait certes par moments l’impression d’assister à une énième version de Pierre et le loup, mais à d’autres, surtout quand l’instrumentation électro-pop se mêlait le plus distinctement à l’orchestre, ça confinait au génie. N’empêche qu’en toute ironie, c’est seul au piano, chantant et jouant la superbe et tragique Plaisirs dénudés, que Pierre Lapointe remplissait le mieux l’espace, qu’il atteignait le plus directement les coeurs, jusqu’au fin fond de la forêt. J’ai quitté peu après pour écrire ces lignes. L’aventure ne faisait que commencer. Jusqu’où aura-t-elle mené Lapointe et ses quelque 70 compagnons? Loin, assurément, très loin. En chemin vers le journal, la question a surgi: après un tel sommet, où aller? Après ça, la lune.
Collaborateur du Devoir
Alors, cette randonnée à nulle autre pareille? Ce n’était pas «glam», en tout cas. Lapointe avait annoncé en conférence de presse que ce serait «le show le plus glam depuis le Halloween à Hollywood de Diane Dufresne», mais la vérité était plus drabe: il est arrivé cape noire sur les épaules. Cape doublée de rouge, à haut col, entre Dracula et Petit Chaperon rouge. Des arbres gris métallique se sont également dressés çà et là sur la scène. Plutôt pacotille dans le genre, constatait-on. Glam? Une boutade de plus.
De toute façon, c’est la musique qui était intéressante. Les arrangements concoctés par Phlippe Brault, Marc Ouellet et Yannick Plamondon, cela s’entendait dès l’Ouverture, n’allaient pas être autrement qu’inventifs: on allait batifoler dans le baroque, dans le cinématographique aussi. Tout ça était un peu confus pour l’oreille, ou plutôt touffu, pour rester dans l’imagerie de la forêt, mille nuances se perdaient dans la transmission à trop forte puissance dans les amplis (ça sonnera mieux à la radio d’Espace Musique et à la télé de Radio-Canada le 12 août prochain), mais les arrangements n’étaient pas moins fascinants. Les extraordinaires chansons de Pierre Lapointe se prêtent décidément à tous les travestissements, et ces habits-là étaient à la fois étonnants et somptueux.
On avait certes par moments l’impression d’assister à une énième version de Pierre et le loup, mais à d’autres, surtout quand l’instrumentation électro-pop se mêlait le plus distinctement à l’orchestre, ça confinait au génie. N’empêche qu’en toute ironie, c’est seul au piano, chantant et jouant la superbe et tragique Plaisirs dénudés, que Pierre Lapointe remplissait le mieux l’espace, qu’il atteignait le plus directement les coeurs, jusqu’au fin fond de la forêt. J’ai quitté peu après pour écrire ces lignes. L’aventure ne faisait que commencer. Jusqu’où aura-t-elle mené Lapointe et ses quelque 70 compagnons? Loin, assurément, très loin. En chemin vers le journal, la question a surgi: après un tel sommet, où aller? Après ça, la lune.
Collaborateur du Devoir
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- Orchestre symphonique de Montréal (OSM)
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