Vitrine du disque
Chanson
MAGNOLIA
Magnolia
Audiogram - Sélect
Magnolia, c'est Mélanie Auclair, violoncelliste de Lhasa, Michel Rivard et compagnie. En tant que Mélanie Auclair, elle signe des albums en musique actuelle. En Magnolia, avec la complicité de Rick Haworth, elle donne dans l'americana en français dans le texte: un bouquet de chansons délicatement odorantes, le plus souvent mélancoliques, parfois douloureuses mais délicieusement douloureuses, toujours caressantes, dont un Air d'hiver chanté en harmonie avec Lhasa.
On est à la fois chez nous, dans nos grandes étendues blanches, et dans le désert, dans les parages d'une Gillian Welch. On est là où c'est beau. Magnolia joue de sa voix comme de son violoncelle, on dirait de l'eau qui ferait son chemin d'une feuille à l'autre sur les branches d'un arbre après la pluie. Et quand cette voix-là se mêle à celles de Lhasa ou de Patrick Watson (dans Quand il fait froid), la neige fond et les coeurs aussi! C'est chanté sur un lit de guitares acoustique et électrique, de dobro, de pedal steel, de cavaquinho, de cumbus, de contrebasse, de banjo et d'autoharp, véritable nid de cordes. En spectacle demain, sur la scène Loto-Québec, à 16h et 19h.
Sylvain Cormier
Chanson
FAUX PROPHÈTE
Jonathan Savage
Productions du Bonhomme Jos
Un cas. Un timide qui s'est fait frondeur et qui, à la force du poignet et avec l'aide des gens de sa Gaspésie, s'est fabriqué un album qui lui ressemble. Ce n'est jamais que de la pop chansonnière à base de guitare, mais ce n'est jamais ennuyant, jamais strictement distrayant non plus. C'est de la chanson qui compte sans peser lourd. Ce gars-là est capable, dans Dieppe, de se mettre à la place d'un soldat qui s'en va à la mort sur sa péniche, sans jamais donner dans le mélo. Il peut aussi s'inventer un ancêtre au besoin, ce Jos William Savage qui est le sujet de la chanson-titre et de La Ballade du bonhomme Jos, sans que le procédé semble artificiel. Et il peut chanter en toute pudeur et sans s'enfarger dans les fleurs de style une peine d'amour comme dans la très belle Cendre. Le plus beau, c'est que sur tous ces tons, c'est toujours le vrai Jonathan Savage qui parle. C'est toute l'ironie du titre de l'album: Jonathan n'a rien de faux et surtout rien d'un prophète. Mais il a tout du gars qu'on a plaisir à retrouver en spectacle. Il sera sur la scène Loto-Québec (adossée à Wilfrid) aujourd'hui, à 16h et 19h.
Sylvain Cormier
Classique
HAENDEL
Il Duello amoroso et autres cantates. Andreas Scholl, Accademia Bizantina, Ottavio Dantone. Harmonia Mundi HMC 901 957 (SRI).
Quatre disques d'airs ou de cantates de Haendel paraissent à peu près en même temps. Celui-ci, associant la soprano québécoise Hélène Guilmette au contre-ténor-vedette Andreas Scholl dans la cantate Charmante Amaryllis, aussi connue sous le nom de «Duel amoureux», est le plus intéressant. La voix d'Andreas Scholl a gagné en étoffe sans perdre son éclat et la complémentarité des deux chanteurs est parfaite. Le programme compte par ailleurs trois cantates pour alto chantées par Scholl et une sonate en trio. L'accompagnement de l'Accademia Bizantina est un peu fluet mais élégant. C'est un autre CD publié par Harmonia Mundi, As Steals The Morn, des airs haendeliens pour ténor par Mark Padmore, qui bénéficie du plus bel orchestre, l'English Concert, dirigé par Andrew Manze. Mais le récital, qui évite toute prouesse, est très uniforme. Le CD pyrotechnique des neuf airs allemands par Carolyn Sampson chez Hyperion, certes peu touchant, est recommandé, mais pas le récital de la modeste soprano Elin Manahan Thomas chez Coro.
Christophe Huss
Classique
DUOS
Anna Netrebko (soprano) et Rolando Villazón (ténor). Duos d'opéras de Puccini, Donizetti, Verdi, Gounod... Staatskapelle Dresden, Nicola Luisotti. DG 477 6457.
Voici la grosse affiche discographique de ce début d'été: le couple vedette de l'opéra dans un récital d'airs tirés de La Bohème, Lucia di Lammermoor, Rigoletto, Roméo et Juliette (Gounod), Les Pêcheurs de perles, Manon (Massenet), Iolanta de Tchaïkovski et Luisa Fernanda de Federico Moreno Torroba chez Deutsche Grammophon. La route du succès est pavée, le marketing use de toutes ses armes, mais ce disque ne tient pas tout à fait ses promesses. La principale faute en incombe à Rolando Villazón, qui apparaît vocalement fatigué. Avec la mobilisation de longue date d'un tel plateau et un tel orchestre, il était évidemment illusoire de penser reporter les sessions. Villazón jette donc toutes ses forces dans la bataille, et cela s'entend. La voix ressemble de plus en plus à celle de Domingo, avec les mêmes effets de crispation en cas de surmenage. C'est donc plus à une joute avec les oeuvres qu'à une communion entre chanteurs que nous assistons. Malgré quelques moments intenses, notamment dans Gounod et Massenet, on s'attendait à mieux.
Christophe Huss
Monde
MON HISTOIRE
Esma
Accords croisés - Fusion III
Elle est la reine des Tziganes. En effet, comme l'affirmait le poète Radovan Pavlovski, elle vient d'un peuple «qui n'a ni église pour prier ni État pour faire la guerre et où celui qui chante le mieux est choisi comme roi». À la fois déchirante à fendre l'âme et lumineuse à faire voyager sur un tapis magique, sa voix éraillée guérit les peines, ramène la fête au village, ornemente la plainte, se raconte en mode parlé-chanté, accompagne le coup de fanfare frénétique ou la clarinette ondulante, survole les modes orientaux et pénètre les chemins de l'exil. Elle chante l'errance, la petite fille qui fait la manche, la tante qui, très jeune, est vendue à un riche marchand. En nomination pour le prix Nobel de la paix, elle a adopté 47 enfants musiciens et fait construire pour eux la Maison de l'humanisme et des musiques du monde. Une icône! Et pourtant, on ne lui connaissait pas de grand disque international récent. Mais sa rencontre avec Titi Robin, âme rom, parti depuis toujours sur les routes de traverse avec ses cordes fluides, allait changer la donne. Ne reste maintenant qu'à acclamer chez nous cette légende macédonienne dont le nom est à lui seul synonyme de liberté.
Yves Bernard
Monde
LUMIÈRE
Bob Brozman Orchestra
World Music Network - Fusion III
Reconnu comme l'un des plus grands maîtres de la guitare slide sur la planète, Bob Brozman s'applique depuis des années à saisir l'universel dans toutes les musiques, à collaborer avec les maîtres de plusieurs des genres qu'il aborde, à déceler les éclats de lumière qui explosent légèrement comme autant de petites particules lancées spontanément dans l'univers. Le maestro américain s'était d'abord attaqué à la National, splendide spécimen de guitare acoustique à résonateur, avant de poursuivre l'apprentissage de tant d'autres instruments à cordes, ici rassemblés sous le chapeau du Bob Brozman Orchestra, véritable orchestre de studio mais qui n'a de l'orchestre que cette capacité de Brozman à se multiplier par tous ses instruments. À l'exception des lignes de basse et de percussions, toutes les partitions et tous les passages improvisés sont donc interprétés par lui. Guitares National et hawaïennes, kantele finlandais, charango bolivien, baglama turc, gandharvi hindoustani et d'autres s'entrelacent et se superposent les uns sur les autres pour appeler à un des plus beaux voyages imaginaires jamais concoctés par Brozman.
Yves Bernard
MAGNOLIA
Magnolia
Audiogram - Sélect
Magnolia, c'est Mélanie Auclair, violoncelliste de Lhasa, Michel Rivard et compagnie. En tant que Mélanie Auclair, elle signe des albums en musique actuelle. En Magnolia, avec la complicité de Rick Haworth, elle donne dans l'americana en français dans le texte: un bouquet de chansons délicatement odorantes, le plus souvent mélancoliques, parfois douloureuses mais délicieusement douloureuses, toujours caressantes, dont un Air d'hiver chanté en harmonie avec Lhasa.
On est à la fois chez nous, dans nos grandes étendues blanches, et dans le désert, dans les parages d'une Gillian Welch. On est là où c'est beau. Magnolia joue de sa voix comme de son violoncelle, on dirait de l'eau qui ferait son chemin d'une feuille à l'autre sur les branches d'un arbre après la pluie. Et quand cette voix-là se mêle à celles de Lhasa ou de Patrick Watson (dans Quand il fait froid), la neige fond et les coeurs aussi! C'est chanté sur un lit de guitares acoustique et électrique, de dobro, de pedal steel, de cavaquinho, de cumbus, de contrebasse, de banjo et d'autoharp, véritable nid de cordes. En spectacle demain, sur la scène Loto-Québec, à 16h et 19h.
Sylvain Cormier
Chanson
FAUX PROPHÈTE
Jonathan Savage
Productions du Bonhomme Jos
Un cas. Un timide qui s'est fait frondeur et qui, à la force du poignet et avec l'aide des gens de sa Gaspésie, s'est fabriqué un album qui lui ressemble. Ce n'est jamais que de la pop chansonnière à base de guitare, mais ce n'est jamais ennuyant, jamais strictement distrayant non plus. C'est de la chanson qui compte sans peser lourd. Ce gars-là est capable, dans Dieppe, de se mettre à la place d'un soldat qui s'en va à la mort sur sa péniche, sans jamais donner dans le mélo. Il peut aussi s'inventer un ancêtre au besoin, ce Jos William Savage qui est le sujet de la chanson-titre et de La Ballade du bonhomme Jos, sans que le procédé semble artificiel. Et il peut chanter en toute pudeur et sans s'enfarger dans les fleurs de style une peine d'amour comme dans la très belle Cendre. Le plus beau, c'est que sur tous ces tons, c'est toujours le vrai Jonathan Savage qui parle. C'est toute l'ironie du titre de l'album: Jonathan n'a rien de faux et surtout rien d'un prophète. Mais il a tout du gars qu'on a plaisir à retrouver en spectacle. Il sera sur la scène Loto-Québec (adossée à Wilfrid) aujourd'hui, à 16h et 19h.
Sylvain Cormier
Classique
HAENDEL
Il Duello amoroso et autres cantates. Andreas Scholl, Accademia Bizantina, Ottavio Dantone. Harmonia Mundi HMC 901 957 (SRI).
Quatre disques d'airs ou de cantates de Haendel paraissent à peu près en même temps. Celui-ci, associant la soprano québécoise Hélène Guilmette au contre-ténor-vedette Andreas Scholl dans la cantate Charmante Amaryllis, aussi connue sous le nom de «Duel amoureux», est le plus intéressant. La voix d'Andreas Scholl a gagné en étoffe sans perdre son éclat et la complémentarité des deux chanteurs est parfaite. Le programme compte par ailleurs trois cantates pour alto chantées par Scholl et une sonate en trio. L'accompagnement de l'Accademia Bizantina est un peu fluet mais élégant. C'est un autre CD publié par Harmonia Mundi, As Steals The Morn, des airs haendeliens pour ténor par Mark Padmore, qui bénéficie du plus bel orchestre, l'English Concert, dirigé par Andrew Manze. Mais le récital, qui évite toute prouesse, est très uniforme. Le CD pyrotechnique des neuf airs allemands par Carolyn Sampson chez Hyperion, certes peu touchant, est recommandé, mais pas le récital de la modeste soprano Elin Manahan Thomas chez Coro.
Christophe Huss
Classique
DUOS
Anna Netrebko (soprano) et Rolando Villazón (ténor). Duos d'opéras de Puccini, Donizetti, Verdi, Gounod... Staatskapelle Dresden, Nicola Luisotti. DG 477 6457.
Voici la grosse affiche discographique de ce début d'été: le couple vedette de l'opéra dans un récital d'airs tirés de La Bohème, Lucia di Lammermoor, Rigoletto, Roméo et Juliette (Gounod), Les Pêcheurs de perles, Manon (Massenet), Iolanta de Tchaïkovski et Luisa Fernanda de Federico Moreno Torroba chez Deutsche Grammophon. La route du succès est pavée, le marketing use de toutes ses armes, mais ce disque ne tient pas tout à fait ses promesses. La principale faute en incombe à Rolando Villazón, qui apparaît vocalement fatigué. Avec la mobilisation de longue date d'un tel plateau et un tel orchestre, il était évidemment illusoire de penser reporter les sessions. Villazón jette donc toutes ses forces dans la bataille, et cela s'entend. La voix ressemble de plus en plus à celle de Domingo, avec les mêmes effets de crispation en cas de surmenage. C'est donc plus à une joute avec les oeuvres qu'à une communion entre chanteurs que nous assistons. Malgré quelques moments intenses, notamment dans Gounod et Massenet, on s'attendait à mieux.
Christophe Huss
Monde
MON HISTOIRE
Esma
Accords croisés - Fusion III
Elle est la reine des Tziganes. En effet, comme l'affirmait le poète Radovan Pavlovski, elle vient d'un peuple «qui n'a ni église pour prier ni État pour faire la guerre et où celui qui chante le mieux est choisi comme roi». À la fois déchirante à fendre l'âme et lumineuse à faire voyager sur un tapis magique, sa voix éraillée guérit les peines, ramène la fête au village, ornemente la plainte, se raconte en mode parlé-chanté, accompagne le coup de fanfare frénétique ou la clarinette ondulante, survole les modes orientaux et pénètre les chemins de l'exil. Elle chante l'errance, la petite fille qui fait la manche, la tante qui, très jeune, est vendue à un riche marchand. En nomination pour le prix Nobel de la paix, elle a adopté 47 enfants musiciens et fait construire pour eux la Maison de l'humanisme et des musiques du monde. Une icône! Et pourtant, on ne lui connaissait pas de grand disque international récent. Mais sa rencontre avec Titi Robin, âme rom, parti depuis toujours sur les routes de traverse avec ses cordes fluides, allait changer la donne. Ne reste maintenant qu'à acclamer chez nous cette légende macédonienne dont le nom est à lui seul synonyme de liberté.
Yves Bernard
Monde
LUMIÈRE
Bob Brozman Orchestra
World Music Network - Fusion III
Reconnu comme l'un des plus grands maîtres de la guitare slide sur la planète, Bob Brozman s'applique depuis des années à saisir l'universel dans toutes les musiques, à collaborer avec les maîtres de plusieurs des genres qu'il aborde, à déceler les éclats de lumière qui explosent légèrement comme autant de petites particules lancées spontanément dans l'univers. Le maestro américain s'était d'abord attaqué à la National, splendide spécimen de guitare acoustique à résonateur, avant de poursuivre l'apprentissage de tant d'autres instruments à cordes, ici rassemblés sous le chapeau du Bob Brozman Orchestra, véritable orchestre de studio mais qui n'a de l'orchestre que cette capacité de Brozman à se multiplier par tous ses instruments. À l'exception des lignes de basse et de percussions, toutes les partitions et tous les passages improvisés sont donc interprétés par lui. Guitares National et hawaïennes, kantele finlandais, charango bolivien, baglama turc, gandharvi hindoustani et d'autres s'entrelacent et se superposent les uns sur les autres pour appeler à un des plus beaux voyages imaginaires jamais concoctés par Brozman.
Yves Bernard
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