L’attaque frontale de Marsalis
On l’a déjà souligné, on le répète: les frères Marsalis agacent beaucoup. Le trompettiste Wynton parce qu’il se pose en gardien d’une tradition qui va de Louis Armstrong à Duke Ellington, en passant par Miles Davis avant l’électrification. Le saxophoniste Branford? Parce qu’il a l’évolution déroutante.
Hier soir au Maisonneuve, c’est ce qu’on pouvait constater. Car, d’entrée de jeu, lui et ses complices ont attaqué de la manière la plus frontale qui soit. Ce n’était pas le jazz se conjuguant avec calme et volupté. C’était... comment dire? Ils décapaient d’emblée en usant de la râpe à fromage. En un mot, ils étaient aussi grinçants qu’agressifs.
Pour creuser le sillon choisi, ils ont usé à plein des possibilités rythmiques ainsi que de leur maîtrise de toutes les techniques développées par les forts en innovation. De son saxophone, Branford extirpait des cris rappelant autant Albert Ayler que le Dewey Redman de Old and News Dreams. Il sculptait des sonorités que Charlie Rouse et John Coltrane auraient appréciées parce que leur ressemblant.
Au piano, Joey Calderazzo s’est affiché davantage comme un instrumentiste privilégiant une manipulation percussive, nerveuse, davantage que mélodieuse. À sa manière, évidemment, il combinait le rythme cher à un Don Pullen et le modernisme d’un Anthony Davies. Mettons qu’il était assez éloigné du lyrisme d’un Bill Evans. Bref, il était tout sauf introspectif. À la contrebasse, Eric Revis faisait ce qu’il fallait faire: assurer la liaison. Car à la...
Car à la batterie, Jeff Tain Watts démontrait une capacité énorme, au sens physique, à pousser les autres au bord du précipice. Il provoquait en multipliant des roulements propres à faire sombrer le Titanic. Chez lui, l’énergie se démultiplie à la puissance mille. Ce n’est peut-être pas reposant, mais c’est hypnotisant.
Toujours est-il que ce quartet a ceci qui le distingue de beaucoup d’autres: il est très soudé. Ils jouent si souvent, enregistrent si régulièrement qu’ils sont en mesure de prendre des risques que d’autres se refusent à prendre. Qui plus est, ils ne cherchent pas à séduire à tout prix. Ils ne racolent pas. Ils jouent, ou plutôt ils développent ce savoir-faire favorisant l’improvisation en continu. C’est énorme.
Hier soir au Maisonneuve, c’est ce qu’on pouvait constater. Car, d’entrée de jeu, lui et ses complices ont attaqué de la manière la plus frontale qui soit. Ce n’était pas le jazz se conjuguant avec calme et volupté. C’était... comment dire? Ils décapaient d’emblée en usant de la râpe à fromage. En un mot, ils étaient aussi grinçants qu’agressifs.
Pour creuser le sillon choisi, ils ont usé à plein des possibilités rythmiques ainsi que de leur maîtrise de toutes les techniques développées par les forts en innovation. De son saxophone, Branford extirpait des cris rappelant autant Albert Ayler que le Dewey Redman de Old and News Dreams. Il sculptait des sonorités que Charlie Rouse et John Coltrane auraient appréciées parce que leur ressemblant.
Au piano, Joey Calderazzo s’est affiché davantage comme un instrumentiste privilégiant une manipulation percussive, nerveuse, davantage que mélodieuse. À sa manière, évidemment, il combinait le rythme cher à un Don Pullen et le modernisme d’un Anthony Davies. Mettons qu’il était assez éloigné du lyrisme d’un Bill Evans. Bref, il était tout sauf introspectif. À la contrebasse, Eric Revis faisait ce qu’il fallait faire: assurer la liaison. Car à la...
Car à la batterie, Jeff Tain Watts démontrait une capacité énorme, au sens physique, à pousser les autres au bord du précipice. Il provoquait en multipliant des roulements propres à faire sombrer le Titanic. Chez lui, l’énergie se démultiplie à la puissance mille. Ce n’est peut-être pas reposant, mais c’est hypnotisant.
Toujours est-il que ce quartet a ceci qui le distingue de beaucoup d’autres: il est très soudé. Ils jouent si souvent, enregistrent si régulièrement qu’ils sont en mesure de prendre des risques que d’autres se refusent à prendre. Qui plus est, ils ne cherchent pas à séduire à tout prix. Ils ne racolent pas. Ils jouent, ou plutôt ils développent ce savoir-faire favorisant l’improvisation en continu. C’est énorme.
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