Seun Kuti au grand événement - À la hauteur des attentes!
Hier soir sur la grande scène du festival de jazz, on attendait la réincarnation de Fela, l'inventeur du genre. On se livrait avant même le début, aux jeux des comparaisons avec son demi-frère Femi. Seun Anikulapo Kuti allait-il poursuivre avec Egypt 80 , l'ancien groupe de son pére, la même approche déglinguée? Jusqu'à quel point allait-il formater davantage sa musique pour la rendre accessible à un plus large public, comme le fait Femi? Réponse, du moins pour la première partie du concert, le fils cadet de Fela a livré une magistrale démonstration d'afrobeat 101. Rien de révolutionnaire et tout ce qu'il y a de plus classique, mais quelle intensité! De l'afrobeat en big band de 18 musiciens, à la pulsation hypnotique, aux éclats de jazz à travers des cuivres rugissants, à la lourde ligne de basse funky, aux savantes polyrythmies nigérianes, au discours décapant livré en appels réponses avec des choristes flamboyantes.
D'entrée de jeu, la ressemblance avec Fela est frappante: même apparence physique, même voix profonde, mêmes mouvements félins. Seun présente d'abord les musiciens qui sont reçus à coup de pétarades. Bravo pour le sens de la fête, mais l'important est ailleurs. Seun attaque Don't Give That Shit To Me. L'effet est saisissant. Une section rythmique impeccable, des musiciens qui se donnent le temps de faire monter l'énergie, des cuivres qui se permettent quelques notes croches... comme l'afrobeat était joué du temps du Black President.
Seun entreprendra quelques courts solos de saxophone. La technique n'est pas encore parfaitement développée, mais ça viendra. Et Fela n'avait pas eu assez d'une vie pour devenir un grand instrumentiste. Qu'à cela ne tienne, il avait marqué l'histoire et Seun pourrait bien en faire de même. Ne manquait que les longs discours politiques si caractéristiques du père. Mais, les dizaines de milliers de festivaliers n'étaient pas là pour ça.
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Collaborateur du Devoir
D'entrée de jeu, la ressemblance avec Fela est frappante: même apparence physique, même voix profonde, mêmes mouvements félins. Seun présente d'abord les musiciens qui sont reçus à coup de pétarades. Bravo pour le sens de la fête, mais l'important est ailleurs. Seun attaque Don't Give That Shit To Me. L'effet est saisissant. Une section rythmique impeccable, des musiciens qui se donnent le temps de faire monter l'énergie, des cuivres qui se permettent quelques notes croches... comme l'afrobeat était joué du temps du Black President.
Seun entreprendra quelques courts solos de saxophone. La technique n'est pas encore parfaitement développée, mais ça viendra. Et Fela n'avait pas eu assez d'une vie pour devenir un grand instrumentiste. Qu'à cela ne tienne, il avait marqué l'histoire et Seun pourrait bien en faire de même. Ne manquait que les longs discours politiques si caractéristiques du père. Mais, les dizaines de milliers de festivaliers n'étaient pas là pour ça.
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