vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h09


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Rickie Lee Jones au Spectrum - Jésus en goguette à Coolsville

Sylvain Cormier   30 juin 2007  Musique
Question: combien de chansons immédiatement reconnaissables une artiste culte programmée le vendredi soir entre 18h et 20h dans la salle mythique d'un grand festival de jazz doit-il à des fans qui ont écouté mille millions de fois tous ses albums mais pas nécessairement encore le plus récent? Réponse: aucune. Un artiste ne doit rien à personne, et tout à son art. À plus forte raison quand on est Rickie Lee Jones et que l'idée même de chansons incontournables fait rigoler en toussottant. On est la Duchess Of Coolsville où on ne l'est pas.

Alors quoi? Alors les gens, hier en sortant du Spectrum, étaient à la fois ravis et en deça de leur désir. Ils voulaient leur Rickie passionnante, intraitable, et elle l'a été. Pas de problème, ils l'ont suivi, fut-ce dans une relecture détournée du Nouveau Testament, où Elvis zigzague en Cadillac entre les nuages du paradis et Jésus déambule incognito dans Coolsville. C'est bien là qu'elle allait, la cinquantenaire beatnik de Chicago, guitare électrique plus souvent qu'autrement en bandoulière, grattant telle Lou Reed au temps du Velvet Underground de longs morceaux à deux ou trois accords en boucle qui s'intitulaient Falling Up, Nobody Knew My Name, Gethsemane, Circle In The Sand ou Tried To Be A Man, autant de versets de son drôle d'album à thématique religieuse, The Sermon On Exposition Boulevard.

Remarquez, pour qui n'avait pas préalablement lu les textes des chansons ou The Words, le livre de Lee Cantelon qui a inspiré l'album, la thématique demeurait nébuleuse. Surtout que Rickie Lee Jones articule peu, étirant les syllabes jusqu'à les miauler (magnifiquement). D'autant que le Cantelon en question officiait à la guitare d'appoint, la martelant comme s'il voulait enterrer ses propres mots.

Alors quoi? Alors il y avait des crescendos formidables et des solos à rallonge et du rock de garage, et la Duchess Of Coolsville régnait sur ses arpèges. Et le public applaudissait ce parti-pris de pertinence au présent. Mais c'est humain, le même public aurait pris un peu plus que les deux ou trois belles anciennes prévues au programme, même s'il y avait dans le lot The Last Chance Texaco, bijou des débuts. Surtout au rappel, quand la chère déglinguée s'est finalement installée au piano, après avoir dit merci aux gens d'avoir été aussi «willing» (et leur avoir chanté la superbe Willin' de Lowell George, belle oubliée des années 70), on s'est sentis un peu floués. Pourquoi une seule chanson au piano? Avoir ajouté A Lucky Guy aurait suffi. Ou Pirates. On ne lui demandait même pas Chuck E's In Love, son seul et unique succès de palmarès. Rien qu'un peu de considération de la part de l'artiste.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009