À voir à la télévision le lundi 30 octobre - Les masques de Patrice Chéreau
Le cycle de soirées d'opéra — pour quatre lundis à partir de cette semaine — débute par le nectar de la programmation: Così fan tutte de Mozart, capté en juillet 2005 lors du Festival d'Aix-en-Provence. Ce spectacle, dirigé par Daniel Harding, était mis en scène par Patrice Chéreau.
De l'opéra le plus délicat de Mozart, Chéreau a évidemment tout compris. La comédie n'est qu'un paravent. Derrière les masques, il y a un miroir, pas très reluisant, de l'âme humaine: l'inconstance, les doutes, la trahison, qui traduisent un mal-être profond. D'ailleurs, dans le décorum de Richard Peduzzi, nous ne sommes pas au théâtre, mais dans les coulisses. Les coulisses d'un opéra où se révèlent les coulisses de l'âme. L'image est forte, indispensable, car c'est cette vérité, cette essence de Così fan tutte, qu'on avait envie de voir depuis longtemps.
Un chef moins pressé et encore plus en phase avec l'envers du décor de la musique aurait tiré davantage de ce spectacle, mais les chanteurs — Erin Wall, Elina Garança, Stéphane Degout, Shawn Mathey —, eux, ont compris de quoi il en retournait. De ceux qui tirent les ficelles de l'intrigue, Ruggero Raimondi, avec ses restes vocaux, est théâtralement parfait, alors que Barbara Bonney en fait trop. Mais ne serait-ce que pour la prestation d'Elina Garança en Fiordiligi, l'une des artistes lyriques les plus importantes de notre temps, la soirée — une des plus grandes mises en scène mozartiennes depuis la mort de Ponnelle — vaudrait le détour.
Grands spectacles / Così fan tutte, Artv, 19h30
De l'opéra le plus délicat de Mozart, Chéreau a évidemment tout compris. La comédie n'est qu'un paravent. Derrière les masques, il y a un miroir, pas très reluisant, de l'âme humaine: l'inconstance, les doutes, la trahison, qui traduisent un mal-être profond. D'ailleurs, dans le décorum de Richard Peduzzi, nous ne sommes pas au théâtre, mais dans les coulisses. Les coulisses d'un opéra où se révèlent les coulisses de l'âme. L'image est forte, indispensable, car c'est cette vérité, cette essence de Così fan tutte, qu'on avait envie de voir depuis longtemps.
Un chef moins pressé et encore plus en phase avec l'envers du décor de la musique aurait tiré davantage de ce spectacle, mais les chanteurs — Erin Wall, Elina Garança, Stéphane Degout, Shawn Mathey —, eux, ont compris de quoi il en retournait. De ceux qui tirent les ficelles de l'intrigue, Ruggero Raimondi, avec ses restes vocaux, est théâtralement parfait, alors que Barbara Bonney en fait trop. Mais ne serait-ce que pour la prestation d'Elina Garança en Fiordiligi, l'une des artistes lyriques les plus importantes de notre temps, la soirée — une des plus grandes mises en scène mozartiennes depuis la mort de Ponnelle — vaudrait le détour.
Grands spectacles / Così fan tutte, Artv, 19h30
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