Concerts classiques - Raconte-nous encore, Yuli!
I Musici présente depuis trois ans des opéras en un acte mis en scène avec les moyens du bord, beaucoup d'enthousiasme et un flair véritable dans le choix de jeunes chanteurs de la place. L'initiative mérite un soutien, car elle enrichit notre vie musicale en faisant revivre des oeuvres «entre deux» - trop modestes pour l'Opéra de Montréal (quoique l'Atelier pourrait s'y intéresser...) ou pour l'OSM, trop ambitieuses pour d'autres ensembles.
Le risque économique pour I Musici est certain et la série ne pourra être rentabilisée et se poursuivre que si ces spectacles peuvent être remontés ailleurs au Canada. Ce circuit a du mal à être amorcé, car à la frilosité ambiante s'ajoute bien souvent l'inculture en termes de répertoire de la part des décisionnaires, reproche que l'on ne peut assurément pas faire à Yuli Turovsky et son équipe.
Preuve en est cet Old Maid and the Thief, truculent opéra radiophonique de Gian Carlo Menotti (1939) qui fait passer une soirée peu ordinaire et fort agréable. D'une durée d'une heure, cette comédie sur une vieille fille acariâtre et cleptomane, qui recueille un mendiant honnête et parvient à faire de lui un voleur qui part avec le coffre et la bonne, fonctionne parfaitement, en tant que partition et sur le plan scénique. Le dispositif, fait de panneaux peints à trois faces, est rudimentaire mais éloquent. Par contre, la sonorisation d'appoint, destinée à enlever de la sécheresse à l'acoustique de Maisonneuve, fait des siennes et apparaît trop dosée par moments.
Yuli Turovsky mène de main de maître une distribution parfaite. On a découvert l'humour de Marie-Josée Lord, la largeur très égale du registre de Geneviève Couillard-Després, les aigus brillants et projetés de Karin Côté (magnifique air «Steal me») et on a retrouvé l'abattage d'Étienne Dupuis, un «grand» - je l'ai déjà écrit ici. Cet admirable sans-faute mérite une suite.
On en redemande aussi s'agissant de la première partie, savoureuse imbrication de contes et de musique, avec une irrésistible mamie conteuse et philosophe, Kim Yaroshevskaya. Du coup, on n'est pas regardant sur les traits de violons pas très propres dans Marcello et Corelli.
Collaborateur du Devoir
Le risque économique pour I Musici est certain et la série ne pourra être rentabilisée et se poursuivre que si ces spectacles peuvent être remontés ailleurs au Canada. Ce circuit a du mal à être amorcé, car à la frilosité ambiante s'ajoute bien souvent l'inculture en termes de répertoire de la part des décisionnaires, reproche que l'on ne peut assurément pas faire à Yuli Turovsky et son équipe.
Preuve en est cet Old Maid and the Thief, truculent opéra radiophonique de Gian Carlo Menotti (1939) qui fait passer une soirée peu ordinaire et fort agréable. D'une durée d'une heure, cette comédie sur une vieille fille acariâtre et cleptomane, qui recueille un mendiant honnête et parvient à faire de lui un voleur qui part avec le coffre et la bonne, fonctionne parfaitement, en tant que partition et sur le plan scénique. Le dispositif, fait de panneaux peints à trois faces, est rudimentaire mais éloquent. Par contre, la sonorisation d'appoint, destinée à enlever de la sécheresse à l'acoustique de Maisonneuve, fait des siennes et apparaît trop dosée par moments.
Yuli Turovsky mène de main de maître une distribution parfaite. On a découvert l'humour de Marie-Josée Lord, la largeur très égale du registre de Geneviève Couillard-Després, les aigus brillants et projetés de Karin Côté (magnifique air «Steal me») et on a retrouvé l'abattage d'Étienne Dupuis, un «grand» - je l'ai déjà écrit ici. Cet admirable sans-faute mérite une suite.
On en redemande aussi s'agissant de la première partie, savoureuse imbrication de contes et de musique, avec une irrésistible mamie conteuse et philosophe, Kim Yaroshevskaya. Du coup, on n'est pas regardant sur les traits de violons pas très propres dans Marcello et Corelli.
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