Concerts classiques: Le gros nul de l’année
Le grand coup de chapeau de la soirée d’hier va avec une éclatante évidence à Benedetto Lupo. Deux fois soliste de Kent Nagano, le pianiste italien est devenu, à Montréal, «Monsieur Mozart bis» derrière Louis Lortie, qui oeuvre annuellement lors du Festival «Lortie Plus». Le fait que l’acteur de soutien soit un mozartien bien plus intéressant que celui qui tient le premier rôle est apparu une fois de plus hier soir.
Benedetto Lupo brosse un Mozart à la fois théâtral et confident, passant de l’un à l’autre tout en souplesse, avec de très subtiles inflexions et une intelligence lumineuse des phrasés. Le plus beau, c’est qu’il fait tout cela sans esbroufe, avec un tact de grand seigneur. Qu’on lui ouvre grand la porte de Wilfrid-Pelletier; on a hâte de le revoir.
Le contraste de cette finesse d’esprit avec la bêtise du Mozart que Monsieur Hartmut Haenchen nous a infligé n’en fut que plus vertigineux. Chaque saison, c’est comme s’il nous fallait un «gros nul de l’année»; rôle que Hans Graf avait parfaitement tenu l’an passé avec une incompétente 7e Symphonie de Dvorák. Hartmut Haenchen, choisi pour remplacer Frans Brüggen dans ce sinistre non-hommage à Mozart, a surpassé ce modèle et ne risque pas trop d’être battu cette saison.
Ce chef d’origine est-allemande (Dresde), né en 1943, est pourtant a priori un spécialiste de la musique de la période classique. Il s’est notamment signalé par une remarquable interprétation de L’Orfeo de Gluck au disque (1989) et en vidéo (1991). Mais ce que nous avons entendu de lui hier soir était consternant. Je passe sur l’accompagnement indifférencié et vertical du concerto. Par contre, les symphonies…
Déjà le placement de l’orchestre, regroupant les deux sections de violons, contrairement à Talmi qui, avec l’OSQ dimanche, les avait judicieusement opposées, était critiquable. Quand on ajoute à cela une lecture déficiente des partitions, comme avant la reprise du 1er mouvement de la 34e Symphonie, où, au lieu d’entendre la mélodie des deuxièmes violons et les altos, on perçoit surtout la figure d’accompagnement des premiers violons, la chose part mal.
Mais Haenchen nous fait la totale: manque de différentiation entre piano et forte, effets factices de retrait du son qui font retomber la tension (dans la 40e surtout), phrases juxtaposées comme des panneaux de gyproc, pupitres qui ne dialoguent pas. Tout cela n’était pas seulement mauvais, c’était insondablement stupide, à l’image du deuxième mouvement, Andante di molto, de la 34e Symphonie, surarticulé et chichiteux, bourré de ralentis et d’accélérations alors que tout n’y est que chant, fluidité et souplesse. Ces imbécillités récurrentes s’inséraient dans un cadre lâche, atone et invertébré, où sur le non-respect de la musique se greffaient de pseudo-idées interprétatives tombant à plat.
Voilà bien un chef qu’on n’a vraiment plus envie de subir ici.
Benedetto Lupo brosse un Mozart à la fois théâtral et confident, passant de l’un à l’autre tout en souplesse, avec de très subtiles inflexions et une intelligence lumineuse des phrasés. Le plus beau, c’est qu’il fait tout cela sans esbroufe, avec un tact de grand seigneur. Qu’on lui ouvre grand la porte de Wilfrid-Pelletier; on a hâte de le revoir.
Le contraste de cette finesse d’esprit avec la bêtise du Mozart que Monsieur Hartmut Haenchen nous a infligé n’en fut que plus vertigineux. Chaque saison, c’est comme s’il nous fallait un «gros nul de l’année»; rôle que Hans Graf avait parfaitement tenu l’an passé avec une incompétente 7e Symphonie de Dvorák. Hartmut Haenchen, choisi pour remplacer Frans Brüggen dans ce sinistre non-hommage à Mozart, a surpassé ce modèle et ne risque pas trop d’être battu cette saison.
Ce chef d’origine est-allemande (Dresde), né en 1943, est pourtant a priori un spécialiste de la musique de la période classique. Il s’est notamment signalé par une remarquable interprétation de L’Orfeo de Gluck au disque (1989) et en vidéo (1991). Mais ce que nous avons entendu de lui hier soir était consternant. Je passe sur l’accompagnement indifférencié et vertical du concerto. Par contre, les symphonies…
Déjà le placement de l’orchestre, regroupant les deux sections de violons, contrairement à Talmi qui, avec l’OSQ dimanche, les avait judicieusement opposées, était critiquable. Quand on ajoute à cela une lecture déficiente des partitions, comme avant la reprise du 1er mouvement de la 34e Symphonie, où, au lieu d’entendre la mélodie des deuxièmes violons et les altos, on perçoit surtout la figure d’accompagnement des premiers violons, la chose part mal.
Mais Haenchen nous fait la totale: manque de différentiation entre piano et forte, effets factices de retrait du son qui font retomber la tension (dans la 40e surtout), phrases juxtaposées comme des panneaux de gyproc, pupitres qui ne dialoguent pas. Tout cela n’était pas seulement mauvais, c’était insondablement stupide, à l’image du deuxième mouvement, Andante di molto, de la 34e Symphonie, surarticulé et chichiteux, bourré de ralentis et d’accélérations alors que tout n’y est que chant, fluidité et souplesse. Ces imbécillités récurrentes s’inséraient dans un cadre lâche, atone et invertébré, où sur le non-respect de la musique se greffaient de pseudo-idées interprétatives tombant à plat.
Voilà bien un chef qu’on n’a vraiment plus envie de subir ici.
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