Équité salariale: deux prix différents pour le magazine «Maclean’s»

L’exercice, précise le «Maclean’s», est laissé à la discrétion du lecteur, qui pourra ou non payer l’écart de 1,82 $.
Photo: Maclean’s L’exercice, précise le «Maclean’s», est laissé à la discrétion du lecteur, qui pourra ou non payer l’écart de 1,82 $.

Que vous soyez une lectrice ou un lecteur du Devoir, vous avez payé votre journal au même prix ce matin lors de votre visite au dépanneur. Le magazine anglophone d’actualité Maclean’s s’est toutefois amusé pour son dernier numéro à proposer deux tarifs distincts pour susciter la réflexion autour de son dossier sur les iniquités salariales au pays.

La méthode, même si elle est symbolique, fait réagir. La publication d’information de Rogers, ancienne cousine de L’actualité, a distribué sa plus récente édition avec deux couvertures différentes. Sous le même surtitre « Équité salariale », la version au fond jaune affiche en grosses lettres « Les femmes paient 6,99 $ pour ce magazine », soit le prix courant. L’autre variante affiche sur fond noir « Les hommes paient 8,81 $ pour ce magazine ».

L’idée, explique l’équipe du Maclean’s, est de refléter l’écart de 26 % dans les salaires des emplois à temps plein entre les hommes et les femmes au Canada. « C’est une façon provocatrice d’attirer l’attention sur un écart qui s’est à peine rétréci au fil des décennies », dit la publication dans une présentation en ligne de la démarche.

« Nous espérons, dit le magazine, que ces deux couvertures suscitent ici un débat pressant qui a déjà lieu ailleurs dans le monde. »

Le Maclean’s s’inspire entre autres d’une expérience d’étudiants universitaires australiens qui, lors d’une vente de gâteaux, avaient modifié les prix en fonction du sexe de l’acheteur gourmand. L’affaire avait soulevé les passions ainsi que la colère sur les réseaux sociaux, avant de faire les manchettes.

L’exercice, précise le Maclean’s, est laissé à la discrétion du lecteur, qui pourra ou non payer l’écart de 1,82 $. La publication torontoise promet de verser ce montant supplémentaire à l’organisme Indspire, qui remet des bourses d’études à des femmes autochtones.

Le dossier s’étaye sur une dizaine de papiers, notamment sur l’écart salarial chez les femmes transgenres et les femmes de couleur.

L’approche du Maclean’s a suscité toutes sortes de réactions en ligne, entre les applaudissements (« Merci Maclean’s d’être un leader »), les blagues de mononcle (« Je vais envoyer ma femme l’acheter ») et la colère (« 0 $, voilà ce que je paierais pour ce torchon »). Comme quoi le débat ne fait que commencer.