L'animateur André Arthur congédié de la radio BLVD à Québec

L'animateur avait tenu des propos homophobes mercredi dernier, qualifiant la rue Saint-Jean à Québec de «boulevard sida», «au cœur du quartier gai».
Photo: Jacques Grenier Le Devoir L'animateur avait tenu des propos homophobes mercredi dernier, qualifiant la rue Saint-Jean à Québec de «boulevard sida», «au cœur du quartier gai».

André Arthur perd son contrat à l’antenne de la radio BLVD 102,1, à Québec. La firme propriétaire de la station, Leclerc Communication, a indiqué par communiqué qu’elle mettait fin au contrat de l’animateur, une décision qui prend effet immédiatement.

 

M. Arthur avait tenu des propos homophobes mercredi dernier, qualifiant la rue Saint-Jean à Québec de « boulevard sida », « au coeur du quartier gai ». Il racontait avoir eu envie de manger du spaghetti au centre-ville la veille et s’être rendu dans un restaurant sur la rue Saint-Jean, situé entre le cabaret Le Drague et le Ballon rouge.

 

Ces propos avaient été vertement dénoncés par la communauté LGBT de Québec. Son congédiement est « un message clair que notre société ne veut plus encenser ce type de propos », affirme Louis-Filip Tremblay, directeur de l’Alliance Arc-en-ciel de Québec. Cet organisme de défense des droits de la diversité sexuelle a félicité la station et son propriétaire de cette décision.

 

Loin d’en être à sa première controverse, l’animateur avait également été remercié par CHOI Radio X à Québec en avril 2016. Ce congédiement survenait quelques jours après qu’il eut tenu des propos sur l’écrasement d’avion ayant coûté la vie à Jean Lapierre et à six autres personnes. Il avait fait la manchette quelques semaines auparavant pour des commentaires racistes. Le Consulat général d’Haïti à Montréal s’était dit choqué par les affirmations d’André Arthur voulant que ce pays « bizarre et sans avenir » et où tout le monde « va essayer de te voler » devrait être mis sous tutelle.

 

L’animateur et son antenne BLVD 102,1 font face à une poursuite en diffamation pour la somme de 500 000 $ de la part de Michel Juneau-Katsuya, un ex-cadre des services de renseignement canadien. Les deux hommes avaient échangé diverses accusations sur des tribunes publiques relativement à l’attentat survenu au Centre culturel islamique de Québec. André Arthur a riposté en septembre dernier avec une poursuite de 85 000 $ contre M. Juneau-Katsuya.

 

L’animateur a été député fédéral de la circonscription de Portneuf–Jacques-Cartier entre 2006 et 2011, tout en continuant à tirer des revenus de publicités et d’un emploi de chauffeur d’autocar.

 

La direction de la station de radio BLVD 102,1 doit annoncer rapidement comment elle compte occuper les ondes du créneau horaire de M. Arthur, soit entre 12 h et 13 h tous les jours de la semaine. Sa dernière émission, diffusée lundi, était la seule indisponible sur le site de la station au moment d’écrire ces lignes.

13 commentaires
  • Luc Bertrand - Abonné 29 janvier 2018 17 h 03

    Dehors les chiens pas de médaille!

    Bravo! Enfin une station de Québec qui a fini par reconnaître son erreur d'avoir engagé un tel boutte-feu! À quand viendra le tour des Jeff Fillion, Robert Gillet et autres Éric Duhaime?

    Malheureusement, il est minuit moins une. Les dommages faits par les "radios-poubelle" de Québec sont considérables et probablement irréversibles. La ville de Québec s'est radicalisée sur la droite conservatrice et disciple de l'Institut économique de Montréal depuis une bonne génération!

    Le Parti québécois et le Bloc québécois en savent quelque chose! Et les libéraux provinciaux, les conservateurs fédéraux et l'ADQ/CAQ en ont pris bonne note. Leurs idées populistes et démagogues y ont trouvé un terreau très fertile!


    Luc Bertrand
    Pointe-aux-Trembles

    • Jean-Daniel Bourgault - Abonné 30 janvier 2018 09 h 25

      Robert Gillet ne fait plus de radio depuis 2004. SVP, gens de Montréal, sortez un peu des lieux communs et documentez la preuve. On est tous d'accord que les radios poubelles de Québec sont une plaie mais il faut avoir des arguments solides pour les contrer. Déjà l'article contient une grosse erreur factuelle en parlant du Ballon Rouge qui n'existe plus depuis une décennie environ!

      Jean-Daniel Bourgault
      Québec

    • Luc Bertrand - Abonné 30 janvier 2018 12 h 11

      Merci, monsieur Bourgault, pour la précision, je me doutais bien que Robert Gillet ne devait plus avoir d'émission puisqu'on ne parlait plus de lui depuis longtemps.

      Mais vous avez raison sur le fond. Le Parti québécois n'a qu'à s'en prendre à lui-même pour avoir "perdu" Québec. S'il y a une région qui a tout à gagner dans un Québec souverain, c'est bien notre capitale, qui sera vraiment nationale, avec toutes les ambassades et autres institutions, services et infrastructures dignes du siège du gouvernement d'un pays.

      Hélas, le PQ s'est laissé stigmatiser, sans répliquer, par Ottawa et les fédéralistes sur la question des "votes ethniques" et le mouvement indépendantiste a occulté la question identitaire pendant presque 20 ans. En plus de refuser de remettre en question sa stratégie référendaire et de reporter sans cesse la tenue d'un troisième référendum, le PQ a fait le jeu d'Ottawa en faisant sa "job de bras", sabrant dans la santé et l'éducation, fusionnant de force les municipalités pour tenter l'illusoire quadrature du cercle de l'équilibre budgétaire de la province de Québec, après s'être fait pelleter le déficit d'Ottawa sur le dos. Ce fut le début d'un virage à droite qui a pavé la voie au démantèlement de notre État par le PLQ et à l'éclatement du PQ selon l'axe gauche-droite (QS-CAQ).

      De son côté, le Bloc québécois n'a jamais pu se remettre de la perte de tout parti indépendantiste capable de prendre le pouvoir et lui donner une légitimité en vue de faciliter la transition de province à pays. En absence de toute revendication constitutionnelle de la part du Québec, le BQ était marginalisé à la seule défense stérile et impuissante des intérêts du Québec dans le Canada.

      En absence d'espoir de gain du côté indépendantiste, Québec s'est probablement tournée vers le plus offrant du côté fédéraliste. Et je soupçonne que Québec ne se reconnaît pas non plus dans le multiculturalisme et l'anglicisation de Montréal. Moi non plus d'ailleurs.

      Luc Bertr

  • Nadia Alexan - Abonnée 29 janvier 2018 17 h 31

    Bon débarras de la radio-poubelle.

    Bon débarras. Félicitations à la station de radio qui a finalement pris la bonne décision de congédier un homme qui ne fait que des propos racistes, homophobes et ignorants. Heureusement que le secteur de la ville de Québec va se débarrasser de la radio poubelle.

  • Gilles Bonin - Abonné 29 janvier 2018 19 h 22

    Il n'y a pas...

    de termes «politically correct» pour qualifier ce personnage qui a sévi sur les ondes québécoisestrop longtemps - aussi doit-on reconnaître avec l'aval d'une frange substentielle de la population de la Capitale nationale et sa région. Dommage

  • François Masseau - Abonné 29 janvier 2018 20 h 41

    Toute une perte.

    Mon petit doigt me dit qu’il ne sera pas longtemps au chômage. Dans notre capitale on aime tellement ce genre de démagogue. Une offre lui sera faite dans peu de temps ! Je ne sais pas ce qu’il y a dans l’eau de cette ville au relents de dupléssisme bien assumés et avec une telle fierté d’être de droite !

  • Christian Montmarquette - Inscrit 29 janvier 2018 21 h 33

    Paix à son micro

    ..parce que ça ne devait pas être drôle tous les jours d'être le micro d'André Arthur et de recevoir toute la m... qui sortait de sa geule à celui-là.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 30 janvier 2018 13 h 28

      M.Montmarquette, les termes de votre commentaire sont aussi édifiants
      que ceux de ces radios...