Le HuffPost américain ferme sa plateforme destinée aux contributeurs citoyens

Ces changements ne touchent que l’édition américaine du HuffPost.
Photo: Capture d'écran Ces changements ne touchent que l’édition américaine du HuffPost.

Après en avoir fait une pierre angulaire de son modèle d’affaires depuis sa fondation en 2005, le HuffPost a annoncé qu’il fermait aux États-Unis sa plateforme destinée aux contributeurs citoyens. Le média en ligne annonce du même souffle la création de deux nouvelles sections, une pour des chroniqueurs réguliers et l’autre destinée à des témoignages.

Ces changements ne touchent pas l’édition québécoise du HuffPost, a précisé au Devoir son éditeur local, Patrick White.

L’annonce officielle de ces changements a été faite dans un texte en ligne de la rédactrice en chef du HuffPost, Lydia Polgreen.

« Avec le tsunami de fausses informations auquel nous devons faire face quotidiennement, les plateformes ouvertes qui semblaient jadis un apport démocratique radical menacent aujourd’hui de miner cette même démocratie, écrit Polgreen. Quand tout le monde a un mégaphone, personne ne peut être entendu. »

Selon des chiffres du New York Times, la plateforme des contributeurs extérieurs drainait entre 10 et 15 % du trafic du site Web.

Maintenant, il y a de nombreux endroits où les gens peuvent partager et échanger des idées. Peut-être trop: un des plus grands défis auxquels nous faisons tous face [...] est de trouver qui écouter.

  

Deux nouvelles sections

Le HuffPost proposera donc deux nouvelles sections, « Opinion » et « Personal ». La première hébergera « un mélange de columnists réguliers et d’auteurs invités » gérés par l’équipe éditoriale du média.

La seconde — aussi gérée en interne par le HuffPost — sera un lieu pour des essais à la première personne ou des textes basés davantage sur l’humain.

Lydia Polgreen se félicite tout de même de l’importance qu’a eue la plateforme citoyenne du HuffPost depuis sa création en mai 2005, celle-ci ayant permis de donner une tribune à beaucoup de voix qui n’auraient pas pu être entendues autrement. Au total, quelque 100 000 personnes ont écrit sur le site, dit-elle.

« À l’époque, les réseaux sociaux existaient à peine. Facebook était un tout nouveau site de rencontre pour les étudiants. Twitter n’était pas inventé », dit Lydia Polgreen, une ancienne du New York Times.

« Maintenant, il y a de nombreux endroits où les gens peuvent partager et échanger des idées, ajoute Mme Polgreen, en référence aux médias sociaux. Peut-être trop : un des plus grands défis auxquels nous faisons tous face, dans une ère où tout le monde a une plateforme, est de trouver qui écouter. »

Sur Twitter, la décision du HuffPost a déplu à plusieurs contributeurs. Certains qui avaient déjà entamé des textes pour les prochains mois ont déploré le fait de n’avoir reçu aucun avertissement de la fin de la plateforme publique. D’autres accusaient le site d’avoir fait des affaires grâce à eux avant de les larguer.

« Ce n’a pas été une décision facile, parce que les blogueurs ont fait partie du coeur et de l’âme du HuffPost depuis ses débuts, a justifié la rédactrice en chef sur Twitter. Mais dans le climat actuel, nous, comme salle de nouvelles, avions besoin de reprendre le contrôle sur ce que nous publions. »

Depuis son entrée en poste en décembre 2016, Mme Polgreen a entre autres refait le site Web du média et changé son nom de Huffington Post en HuffPost. Le site d’information, désormais propriété de Verizon, a été cofondé par Arianna Huffington, qui est partie en août 2016.