Des appuis et un peu d’aide pour CIBL

Vendredi dernier, la station communautaire CIBL a annoncé à ses treize employés qu’ils étaient mis à pied jusqu’à nouvel ordre, étant incapable de les payer.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Vendredi dernier, la station communautaire CIBL a annoncé à ses treize employés qu’ils étaient mis à pied jusqu’à nouvel ordre, étant incapable de les payer.

Si les « piliers » du comité de relance de la radio communautaire CIBL ne sont pas encore coulés dans le béton, la station qui vit en ce moment une crise financière reçoit des appuis et a aussi obtenu une légère aide financière d’un de ses créanciers.

 

La Caisse d’économie solidaire Desjardins, principal partenaire financier de CIBL, a consenti à la station une petite aide financière. Aux dires du président du conseil d’administration, Thierry Holdrinet, « ça va nous donner un peu d’air ». La somme non divulguée permettra au 101,5 FM d’avoir une ressource administrative dans ses locaux, qui pourra s’occuper autant de tâches de bureau que d’une certaine coordination.

 

Vendredi dernier, la station communautaire montréalaise fondée en 1980 a annoncé à ses treize employés qu’ils étaient mis à pied jusqu’à nouvel ordre, étant incapable de les payer.

 

Le conseil d’administration est à travailler à la formation d’un comité de relance. Deux acteurs des milieux économique et culturel ont été approchés par la station et vont évaluer dans les prochains jours la nature de leur implication.

 

Cogeco

 

Différents joueurs médiatiques ont aussi eu des discussions avec le président de CIBL. Le président de Cogeco, Richard Lachance, a d’ailleurs affirmé jeudi lors de l’assemblée générale des actionnaires de l’entreprise qu’il avait rencontré M. Holdrinet mercredi.

 

En entrevue au Devoir, M. Lachance a expliqué que son entreprise a offert son soutien, « pourvu qu’ils soient capables de monter un plan d’affaires convenable, avec une vision. On n’aide personne si les diffuseurs mettent de l’argent et que ça ne va nulle part. Moi, je pense qu’il faut qu’ils revoient leur mission et leur modèle d’affaires. »

 

Aux dires de Thierry Holdrinet, Cogeco, qui est très présente dans le monde de la radio avec entre autres le 98,5 FM, Rythme FM et CKOI, pourrait entre autres dépanner CIBL en s’occupant de stagiaires qui devaient bientôt s’établir à cette antenne. La radio Web de l’UQAM, Choq.ca, a aussi offert son aide à CIBL.

 

Déjà en 2016, Cogeco avait offert à CIBL un montant 375 000 $ sur trois ans. Le don s’inscrivait dans le cadre des règles du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qui obligent à verser un certain pourcentage des revenus pour développer du contenu canadien. En novembre dernier, l’entreprise avait par ailleurs accepté de donner d’un coup à CIBL le dernier pan de 100 000 $ pour 2018, au lieu de l’étaler par trimestre.

 

« Ça nous a permis de survivre jusqu’à maintenant, ils nous ont sauvés avec ça », dit Thierry Holdrinet.

 

D’autres appuis

 

Les employés de la radio étudiante de l’Université de Montréal, CISM, ont aussi publié un mot de soutien en ligne. L’équipe du 89,3 FM « est aux côtés de CIBL pour continuer de proposer une solution de rechange aux médias traditionnels et à la culture de masse dans une approche originale, rigoureuse et innovante », et ajoute s’inquiéter de « la perte de voix distinctes issues de milieux différents, et souvent mis de côté par les médias privés ».

 

Par ailleurs, le duo Saratoga a décidé de redonner à CIBL une bourse de 750 $ reçue de la station lors du Gala de la Bourse RIDEAU, il y a quelques mois. L’étiquette de disque du groupe, Ambiances Ambiguës, a aussi profité du dernier match de la Ligue d’improvisation musicale de Montréal, qu’elle organise, pour solliciter la générosité du public. Quelque 170 $ ont été récoltés.