La ministre David n’envisage pas d’aide immédiate pour la presse écrite

Hélène David a affirmé qu’elle avait rappelé récemment à ses collègues l’importance, pour leur ministère, d’acheter de la publicité dans les journaux régionaux, une source de revenus majeure pour ces publications.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Hélène David a affirmé qu’elle avait rappelé récemment à ses collègues l’importance, pour leur ministère, d’acheter de la publicité dans les journaux régionaux, une source de revenus majeure pour ces publications.

Face à la situation précaire dans laquelle se trouvent un nombre grandissant de médias traditionnels, la ministre de la Culture, Hélène David, reste de marbre. Son gouvernement n’a pas, pour l’heure, l’intention d’aider la presse écrite, régionale ou indépendante au moyen de subventions ou de crédits d’impôt additionnels.

 

C’est du moins ce qu’elle a laissé entendre jeudi soir à l’Assemblée nationale, lors de l’étude des crédits budgétaires en culture. Pressée par la députée péquiste Véronique Hivon de préciser si le gouvernement Couillard pourrait envisager une aide financière additionnelle aux journaux et autres médias menacés de fermeture en raison des bouleversements qui ébranlent leur industrie, Mme David a refusé de s’engager. Les journaux régionaux se débrouillent bien seuls, a-t-elle soutenu.

 

« Il y a eu des transactions sur lesquelles on n’a pas nécessairement de pouvoir, mais quand Capitales Médias a repris certains journaux [de Gesca], ça a été un soulagement collectif. […] Tout ça est en mouvance. »

 

La porte-parole péquiste en matière de culture s’est montrée déçue. Un nombre grandissant d’États interviennent pour soutenir l’industrie médiatique, rappelle-t-elle. « Ce n’est pas un domaine qu’on peut laisser aller au gré des marchés ! C’est un pilier démocratique important. J’invite la ministre à réfléchir à un plan concret », a-t-elle dit, évoquant des « chiffres effarants » qui laissent craindre le pire. « Le gouvernement fédéral songe à agir, nous, on laisse le train passer. Or, le gouvernement a une responsabilité de favoriser l’information », a-t-elle déploré.

 

Hélène David a affirmé qu’elle avait rappelé récemment à ses collègues l’importance, pour leur ministère, d’acheter de la publicité dans les journaux régionaux, une source de revenus majeure pour ces publications. Depuis 1995, un décret « incite » les ministères à investir 4 % de leur budget publicitaire dans les médias communautaires. Mais cette cible est rarement atteinte.

  • François Genest - Abonné 22 avril 2016 10 h 02

    Ce serait inadéquat de toute façon

    Le problème est plus profond qu'une simple question fiscale. Les communications pour influencer l'opinion publique passent de moins en moins par les médias traditionnels. Ces derniers sont obligés de rapporter un buzz de l'actualité dont le traitement leur échappe de plus en plus afin d'attirer une part décroissante des revenus publicitaires. Il faudrait faire du financement de la presse une question de principe, peu importe l'appartenance idéologique. Et je suis convaincu que ça se ne fera pas à l'initiative d'un seul ministre, aussi bien intentionné soit-il ou soit-elle.

  • Sylvain Picard - Abonné 22 avril 2016 10 h 29

    Aider la presse écrite, non.

    Mais donner 3 milliards de dollars à Bombardier qui sous-traiteront par la suite des emplois à l'internationnal, oui. Il faut aider les amis et faire taire la dissidence...

  • Claude Gélinas - Abonné 22 avril 2016 17 h 32

    Une Ministre de la culture qui banalise la crise des médias !

    Pourquoi aider la presse écrite indépendante comme Le Devoir alors que le PLQ a pratiquement la Grosse Presse fédéraliste a son service.

    Pourtant, en regard de la démocratie et du respect du troisième pouvoir, la France accorde une défiscalisté des dons à la hauteur de 66 2/3 %. Et ce, notamment pour le Monde diplomatique. Si elle était adoptée, une telle mesure permettrait au journal Le Devoir de maintenir sa pérennité.

    Se pourrait-il que la Ministre de la culture, sans avoir vraiment étudié la question. ait répondu avec précipitation à la question pertinente posée par Madame Véronique Hivon ? Au lieu de fermer la porte, la Ministre serait bien avisée de se raviser et d'envisager un plan d'aide sélectifs pour des médias écrits indépendants comme Le Devoir. Autrement, après la Presse écrite les risques demeurent élevés que face à la crise des médias, d'autres médias écrits cessent leur publication.

    Par contre, la réponse faite par le Ministre soulève l'interrogation suivante: les élus souhaitent-ils sauvegarder la vitalité du troisième pouvoir ? Une présence essentielle à la santé démocratique.